Compatibilité x86 de Windows 8 ARM

Tags : ARM; Windows;
Publié le 19/05/2011 à 19:36 par
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Le support des SoC ARM par Windows 8, annoncé par Microsoft au CES en début d'année, continue de faire couler beaucoup d'encre. Lors de sa journée consacrée aux investisseurs, Intel avait évoqué sa stratégie pour contrer cette arrivée, à la fois basée sur une nouvelle architecture pour l'Atom en 2013, et une accélération des procédés de fabrication dédiés aux SoC à compter du 14 nm. Nous avions cependant loupé les remarques de Renee James, Senior VP de la division logiciels/services du constructeur qui indiquait non seulement qu'aucune rétrocompatibilité avec les applications x86 ne serait possible pour les versions Windows ARM, mais qu'en sus, Microsoft proposerait quatre éditions distinctes de Windows pour ARM, une pour chaque SoC supporté.


Des propos aussitôt critiqués par Microsoft qui, dans un rare élan a commenté auprès de nos confrères de Cnet que les remarques d'Intel étaient erronées et pouvaient volontairement porter à confusion.

Microsoft est en effet resté excessivement discret sur la manière dont il gèrerait plusieurs architectures en parallèle. Car si la gestion de multiples architectures par Windows n'est pas une nouveauté (le noyau NT dans les années 90 gérait de multiples architectures en sus du x86), cela se faisait par le biais d'exécutables séparés. Cette stratégie continue d'être employée par exemple pour le support des Itanium.

Chez Apple, la solution d'exécutables "fat" – une application est un dossier qui contient les exécutables pour différentes architectures, aujourd'hui PowerPC et x86 – avait été retenue pour gérer les transitions. Microsoft pourrait très bien pousser une stratégie similaire au sein de la prochaine version de Visual Studio (vNext/2012), ce qui éviterait un certain nombre de confusion aussi bien pour les utilisateurs que les développeurs. Il suffirait alors de recompiler les applications pour apporter la compatibilité ARM, une stratégie possiblement suffisante pour les applications très grand public. Apple avait en sus ajouté une couche d'émulation PowerPC pour x86 (Rosetta) mais il est assez peu probable que Microsoft en fasse de même : les puces ARM qui devraient être proposées au lancement de Windows 8 ne devraient pas avoir un niveau de performances suffisant pour rendre l'émulation supportable sur le plan des performances (l'émulation d'une architecture CPU à l'autre étant relativement couteuse).


Un des systèmes de démonstration ARM faisant tourner Office. Microsoft a depuis fait une démonstration d'Internet Explorer 10 sur ARM

Reste à voir dans quelle voie Microsoft partira car lorsqu'il s'agit de parler développement, la firme de Redmond continue de mettre en avant sa plateforme .NET au détriment des applications compilées nativement. Pour rappel les applications .NET sont compilées dans un code intermédiaire pour être exécutés par une machine virtuelle (à l'image de Java). Pour que les plateformes ARM aient une chance, en sus de ne pas être fragmentées en quatre comme sous entendu par Renee James, il faudra que Microsoft ne se contente pas de mettre en avant .NET comme seule solution aux problèmes de cross compatibilité. La firme de Redmond devrait clarifier assez rapidement tout cela lors de la prochaine PDC qui se tiendra du 11 au 13 septembre à Seattle.

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