Actualités processeurs
Pour son futur AMD mise sur l'embarqué : roadmap
IDF: Mobilité et vie privée sur la route du futur
AMD FX 9590 : 5 GHz, ou pas, en test
IDF: Bay Trail-D et M seront des Celeron et Pentium
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La production de Broadwell repoussée d'un trimestre
Lors de la présentation de ses résultats financiers pour le troisième trimestre 2013, Brian Krzanich, CEO d'Intel a indiqué que la mise en production des puces Broadwell serait repoussée d'un trimestre, et ne commencerait donc qu'au cours du premier trimestre 2014. Pour rappel, la mise en vente de Broadwell était attendue jusqu'ici pour le second semestre 2014.

Selon le CEO d'Intel, le retard a été causé par des yields plus faibles qu'attendus sur le 14nm. Une demi surprise étant donné que si Broadwell avait été montré rapidement lors de l'IDF, Intel n'avait pas évoqué en détail son process durant sa conférence contrairement à ses habitudes (Mark Bohr était même absent de la conférence). Intel indique avoir entrepris des actions correctives et indique rester confiant sur les yields, tentant d'insister sur le fait qu'ils sont simplement en retard sur les projections, et qu'il ne s'agirait pas d'un problème plus complexe à résoudre.
Notez enfin que le CEO a indiqué qu'aucun impact n'est attendu sur Skylake, la génération suivante attendue en 2015.
Samsung a-t-il honte d'intégrer des APU AMD?
Disponible depuis la fin de l'été, l'ATIV Book 9 Lite de Samsung est bâti autour de l'APU d'entrée de gamme d'AMD, Temash, dans sa version A6-1450. Pour rappel, Temash est la version basse consommation de Kabini que nous avions testé ici et l'A6-1450 en est une déclinaison quadcore cadencée à 1 GHz (1.4 GHz en turbo), avec 2 Mo de cache L2 et un TDP de 8W.

Pour ce portable 13.3" d'entrée de gamme, Samsung semble étrangement avoir décidé qu'il n'était pas bienvenu d'insister sur l'intégration de ce composant, voir qu'il serait bénéfique de masquer toute trace de l'intégration d'un processeur AMD. La page produit de Samsung par exemple mentionne vaguement un "Processeur Quatre Cœurs (jusqu'à 1.4 GHz)" alors que le descriptif processeur pour ses autres produits PC est de type "Processeur Intel® Core™ i5 4200U (1.6 GHz jusqu'à 2.6 GHz, 3 MB L3 Cache)". Seule la mention d'une carte graphique AMD Radeon HD 8250, qui est le nom du core graphique intégré à l'APU d'AMD permet d'en deviner la présence.
Les revendeurs français, eux aussi, ne semblent pas trop chercher à préciser le type de processeur intégré. Certains suivent la ligne de Samsung, d'autres parlent d'AMD Samsung Quad Core, d'autres d'un APU Série A, mais très peu mentionnent le modèle exact. Des fiches techniques non complètes, rien d'anormal ? C'est ce que nous aurions pu penser, jusqu'à recevoir cette photo :

Notre confrère Carsten Spille de PCGamesHardware.de, qui en tant que bon geek parcourt comme il se doit les rayons informatiques pendant ses vacances, nous a fait parvenir ce cliché assez surprenant. Comme sur la fiche technique de Samsung, il n'est fait mention nulle part du processeur utilisé et le fabricant a évité le traditionnel autocollant AMD au profit d'un modèle générique "x4 Quad-Core". Le détail surprenant est cependant ailleurs, observez le gestionnaire des tâches de Windows 8. Il devrait en principe reporter le type de CPU utilisé par la machine et donc mentionner "AMD A6-1450 APU with Radeon™ HD Graphics" (voir ci-contre pour un exemple normal), mais il n'en est rien : Samsung a été jusqu'à faire en sorte de modifier le nom du CPU reporté par Windows qui affiche "Quad-Core Processor (up to 1.4 GHz)".

Voilà ce qui devrait normalement être affiché
De quoi faire un parallèle avec la triste époque des cartes-mères pour CPU AMD vendues en marque blanche suite aux pressions d'Intel… La situation est cependant probablement différente dans ce cas et plutôt liée au fait qu'à force d'être cantonné à l'entrée de gamme, AMD a du mal à s'assurer que sa marque soit respectée et affichée. Samsung semble ici s'asseoir sur le respect du consommateur, ce qui passe par une communication claire, et estimer qu'indiquer le type de processeur embarqué serait néfaste sur le plan commercial. L'APU AMD, un détail honteux qu'il faudrait cacher ? Pas sûr que tout le monde soit d'accord avec la façon de penser de Samsung...
Les FX-9370 et FX-9590 avec watercooling
Le géant du e-commerce informatique outre-Atlantique, Newegg, a référencé de nouvelles versions des FX-9370 et FX-9590 . Les versions initiales, FD9370FHHKWOF et FD9590FHHKWOF, sont vendues dans une petite boite sans solution de refroidissement, et il faut noter qu'on les trouve depuis quelques semaines à la vente en dehors de bundle obligatoires.
Les FD9370FHHKWOX et FD9590FHHKWOX sont livrés avec une solution de watercooling. Ses spécifications ne sont pas indiquées mais on peut penser qu'il s'agit comme c'était le cas lors du lancement du FX-8150 d'une base Asetek, probablement un 570LC.

Un rapport volume/prix en nette hausse.
Les tarifs, HT comme toujours aux USA, sont les suivants sur Newegg :
- 299,99$ pour le FX-9370 WOF
- 289,99$ pour le FX-9370 WOX
- 349,99$ pour le FX-9590 WOF
- 389,99$ pour le FX-9590 WOX
Le premier prix ne semble pas à jour, le processeur n'étant d'ailleurs plus en stock. Seuls, les FX-9370 et FX-9590 sont approximativement au prix respectif des i5-4670K et i7-4770K, et pour 40$ de plus le fait d'avoir un watercooling peut-être intéressant. On rappellera toutefois que le gros défaut de ces processeurs est leur consommation avec un TDP de 220w, avec en sus une fréquence officielle qui n'est pas tenue par défaut au moins sur le FX-9590 (cf. test).
Si rien ne semble pouvoir sauver le FX-9590, sur le plan des performances pures quand une application exploite pleinement ses cœurs le FX-9370 est au-dessus de l'i5-4670K. Reste que si vous souhaitez opter pour un FX, nous vous conseillons plutôt de partir sur des FX-8320 et FX-8350 moins chers et qui n'atteindrons pas forcément des fréquences inférieures via overclocking.
L'Intel Quark est un 486
Parmi les éparses annonces de l'IDF, nous avions noté l'annonce de Quark, une nouvelle gamme de processeur placée sous l'Atom en termes de performances et consommation et qui vise des usages embarqués ou "wearables".

Au-delà du fait qu'il s'agissait - Intel oblige - d'un CPU x86, aucun détail de plus n'avait été dévoilé, on nous avait simplement confirmé une "lignée" avec l'Atom sans plus de précisions. On en sait aujourd'hui un peu plus avec l'annonce d'une version Quark des kits Arduino qui sont pour rappel des plateformes de prototypage open source que l'on peut retrouver dans diverses déclinaisons , souvent équipés de processeurs 8 bits même si une version existe en Cortex-M3 .

La carte Arduino Intel intègre donc un Quark X1000, qui est un processeur 32 bits simple cœur doté du même jeu d'instruction qu'un Pentium. Plus précisément, le diagramme de l'architecture ressemble trait pour trait à celui d'un ... 486 DX ! La fréquence est heureusement supérieure, 400 MHz, et le TDP bien plus réduit puisque variant entre 1,9 et 2,2W selon le régulation de tension. Pour l'instant Intel ne communique pas sur le prix du SoC mais évoque un prix d'environ 50 dollars pour le kit, ce dernier sera disponible fin novembre.
En attendant plus de détails techniques, on peut tout de même se demander ce que vise exactement Intel au-delà de cette annonce avec ce type de puce et une implémentation de l'architecture qui date de presque vingt ans et qui ne semble pas forcément adaptée aux besoins embarqués comme peuvent l'être les produits concurrents - et très peu chers - déjà présents en masse sur le marché. S'il on est habitués au fait que le x86 soit la réponse à tout pour Intel, il ne faudrait pas que les anciennes puces, ici le 486 et auparavant le Pentium au sein des Xeon Phi, le devienne aussi !
Athlon 64, 10 ans déjà
Le 23 septembre 2003, AMD lançait officiellement ses Athlon 64 3200+ et Athlon 64 FX-51, respectivement sur Socket 754 et 940 (cf. dossier). Ces processeurs inauguraient la gravure 130nm SOI chez AMD et intégraient des technologies innovantes telles que l'intégration du contrôleur mémoire au sein du processeur (il était jusqu'alors déporté sur le chipset) ainsi que l'AMD64 ISA, une extension 64 bits du x86.
Repris ensuite par Intel sous le terme EM64T quasiment un an plus tard (cf. actualité), l'AMD64 ISA était plus qu'un symbole pour une société qui dans les années 80 fabriquait des processeurs mis au point et portant un copyright d'Intel. Après une première tentative côté jeu d'instruction avec le 3DNow sur le K6-2 en mai 1998 (cf. test), l'émancipation du Socket Intel avec les Athlon K7 lancés en août 1999 (cf. dossier) ou encore le gain de la (ridicule) course au GHz en mars 2000 (cf. dossier), faire évoluer l'ISA x86 - dans le bon sens - était un acte majeur pour se présenter comme un concurrent à part entière d'Intel.

A l'époque Intel avait sorti un Pentium 4 Extreme Edition, un Xeon MP avec 2 Mo de cache L3, de quoi maintenir une avance dans le domaine applicatif et limiter les dégâts dans les jeux dans lesquels AMD avait l'avantage.
L'Athlon 64 allait poser les bases d'une domination d'AMD sur le marché du processeur x86 hautes performances alors qu'Intel peinait avec son architecture Netburst dont l'itération Prescott (février 2004, cf. dossier) était décevante. Cette domination allait se confirmer en juin 2005 avec le lancement d'Athlon 64 X2 (cf. dossier) bien plus convaincants que des Pentium D qui n'avaient pour eux qu'une tarification plus agressive.
Cette domination n'a toutefois jamais permis à AMD d'inverser pleinement la tendance sur un secteur dominé par Intel, avec seulement à de rares occasions plus de 20% du marché des processeurs x86 global, alors que chez des revendeurs de pièces détachées "neutres" AMD était à 80% !
Pour conserver son emprise sur le monde PC, Intel a durant cette période usé de comportements anti-compétitifs sur le plan commercial afin de garder la mainmise sur le marché OEM, ce qui lui a notamment valu une amende de 1,06 milliards d'Euros par la Commission Européenne en mai 2009 (cf. actualité). Sous le coup de diverses plaintes de la part d'AMD, Intel s'engagea finalement en novembre 2009 à verser 1,25 milliards de $ durant 5 ans à AMD en échange de l'abandon des poursuites (cf. actualité).
Au-delà de l'aspect commercial, Intel limitait également l'avantage des Athlon 64 via ses compilateurs avec un dispatcher qui exécutait un code non vectoriel (x86 seulement, sans SSE/SSE2) sur les processeurs concurrents, ce qui lui avait valu une enquête de la FTC qui a abouti en août 2010 à un "simple" accord (cf. flux).
Si certains chiffres peuvent paraître importants, il ne faut pas oublier que ces pratiques ont permis à Intel de sécuriser un business qui lui permet de retirer 2 à 3 milliards de $ de bénéfice net chaque trimestre. Certes, AMD aurait été bien incapable avec sa seule usine de l'époque située à Dresde en Allemagne de fournir ne serait-ce que la moitié des ventes de PC, mais il est évident que sa part de marché aurait dû aller nettement au-delà des 20% ce qui lui aurait donné de tout autres moyens financiers.
Cela aurait-il été suffisant pour mieux encaisser l'arrivée de l'excellent Core 2 Duo, lancé en juillet 2006 (cf. dossier) et qui même chez les revendeurs a fait repasser Intel au-dessus des 50% dès 2007, alors que dans le même temps AMD dépensait 5,6 milliards de $, dont 4,2 en cash, pour acquérir un ATI qui allait être dévalué dès l'année suivante (cf. ici et là) ? Rien n'est moins sûr car si l'argent aide, il ne fait pas tout et au-delà des problèmes purement financiers qui ont entraîné la cession des usines à GlobalFoundries en 2008 (cf. actualité), AMD n'a jamais pu renouveler le coup de maître de l'Athlon 64 avec les architectures K10 et Bulldozer.


