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L'ITRS prépare l'après loi de Moore

Publié le 17/02/2016 à 16:18 par Guillaume Louel

C'est la section actualité de la très sérieuse revue scientifique Nature  qui l'affirme : la loi de Moore est arrivée à son terme. Énoncée en 1965 par Gordon Moore, l'un des cofondateurs d'Intel, il s'agit d'une observation par laquelle la quantité de transistors dans les circuits intégrés doublait à peu près tous les ans. Une observation transformée en loi pour prédire que cette cadence pouvait être extrapolée pour les années à venir.

En 1975, la loi avait été révisée pour prendre la forme que l'on connaît actuellement, à savoir un doublement des transistors tous les deux ans. L'importance de la loi de Moore allait cependant au-delà de la simple prédiction puisqu'elle prenait en compte les coûts de fabrication : l'observation se fait sur les puces ayant le coût par transistor le plus faible (tentant donc de prendre en compte les questions de yields et de défauts en fonction de la taille des puces).

Plus qu'une prédiction, la loi de Moore a servie, particulièrement chez Intel, de guide au fil des années, prédisant à l'avance les budgets en nombre de transistors alloués aux ingénieurs, et poussant vers l'avant la nécessité d'investir dans de nouveaux process de fabrications, la fameuse stratégie du Tick-Tock poussée d'abord en interne par Pat Gelsinger au début des années 2000 avant d'être utilisée publiquement pour décrire les générations à venir.

La loi de Moore, quand tout allait bien, ou presque !

De manière intéressante, au-delà d'Intel, c'est toute l'industrie du semi-conducteur qui s'est mise d'accord autour de la loi de Moore, à savoir non seulement les fondeurs, mais aussi et surtout les fournisseurs d'outils. Le besoin de coordination entre tous les acteurs aura conduit à l'élaboration d'une roadmap, d'abord appelée National Technology Roadmap for Semiconductors dès 1993, avant d'être renommée sous sa forme actuelle, l'International Technology Roadmap for Semiconductors (ITRS).

Le rôle joué par cette roadmap, dont la dernière version a été publiée en 2013 aura été particulièrement important ces dernières années où, passé le 90nm, les challenges techniques ont contraint à des changements d'approches importants. L'augmentation des performances par la fréquence, méthode classique aura atteint un plateau à cause de l'augmentation de la consommation, poussant dans le commerce les stratégies de multiplication des coeurs que l'on connaît. Le rôle de la roadmap, au-delà de la concertation, est de s'assurer de trouver des pistes pour continuer la cadence de réduction des coûts/augmentation des transistors de la loi de Moore.

La dernière roadmap ci-dessus donnait des grandes lignes sur la manière de mettre à l'échelle les différents composants des transistors. Après les difficultés autour du 90nm, l'industrie est passé progressivement de la règle dite de la mise à l'échelle géométrique (on réduit tout dans des proportions identiques, le nom du node indiquant en général la taille de la porte) à celle de la mise à échelle par équivalence (equivalent scaling).

Etant donné que différentes parties composant les puces posent des problèmes différents, des règles d'équivalences ont été mises au point pour permettre de continuer a atteindre les buts de réduction des coûts/augmentation de densité imposé par la loi de Moore (on peut voir sur le tableau la couche d'interconnexion M1 et l'écart minimal entre deux transistors FinFET, en passant par des estimations des tailles de blocs fondamentaux comme la SRAM).

Pour 2016, la roadmap annonçait par exemple de la SRAM 6 transistors (6T) haute performance en 10nm autour de 0.048 µm2, ce qui n'est pas très éloigné de ce que présentait Samsung il y a une dizaine de jours de cela. En pratique cependant, on notera qu'on est globalement assez en retard sur la roadmap qui prévoyait des débuts de production à petite échelle en 10nm en 2015 (Risk Start dans la roadmap, suivi de HVM, fabrication en volume). Chez TSMC par exemple, la production risque est prévue pour la fin 2016 avec une production en volume pour 2017. Intel prévoit ses puces en volume pour 2017 également.

Évidemment depuis 2013 les choses se sont un peu plus compliquées et l'absence de roadmap en provenance de l'ITRS n'a pas forcément aidé. En pratique, la réduction des coûts s'est arrêtée, avec même un retour en arrière à 16nm signant de facto la fin de la loi de Moore, comme on peut le voir sur cette estimation ci-dessus tirée d'une présentation de l'ITRS en février 2015.

L'absence de nouvelle roadmap en provenance de l'ITRS aura même donné lieu à des divergences d'interprétations fortes, Intel titillant ses concurrents sur la question de la densité théorique. TSMC et Samsung ont fait pour rappel le choix de conserver un BEOL (Back End of Line, la partie basse d'une puce qui sert à l'interconnexion des transistors) commun entre le 20 et le 16nm pour accélérer la cadence de mise en production. En pratique chez TSMC, malgré le BEOL commun, le half pitch M1 reste tout de même dans les clous à 32nm (entre 40 et 31.8 sur la roadmap).

La densité pratique reste de toute manière très différente de ce que peuvent proposer des formules grossières comme celle utilisée par Intel (qui multipliait le pitch M1 par le pitch entre deux portes), qui pour exploiter les FinFET aura fait le choix d'utiliser pour certains de ses transistors critiques des structures plus larges composées de plusieurs fins (dans des proportions non négligeables même si la proportion exacte est rarement évoquée de manière précise par Intel).

Cumulé a de multiples autres détails (différents types de blocs sont présents avec des densités différentes, de la SRAM aux blocs plus ou moins critiques) il est impossible de tirer grand-chose de la théorie. L'écart entre un Core M Broadwell 14nm fabriqué par Intel (82mm2 pour 1.3 milliards de transistors) et un A8 fabriqué par TSMC en 20nm (89 mm2 pour 2 milliards de transistors) montre qu'il est difficile de comparer quoique ce soit à moins de prendre deux puces strictement identiques. Cela aura été possible pour l'A9 d'Apple, dont la superficie atteint 96mm2 chez Samsung contre 104.5mm2 chez TSMC.

Le mois prochain, l'ITRS devrait donc enfin communiquer une nouvelle roadmap qui d'après Nature tirera définitivement un trait sur la question de la loi de Moore comme moteur d'évolution unique. D'après Nature, la prochaine roadmap se concentrera sur les applications pratiques, allant du smartphones aux puces serveurs et regardera les applications pratiques, que ce soit au niveau circuits d'alimentations, des capteurs nécessaires, ou d'autres blocs de siliciums répondant à des besoins particuliers.

La véritable question est de savoir ce que comportera réellement cette roadmap qui serait rebaptisée d'après Nature International Roadmap for Devices and Systems, abandonnant même le mot transistor !

Ce que l'on sait, c'est que la réorganisation de l'ITRS en 2014 s'est faite autour de groupes de travaux, avec notamment un groupe baptisé « More Moore » pour évoquer les pistes techniques pour les prochains nodes, dont vous pouvez retrouver ci-dessous la dernière présentation datant de février 2015.

 
 

Une présentation intéressante qui évoque de multiples pistes et où l'on trouve un début de roadmap que nous avons remis ci-dessous :

En pratique, après l'ère de la mise à l'échelle géométrique, et l'ère des équivalences, l'ITRS évoque l'ère du "3D Power Scaling" dont les meilleurs représentants sont la NAND 3D ou des technologies comme la mémoire HBM. Des techniques complexes à appliquer aux puces logiques même si la présentation évoque quelques pistes et alternatives.

On attendra donc le mois prochain pour en savoir un peu plus !

Microcode anti OC chez Intel

Publié le 09/02/2016 à 16:33 par Marc Prieur

En conclusion de notre focus concernant les bios débloquant l'overclocking sur les Skylake non-K, nous avions mis en doute la pérennité de la technique ne serait-ce que du côté des mises à jour de bios.

C'est par ce biais qu'Intel a décidé d'attaquer le problème, en fournissant aux fabricants de cartes mères une mise à jour du microcode pour ces processeurs qui intègre entre autres un blocage de ce type d'overclocking comme il l'a confirmé à PC World .

Jusqu'alors ASRock était le seul à avoir communiqué et mis à disposition des bios beta pour cet overclocking. Fin janvier déjà, les références à SKY OC, le nom de la fonction chez ASROCK, avaient été retirées du site mais les bios étaient toujours présents sur le site. Mais alors que 21 cartes étaient concernées initialement, on ne trouve les bios beta "Capable of enhancing CPU performance" que pour 11 cartes à ce jour.

Parallèlement, ASRock a mis en ligne il y a quelques jours pour l'intégralité de ses cartes Z170 de nouveaux bios intégrant un micrcode numéroté 0x76, précisant que la mise à jour désactive la fonction SKY OC. Il s'agit sans doute de la mise à jour du microcode évoquée par Intel, et on notera que ASRock ne l'a déployé que sur les Z170 a contrario de la mise à jour précédente 0x74 qui résolvait un bug sur Skylake lors de certaines charges (Prime95 en AVX avec des FFT 768K).

Les plus téméraires pourront bien entendu continuer d'utiliser les bios beta de la mi-décembre, mais ils ne pourront pas bénéficier de correctifs ultérieurs et ne seront pas à l'abri d'une mise à jour du microcode processeur par un autre biais.

Skylake 4+4e BGA débarque en Core i7 et Xeon E3

Publié le 27/01/2016 à 11:03 par Marc Prieur

En sus des Celeron, la mise à jour de la liste de prix Intel fait également apparaitre les premiers Skylake en configuration maximale soit 4+4e : 4 cœurs x86, un iGPU de type GT4 (72 unités, Iris Pro 580) et 128 Mo d'eDRAM. Au format BGA 1440, soit soudé à la carte mère, cette puce qui arrive avec pas mal de retard est déclinée sous plusieurs modèles :

- Core i7-6970HQ, 2.8 GHz hors Turbo, 8 Mo L3, 623$
- Core i7-6870HQ, 2.7 GHz hors Turbo, 8 Mo L3, 434$
- Core i7-6770HQ, 2.6 GHz hors Turbo, 6 Mo L3, 378$
- Core i5-6350HQ, 2.3 GHz hors Turbo, 6 Mo L3, 306$
- Xeon E3-1575M v5, 3.0 GHz hors Turbo, 8 Mo L3, 1207$
- Xeon E3-1545M v5, 2.9 GHz hors Turbo, 8 Mo L3, 679$
- Xeon E3-1515M v5, 2.8 GHz hors Turbo, 8 Mo L3, 489$

L'i5-6350HQ est le seul modèle dépourvu d'Hyperthreading et non, nous n'avons pas fait d'erreur de frappe pour ce qui est du tarif de l'E3-1575M. A noter que faute de présence sur Ark, les spécifications complètes sont inconnues. Par rapport aux modèles en 4+2 (4 cœurs x86, iGPU de type GT2 à 24 unités) le surcoût est de 55 à 56$.


L'eDRAM est non seulement utile pour l'iGPU mais aussi pour le CPU étant donné qu'il agit dans les faits comme un gros cache L4, les bonnes performances de Broadwell le prouvent. Sur Skylake, le positionnement de l'eDRAM a été légèrement modifié, il se situe entre le LLC et le contrôleur mémoire et non plus derrière le LLC, ce qui permet d'étendre son utilisation (cf. cette actualité).

Pour rappel, Skylake dans cette version 4+4e devrait débarquer en fin d'année sur LGA 1151 en même temps que Kaby Lake, mais il devrait nécessiter une carte mère basée sur un chipset Serie 200.

Les Celeron Skylake LGA 1151 arrivent

Publié le 27/01/2016 à 10:12 par Marc Prieur

Alors que les Pentium en version Skylake ont été lancés en septembre dernier, ce n'est qu'en ce mois de janvier que les premier Celeron LGA 1151 font une apparition discrète sur la dernière liste de prix du constructeur.

Comme les Pentium, les Celeron sont des processeurs à 2 cœurs, mais le cache LLC passe de 3 à 2 Mo. Les fréquences sont également revues à la baisse, 2.9 GHz pour le Celeron G3920 et 2.8 GHz pour le G3900. Comme le Pentium G4400 ils disposent du plus petit iGPU, le HD Graphics 510 (GT1 avec 12 unités) qui perd 100 MHz sur sa fréquence maximale et plafonne à 950 MHz. Le VT-d et les instructions AES-NI, absents jusqu'alors de ces gammes, sont désormais présent mais ce n'est toujours pas le cas de l'AVX.

Il faut compter 42$ pour le Celeron G3900 et 52$ pour le G3920, contre 64$ pour un Pentium G4400, soit les mêmes tarifs que leurs prédécesseurs Haswell LGA 1150 G1850 et G1840 aux mêmes fréquences. A 42$ on trouve également le G3900T qui voit dispose d'un TDP réduit à 35W au lieu de 65W, avec en contrepartie une fréquence de 2.6 GHz. Comme d'habitude en pratique la consommation des Celeron 65W devrait en fait être très proche de la version 35W.

Intel fait pression sur ASRock pour SKY OC

Publié le 22/01/2016 à 13:18 par Marc Prieur

Lors du CES, ASRock avait indiqué à Tom's Hardware  qu'il prévoyait de sortir des cartes mères à base de chipsets B150, H170 et C232 permettant l'overclocking des Skylake non-K, Xeon compris pour la dernière donc : les B150 Gaming K4/OC, H170 Pro4/OC, H170 Performance/OC et E3V5 Gaming/OC.

Pour rappel, quasi tous les constructeurs ont sorti de manière plus ou moins officielle des bios pour leurs Z170 activant cette fonction qui a toutefois des contreparties (cf. focus). Pour les autres chipsets selon ASRock une modification matérielle est nécessaire sur la carte mère.

Aujourd'hui ASRock a indiqué à Tom's Hardware qu'il avait décidé de retirer la technologie SKY OC de la liste de fonctionnalités de ces cartes car elle n'est pas conforme aux spécifications des processeurs Skylake.


Comme d'habitude chaque mot est important et cela ne veut donc pas dire que la fonctionnalité ne sera pas disponible en pratique. Il semble en effet que Intel ait fait pression sur ASRock, qui était le seul à communiquer officiellement sur la chose, pour que ce soit ne soit plus le cas et ce même sur les Z170. Ainsi la page dédiée à "SKY OC" n'est plus disponible, alors que les pages de bios beta ne mentionnent plus un bios supportant cette fonctionnalité mais étant simplement capable d'améliorer les performances processeur !

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