22 pouces, la nouvelle taille qui va tout balayer !

Publié le 19/09/2006 par
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22 pouces, la nouvelle taille qui va tout balayer !
Même si les constructeurs jouent souvent à prédire des hausses de prix prochaines (ils les espèrent tant...), dans les faits ça continue de baisser régulièrement. En cette rentrée c’est même pire que ça. Une diagonale d’une nouvelle taille, 22 pouces, est sur le point de tout balayer tant le prix des écrans équipés avec est agressif. L’Acer AL2216W est le premier du genre, il sera suivi prochainement de modèles similaires chez ViewSonic, BenQ, Samsung... D’ici là, cet écran Acer est disponible au prix record de 399 euros prix recommandé ! Soit moins cher que la plupart des 20 pouces et même que de nombreux 19 pouces. A ce prix, pourquoi choisir plus petit ?


On va tout de suite jouer les avocats des autres écrans et y aller avec nos gros sabots : parce que les caractéristiques de l’AL2216W sont assez modestes sur le papier. Sa résolution est la même que celle des 20 pouces wide – 1680 x 1050 pixels – ce qui revient à un affichage plus gros mais pas plus précis ; sa dalle est une TN avec un taux de contraste de 700:1 et son temps de réponse est de 5 ms.
On devine immédiatement que la réactivité sera plus proche de celles des écrans TN 8 ms que des derniers 2, 3 et 4 ms, que le fourmillement sera marqué dans les films, que l’angle de vision inférieur virera très vite au noir...

On doit tout de même relativiser la chose. Nos comparatifs sont pratiques : opposer les écrans, les avoir tous sous les yeux, réaliser nos mesures permet de faire sortir un ou deux gagnants, considérés alors comme les meilleurs. Maintenant, il vous faut vous demander si vous avez vraiment besoin de l’écran "le meilleur", le plus parfait en tout, ou si nos critères ne sont pas un peu surévalués par rapport à vos besoins réels. C’est naturel de vouloir ce qu’il existe de meilleur mais honnêtement, il faut le reconnaître, les "mauvais" écrans sont rares. La quasi totalité d’entre eux sont corrects et remplissent parfaitement leur fonction : afficher les textes, le web, les jeux, les vidéos. Nous nous énervons à travers nos articles sur la réactivité un peu moins bonne de celui-ci, sur le rendu des couleurs de celui-là, mais quelle part des utilisateurs d’écrans saura vraiment profiter des quelques chouias de différences relevés ?
Nos principaux critères, relativisés
Couleurs : il semble naturel de donner une prime aux moniteurs correctement réglés. Plus nous approfondissons le sujet, plus cela nous semble important. Travailler sur des couleurs impropres peut complètement fausser les tons quand vous retouchez une photo et provoquer des catastrophe une fois l’image sur papier, ou affichée sur l’écran d’un ami. Cela influe également sur le rendu des jeux, des films... Toutefois, on l’a vu récemment, il est possible de rectifier à l’oeil le rendu d’un écran. Par contre il faut être patient et avoir un bon oeil. Mais si ça vous permet d’économiser plus de 100 euros...

Réactivité : dès le démarrage des tests LCD sur Hardware.fr (il y a déjà cinq ans...), la réactivité a été un sujet central. On les a vus considérablement progresser, jusqu’à la dernière étape : sont aujourd’hui considérés comme les plus réactifs les écrans en technologie TN avec des temps de réponse de 2, 3 et 4 ms (ce sont tous les 19 pouces : ViewSonic VX922 et VX924, Huyndaï Q90U, LG L1932P...) ainsi que les IPS 6 ms (nous en avons testé un seul pour l’instant, le Nec MultiSync 20WGX²). Indéniablement, ils sont plus réactifs que les écrans VA 6 et 8 ms, ainsi que les écrans TN 8 ms. Mais là encore on doit relativiser, un fan d’écran à tube trouvera encore à redire même sur les LCD les plus rapides. Et ce encore plus depuis l’introduction de notre dernier test, celui qui met en évidence le retard à l’affichage des écrans LCD comparé aux CRT. Du coup, la différence entre la réactivité des 2 ms et des 8 ms peut paraître bien mince. Surtout quand en plus, au jugé, 90% des utilisateurs sur les écrans en question ne verront aucune différence entre les deux s’il ne les scrutent pas attentivement. Pour vous dire, nous avons même le cas d’un journaliste qui se qualifie de très pointu qui ne voit aucune rémanence sur les écrans 25 ms ! On n’en est pas là, il devrait peut-être s’acheter de nouveaux yeux mais ça indique bien que tout le monde n’est pas sensible de la même manière à ce critère.

Films : les écrans TN sont, avec les IPS, les pires dans les films ; ils fourmillent. C’est à dire qu’ils accentuent considérablement les défauts de compression des séquences vidéos SD comme HD, qu’ils en ajoutent de nouveaux même donnant parfois la forte impression de ne pas être capables d’afficher vraiment 16,7 millions de couleurs. A force de tests cela nous saute aux yeux et nous fait fortement réagir. Pourtant, il suffit de s’éloigner de 2 mètre pour, sauf exception, ne plus être gêné du tout. Surtout quand en plus on dispose d’une carte graphique NVIDIA ou ATI, sur laquelle sera activée la fonction d’anti-bruit. On l’a vu dernièrement, cette correction est très efficace.

DVI ou VGA : on lit parfois sur les forums que la prise DVI assure une meilleure réactivité et de plus belles couleurs. Honnêtement, après quelques centaines d’écrans passés entre mes mains et sous les sondes, ça n’est jamais arrivé. Bien sur, l’interface numérique est préférable. Déjà, elle évite une double conversion inutile du signal. Mais nous l’avons vérifié, cette conversion n’induit pas de retard supplémentaire à l’écran et elle est généralement très bien faite. Dans le cas contraire, si l’image est un peu floue, il suffit de lancer la fonction "Auto" pour récupérer une image bien nette.
Autre avantage de la prise DVI, elle seule est certifiable HDCP, la nouvelle norme censée être indispensable pour diffuser du contenu HD protégé. Maintenant, en dessous de 24 pouces, il est très rare qu’un écran soit compatible HDCP. Cette norme est pour l’instant réservée aux très grandes tailles.

Pixels morts : rares sont les constructeurs à mériter des bons points sur ce sujet. Il y a Asus et Ipure sur l’ensemble de leurs gammes, ViewSonic et Philips sur une partie. Les autres : doivent faire des progrès ! C’est sidérant qu’ils se permettent encore de considérer comme normal de vendre des écrans avec plusieurs pixels morts dès l’achat...

Bon, le message est-il clair ? Nous sommes très exigeants, trop certainement pour la plupart des utilisateurs lambdas. Êtes vous bien conditionné pour attaquer le test d’un écran aux caractéristiques modestes ?

Maintenant, une fois sorti de cet article rien ne vous empêche de nous suivre dans la course au meilleur. Au contraire, plus on est de fous... Même si je me suis fait l’avocat du diable, je suis de ceux qui veulent le plus rapide, le plus fiable et qui poussent les constructeurs à corriger leurs défauts en permanence. Et puis il y a tant de belles choses à tester dans les mois qui viennent : le temps de réponse qui descendra à 1 ms, le changements de backlight au profit de nouveaux tubes CCFL à gamut étendu puis à des LEDs, les premiers OLED, en 2008 le SED... On n’a pas fini de s’amuser avec les écrans. Mais pour l’heure, l’ordre du jour n’est pas aux avancées technologiques extraordinaire, mais à savoir si cet écran proposé à prix cassé avec une si grande diagonale est une horreur, ou une très bonne affaire pour qui n’est pas ultra exigeant.
Les tests
Sont lancés des tests de réactivité dans les jeux, de retard à l’affichage, de rendu vidéo (en SD, HD 720p, HD 1080p), une évaluation de l’ergonomie, de l’ouverture des angles de vision, de la qualité de l’interpolation ; bref, les écrans sont regardés sous toutes les coutures.

Pour la fidélité des couleurs, nous utilisons le colorimètre LaCie Blue Eye Pro nouvelle version, dérivé d’un outil Gretag et couplé à la nouvelle suite LaCie. Cet outil nous permet d’opposer la qualité d’affichage de l’écran (gamut et DeltaE) avec ses paramètres par défaut, tel que vous le recevez, avec les résultats après calibration. Les résultats sont parfois surprenants : vous aurez souvent intérêt à bien prendre le temps de corriger manuellement les couleurs, ou tout au moins les paramètres de contraste, luminosité et température de couleur.
L’étude de ces rendus sur 18 patchs nous permettent également d’en tirer des mires restituant visuellement les variations de couleurs sur une mire de gris idéale vs affiché.
Ce test est complété d’un autre mis en place avec Colour Confidence. Le profil créé est opposé au profil de référence chez les imprimeurs professionnels en CMJN, l’ISO Coated Fogra27. Le résultat est visuel et très facilement interprétable : ce qui est coloré sera bien affiché par l’écran. Les zones grises seront inaccessibles au moniteur, alors que l’imprimeur risque d’en tirer des variations sur papier. Zone de danger donc !

Plutôt qu’une solution de mesure du temps à l’oscilloscope, non représentative à nos yeux de la réactivité réelle des moniteurs, nous photographions les écrans en plein travail. Nous capturons ainsi la rémanence dans deux contextes, le premier entre couleurs vives, le second sur une transition Noir / Blanc (représentative entre autre de la rémanence subie par les graphistes 3D dans leurs animations en mode filaire). Le logiciel utilisé est Pixel Persistence Analyzer (PixPerAn pour les intimes). Les images témoins de la rémanence sont capturées au reflex Canon 350D avec un temps de pose de 1/1000 s. Nous réalisons à chaque fois une cinquantaine de photos en rafale pour chaque test pour connaître précisément l’évolution de la rémanence entre deux images. Et cette fois ça marche : les photos sont fidèles à ce que nous ressentons dans les jeux. Soit dit en passant, nous n’avons pas abandonné nos tests pratiques pour autant : jeux, vidéo DVD et HD, surf...
Enfin, nous mesurons le retard à l’affichage des écrans en les opposant à un moniteur à tube.

La machine de tests est un PC assemblé maison autour d’un processeur AMD Athlon 64 3500+ et d’une carte graphique NVIDIA GeForce 7800 GT.
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