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Computex : Ion gagne du terrain
L’autre partie de la présentation de Nvidia était consacrée à Ion, une marque qui dorénavant englobe tous les produits à succès basés sur les chipsets GeForce 9300 et 9400, en plus de ceux construits autour de l’Atom. Nvidia s’est ici félicité de la percée de Ion avec l’arrivée chez Lenovo d’un netbook basé sur ce chipset intégré. Un premier produit symbolique que le fabricant espère bien entendu être le début d’une longue série, malgré les obstacles posés par Intel qui essaye de ne pas perdre le contrôle de la segmentation du marché des CPUs.

Nvidia estime qu’une plateforme Atom + Ion est plus équilibrée qu’une plateforme CULV, ce qui est vrai dans certains cas mais ne l’est pas dans d’autres. Tout dépend bien entendu de l’utilisation puisque, sur celle-ci, le core graphique intégré d’Intel est à jour sur le plan technique, bien que le côté logiciel soit encore son point noir. Par rapport à la plateforme Atom 100% Intel, l’avantage est par contre sans équivoque compte tenu du chipset d’un autre âge qui est actuellement proposé.
Plusieurs mini-PC basés sur Ion, plus ou moins compacts suivant le modèle, étaient exposés. Pour l’un d’entre eux, le fabricant va cependant devoir repenser le nom de son produit s’il veut avoir une chance sur le marché français :

Notez que nous précisons bien que Ion est un IGP ou chipset intégré. Nvidia essaye de jouer sur les mots pour différencier Ion des solutions concurrentes proposées par Intel. Ion serait alors un GPU (= « bien ») alors que les chipsets Intel seraient des IGP (= « pas bien »). En réalité les deux solutions sont identiques et sont des IGPs. Celle de Nvidia a cependant l’avantage d’être plus performante, bien que nous restions dans un niveau très bas par rapport aux cartes graphiques, et surtout de disposer de pilotes complets et de meilleure qualité.
Computex : Nvidia mise sur GPU Computing
Le fabricant de GPUs a tenu une première conférence, avant l'ouverture officielle du Computex, qui était principalement tournée sur le GPU Computing.
Nvidia a pu annoncer l'arrivée chez SuperMicro d'un serveur équipé d'une plateforme Intel et d'accélérateurs Tesla offrant 2 teraflops en occupant seulement 1U. Les solutions proposées par Nvidia tiennent également dans 1U mais n'embarquent que les GPUs et doivent donc être liée à un serveur maître. La solution de SuperMicro présente donc un intérêt important même si nous n'en connaissons pas encore les spécifications exactes. Tout au juste pouvons nous déduire des 2 teraflops qu'elle sera équipée du côté GPU de 2 GT200b.

Jen-Hsun Huang, President & CEO, Nvidia.
Du côté grand public, Nvidia s'est félicité du nombre croissant d'applications capables de tirer partie du GPU en tant que coprocesseur parallèle tout en précisant que ce n'était qu'un début puisque l'arrivée de DirectX 11 et de Windows 7 devrait accélérer la tendance. Le premier permettra d'exploiter les GPUs (y compris les versions actuelles !) d'une manière standardisée à travers les Compute Shaders. Le second, en plus d'inclure DirectX 11 à sa base, intégrera un transcodeur capable d'exploiter les GPUs, à travers les Compute Shaders, pour accélérer la conversion des vidéos.

Microsoft et Nvidia mettent en avant la prise en charge native du GPU dans Windows 7 pour accélérer le transcodage vidéo.
Grâce à CUDA, Nvidia a pris une nette avance sur la concurrence du côté du GPU Computing puisque le fabricant est prêt depuis longtemps du côté logiciel. Si à l'avenir tous les composants devraient être supportés, dans l'immédiat, l'avance prise du côté logiciel permet aux GeForce de profiter de la primeur de ces accélérations dans quelques applications principalement dédiées au traitement des vidéos. Il en va de même avec PhysX qui offre aux GeForce le premier support matériel pour la physique d'effets.
Pour appuyer sa vision Nvidia a cependant recours à des artifices grossiers dont la société use et abuse et qui finissent par transformer un sujet intéressant en caricature de communication. Par exemple pour convaincre la presse que le GPU en tant que coprocesseur est l'avenir du PC, l'argument de Jen-Hsun Huang, CEO de Nvidia, est de dire que tout le monde affirme que c'est le cas. Sous-entendu « vous la presse devez écrire la même chose pour ne pas avoir l'air ridicule ». Autre exemple, quand Nvidia nous fait la démonstration d'un jeu avec effets physiques accélérés par le GPU, le volume sonore est réduit de moitié lorsque ces effets sont désactivés, pour accentuer la sensation de perte d'immersion.
Mais ce qui nous ennuie le plus, c'est la simplification qui consiste à présenter un élément d'une unité de calcul vectorielle des GeForce comme étant un core. Une simplification qui devient de plus en plus tordue à mesure que les GPUs et les CPUs s'affrontent. Si la rhétorique de Nvidia est acceptée, alors un CPU quadcore devrait être vu comme composé d'au moins 16 cores compte tenu de ses unités vectorielles. Tout le monde crierait alors au ridicule et à raison. Nvidia est cependant coincé puisqu'après avoir utilisé à la base de son marketing les cores de cette manière il est difficile de revenir en arrière. Comment dire maintenant que le GT200 est en fait composé de 10 voire 30 cores et non pas de 240 ?
Computex : édition 2009
C'est demain que s'ouvrira l'édition 2009 du Computex, le plus important salon dédié aux composants informatiques. Il se tient à Taipei sur l'île de Taiwan d’où sont originaires de très nombreux acteurs de l'industrie PC qui représentent à eux seuls près de 80% de la production mondiale selon les représentants locaux.

Walter Yeh, Executive Vice President, TAITRA
Organisé conjointement par TAITRA (Taiwan External Trade Development Council) et TCA (Taipei Computer Association), le Computex affiche pas moins de 1712 exposants qui se partageront 4500 stands. Des chiffres similaires à ceux de l’an passé. Le Computex ne serait-il pas touché par la crise ? Pas vraiment puisque le président de TAITRA a d’emblée annoncé la couleur en précisent que cette année serait difficile pour le Computex compte tenu du contexte économique actuel, tout en affichant cependant un optimisme sans faille quant à la capacité de l’industrie taïwanaise à affronter cette crise.
Les organisateurs n’attendent ainsi « que » 100.000 visiteurs contre 135.000 l’an passé. Des chiffres en baisse également à cause de la grippe A (H1N1) qui pousse une partie du public visé à éviter de voyager, mais des chiffres qui restent cependant très élevés pour un salon fermé au grand public et réservé aux professionnels.
En attendant l’ouverture officielle nous avons déjà pu observer 2 tendances. La première est la forte représentation de Microsoft sur le salon et dans toute la ville. Une opération de séduction du géant du logiciel qui compte bien effacer le relatif échec de Vista avec Windows 7.

Windows… sans Vista
La seconde tendance qui se dessine est l’apparition d’un nouveau gadget inutile que tout le monde semble bien décider à utiliser pour alourdir les bagages des journalistes : l’œuf cadre photo.



