Actualités smartphones / tablettes
Un "Companion Core" pour Kal-El ?
Computex: Intel veut des tablettes plus réactives
Computex: L'Ultrabook selon Intel
Intel fait le point sur Medfield et MeeGo
Nvidia Tegra 3: du quadcore en 2011 ?
Intel annonce l'Atom Z2760
Comme nous l'avions indiqué dans cette actualité, en sus de tablettes équipées de processeurs Core (à l'image de la version haut de gamme de la Surface de Microsoft), Intel souhaitait également proposer pour le lancement de Windows un SoC dédié aux tablettes qui pourrait rivaliser d'un point de vue consommation. Malgré l'imminence de la sortie de Windows 8 (le 26 octobre prochain), les détails présentés publiquement sur le sujet lors de l'Intel Developer Forum étaient pour le moins minces ! Le constructeur nous avait cependant conviés à un briefing sur ces SoCs qui sont lancés officiellement aujourd'hui.
Avant de parler de Clover Trail, un petit rappel s'impose sur Medfield, ou plus exactement sur le SoC qui compose cette plateforme. Il s'agit de Penwell, un SoC Atom simple cœur (avec Hyper Threading) fabriqué en 32nm qu'Intel met en avant pour les smartphones. Penwell intègre pour rappel un cœur graphique Img Tech SGX540 cadencé à 400 MHz ainsi qu'un chipset complet. L'Atom intégré tourne à 1.6 GHz et utilise la même architecture In Order que les autres Atom (P54C) et l'on retrouve 512 Ko de mémoire cache, accompagné dans le chipset par un contrôleur mémoire DDR2 basse consommation double canal (LPDDR2, la mémoire utilisée typiquement dans les smartphones). Le tout dans une enveloppe thermique d'un peu moins d'un watt.

Clover Trail est donc une évolution de Penwell. D'un point de vue du concept, il s'agit toujours d'un SoC. La partie CPU est toujours basée sur l'architecture In Order, mais l'on passe d'un seul à deux cœurs (avec HT, soit 4 threads) accompagnés d'un total de 1 Mo de cache de niveau 2 (512 Ko par cœur). La partie graphique évolue également puisque l'on passe à un SGX 545 cadencé à 533 MHz. Des blocs d'encodage/décodage vidéo sont également présents, en provenance d'Img Tech dans une version plus évoluée que pour Penwell tout comme le bloc Silicon Hive qui permet de piloter 2 caméras en simultanée (une 2 MP et une 8 MP). En soit, une mise à jour des composants principaux, mais ce n'est pas le seul changement effectué.
La question de l'autonomie étant particulièrement importante pour le marché des tablettes, Intel nous a indiqué avoir beaucoup travaillé pour réduire au maximum la consommation. Le premier changement est la gestion du Connected Standby, une gestion de l'énergie que nous avions entrevue dans la présentation de Haswell. Windows 8 gère en effet trois nouveaux états pour le système qui viennent s'intercaler entre le S0 (actif) et les modes S3/4. Ces modes baptisés SOi 1, 2 et 3 sont des modes d'économies d'énergies dans lequel le système peut plonger, avec la contrainte de devoir être capable de se réveiller en 100 micro secondes, 3 millisecondes et 300 millisecondes respectivement pour les modes SOi 1,2 et 3. Intel indique qu'en mode SOi 3, seul son unité de gestion d'énergie est partiellement active avec une consommation pour le SoC sous les 2 milliwatts. Le TDP de la puce entière étant annoncé à 1.7 watts.

Lors de la présentation à laquelle nous avons assisté, Intel a partagé quelques chiffres sur le positionnement de sa plateforme vis-à-vis de la compétition, quelque chose de rare de la part du constructeur. Trois scénarios étaient présentés, tablette au repos avec écran allumé, navigation Web, et lecture de vidéo HD. Côté Intel, c'est un prototype Clover Trail utilisant un écran 1366 par 768 qui officiait, comparé à deux tablettes qu'Intel ne nommait pas explicitement sur les slides, mais qui étaient tout simplement des iPad 2 et 3. Selon les tests d'Intel, l'iPad 2 obtenait une consommation (pour la plateforme complète) de 2.5, 2.6 et 2.5 W pour une autonomie de 12h dans les trois cas, tandis que l'iPad 3 disposait d'une consommation de 4.3, 4.5 et 5.9W respectivement (pour des autonomies de 7, 7 et 5h avec une batterie "normalisée" sur celle de l'iPad 2). Le prototype de Clover Trail - dont la taille de la batterie nous a été précisée comme "légèrement supérieure" à celle de l'iPad 2 - obtenait une consommation de 2.3, 2.8 et 3W respectivement dans les trois scénarios pour une autonomie de 13, 11 et 10h. On notera pour l'anecdote que l'interlocuteur d'Intel a d'ailleurs salué la gestion de l'énergie particulièrement efficace de l'OS utilisé par Apple dans les scénarios choisis.
Comme toujours, les chiffres fournis par les constructeurs doivent être pris avec des pincettes (le modèle de l'écran utilisé sur la tablette Intel pouvant jouer pour beaucoup sur l'addition de la consommation, tout comme le choix des réglages) mais ils donnent au moins une indication sur ce que souhaite atteindre Intel : un niveau de consommation équivalent à celui d'un iPad 2… qui utilise pour rappel un SoC ARM Cortex-A9 fabriqué en 45nm, Intel ne s'étant pas comparé à la version 32nm utilisée dans l'iPad 2 V2.

La Thinkpad 2 de Lenovo
Si la comparaison est officieusement faite par rapport aux tablettes d'Apple, en pratique c'est surtout les tablettes WinRT qu'Intel vise avec Clover Trail. Le constructeur met en avant que les tablettes basées sur sa puce feront tourner le "vrai" Windows 8 (à l'inverse des modèles ARM qui utiliseront Windows RT) et disposeront de la compatibilité avec les applications existantes. Le constructeur allant jusqu'à dire que Clover Trail est un processeur réalisé uniquement pour Windows 8 et qu'il ne rendra pas disponible de pilotes Linux (pour par exemple voir apparaitre des tablettes Android basées sur cette puce). Une déclaration légèrement modifiée il y a quelques jours, Intel indiquant qu'une "autre version" de son SoC serait proposée, plus tard, pour le marché Android. En parlant de drivers, il est intéressant de noter que si le SGX 545 supporte bel et bien DirectX 10, en pratique seul DirectX 9.3L (une nouvelle version de DirectX 9) sera supporté par les pilotes livrés par Intel.

A noter que plusieurs modèles de tablettes ont déjà été annoncées (comme la ThinkPad 2 de Lenovo), certaines d'entre elles utilisant un design hybride avec un clavier détachable. C'est le cas par exemple de l'Acer Iconia W510, de la Vivo Tab d'Asus ou de l'HP Envy x2. La question du prix, posée à Intel, a été détournée indiquant que rien n'empêche en théorie à ses partenaires de proposer des produits compétitifs avec les tablettes ARM. En pratique, il faudra attendre l'arrivée de Windows 8 - ces tablettes seront disponibles au lancement - pour voir à quoi ressemble le positionnement respectif des multiples offres tablettes, qu'il s'agisse des modèles ARM/Windows RT, des tablettes AMD Hondo, des tablettes Intel Clover Trail ou des modèles dérivés de CPU Ultrabook. Une pléthore d'offre qui ne sera pas forcément facile à différencier pour un acheteur non avisé !
Microsoft annonce deux tablettes Windows 8
Lors d'un événement qui se tenait à Los Angeles la nuit dernière, Microsoft a annoncé la production et la mise en vente prochaine de deux tablettes 10.6 pouces dédiées à ses prochains systèmes d'exploitation Windows. Baptisée Surface, ces deux tablettes tactiles multitouch qui ont été présentées ensemble, voir un peu mélangées durant la présentation seront cependant très différentes en pratique.
Côté choses communes, on notera la coque réalisée en magnésium et qui intègre à l'arrière un pied que l'on pourra utiliser pour tenir la tablette debout. Autre spécificité commune, la présentation de deux protections pour écrans qui se mettent en place de manière magnétique. La première, baptisée Type Cover est la plus épaisse à 5 mm d'épaisseur et elle intègre un véritable clavier (avec des touches qui s'enfoncent) ainsi qu'un touchpad. La seconde, plus fine (3mm) se contentera d'un clavier/touchpad sensitif, les touches ne s'enfonçant pas. Dernier point commun, le connecteur d'alimentation des tablettes sera magnétique, à l'image de ce qu'utilise Apple sur ses portables.

A gauche, clavier sensitif "Touch Cover", à droite, clavier physique "Type Cover"
Pour le reste tout diffère entre les deux modèles de Surface. La première, baptisée Surface for Windows RT représentera l'entrée de gamme. Côté caractéristiques on retrouvera un processeur ARM fourni par Nvidia, probablement un Tegra 3+ (Windows RT supporte pour rappel trois vendeurs de SoC ARM différents : Nvidia, Qualcomm et Texas Instruments) dans un format compact, 9.3 mm de hauteur pour 676 grammes (9.4 mm et 650 grammes pour le dernier iPad). La batterie aura de son côté une capacité de 31.5 W.h (25 chez Apple). La résolution de l'écran reste cependant nettement en retrait avec "seulement" 1366x768. La machine intègre un slot microSD, un port USB 2.0 ainsi qu'une sortie vidéo via un connecteur non précisé. Deux capacités de stockage seront disponibles avec 32 et 64 Go de mémoire flash. La quantité de RAM intégrée n'est pas communiquée. Côté logiciel, cette tablette sera livrée avec une version spécifique de Windows baptisée Windows RT ainsi que la suite Office 15. Windows RT sera un système relativement plus bridé que le Windows traditionnel puisque Microsoft ne permettra pas la création de logiciels utilisant le mode "Desktop" (réservé ironiquement à Office 15…) mais uniquement des logiciels utilisant la nouvelle interface Metro via l'API Win RT (que nous avions décrite ici comme capable de créer des applications "Desktop"), et distribués de surcroit dans le Windows Store (c'est ce dernier qui impose aux développeurs les applications Metro only !).

La seconde tablette, baptisée Surface for Windows 8 Pro se situe sur un tout autre créneau. Sensiblement plus lourde et plus épaisse (903 grammes et 13.5 mm d'épaisseur), elle sera équipée côté hardware d'un modèle de processeur Intel Ivy Bridge dont la référence n'a pas encore été précisée, la batterie de son côté atteint les 42 W.h, un chiffre relativement proche voir un peu supérieur à ce que l'on peut trouver dans les Macbook Air (35 W.h en 11 pouces) et qui laisse penser qu'il s'agira comme pour ces derniers d'un Ivy Bridge au TDP de 17 Watts. Un système de ventilation actif sera d'ailleurs présent dans la machine. L'écran, toujours d'une taille de 10.6 pouces est annoncé comme Full HD (au minimum 1920 par 1080) et la connectique évolue. On retrouvera cette fois ci un port USB 3.0 ainsi qu'une sortie vidéo de type Mini Display Port. Autre particularité, la gestion d'un stylet, hérité de l'aventure Tablet PC de Microsoft lancée en 2001. En plus des capteurs tactiles, un capteur dédié au stylet est ajouté sur la Surface "Pro", disposant d'une précision de 600 DPI. L'approche du stylet désactive automatiquement les capteurs tactiles, ce qui permet de reposer sa main sur la tablette en écrivant. Comme son nom l'indique, cette "tablette" fera bel et bien tourner le "vrai" Windows 8, sans les limitations annoncées plus haut.

Côté disponibilité, Microsoft reste muet, on peut cependant supposer que ces tablettes devraient être lancées en simultanée avec Windows 8, prévu aux dernières nouvelles à la mi-octobre. En ce qui concerne les prix, Microsoft aura indiqué qu'ils seront comparables à celui des tablettes ARM… et des Ultrabook pour le modèle "Pro".
Le lancement de ces tablettes Surface est un retour pour le moins remarqué de Microsoft dans le monde du matériel qui, côté système complets n'a pas enchainé récemment les réussites au-delà de la Xbox. On se souviendra bien sur des baladeurs MP3 Zune face à l'iPod, du lancement avorté des smartphones Kin, ou de l'abandon du concept des tablettes Courier (équipées de deux écrans), des projets tous gérés en leur temps par James Allard (qui a depuis quitté MS) et souvent sacrifiés car allant bien trop à l'encontre de la stratégie "écosystème" de Microsoft.
Pour justifier ce changement radical de stratégie, Steve Ballmer aura mentionné l'importance d'intégrer le logiciel et le matériel pour créer les meilleurs produits possibles (la stratégie d'Apple, et probablement de Google dans les mois à venir suite au rachat de Motorola). Une validation a posteriori pour J. Allard, mais aussi un tacle et une petite claque aux partenaires OEM, Microsoft entrant cette fois ci directement en compétition avec ses partenaires qui risquent d'avoir du mal à se différencier. Nous avons bel et bien noté dans le communiqué de presse du constructeur une phrase troublante indiquant que les OEMs auront une parité de coût et de fonctionnalité sous Windows 8 et Windows RT (un accord sur les prix entre Microsoft et ses partenaires ?). En ce qui concerne la parité de spécification, on rappellera que Microsoft avait publié un peu plus tôt ses "hardware requirements " qui dictent les spécifications minimales des tablettes.

Au-delà des inimitiés qui pourraient avoir été crées chez les partenaires, le choix de lancer sous le même nom deux produits si différents (et incompatibles dans les logiciels qu'ils feront tourner) risque de créer une confusion certaine auprès du grand public visé par ces produits. Le positionnement de la version Pro est de son côté relativement clair, elle se présente côté usage en alternative aux Ultrabook avec des caractéristiques à la fois semblable (côté processeur) et plus élevées (résolution Full HD) qui font qu'il est difficile d'imaginer exactement ce qu'entend Microsoft avec la parité de prix évoquée. Le positionnement de la version ARM, à l'image de la stratégie Windows RT est plus délicat puisqu'il s'agit pour Microsoft d'aller sur le terrain de l'iPad. Un grand écart idéologique qui risque d'être incompris et il sera intéressant de voir si la marque mettra des moyens identiques derrières les deux versions, ou, si comme souvent, un partenaire favori se détachera !
CES: PRISM et DirectTouch pour Tegra 3
Décidemment, le SoC quadcore Kal-El commercialisé sous la marque Tegra 3 est plein de surprises. Après l'annonce d'un 5ème core destiné à réduire la consommation en prenant le relais des 4 cores principaux lorsque la charge est faible, ce sont deux nouvelles technologies que Nvidia vient de dévoiler lors de ce CES.

La première se nomme PRISM et permet selon Nvidia de réduire considérablement la consommation liée à l'écran sans réduire la luminosité perçue. Pour cela le contrôleur en charge de l'affichage du SoC Tegra va séparer les informations de couleur et d'intensité lumineuse du rétroéclairage de manière à les optimiser pour réduire la consommation.

La seconde, DirectTouch, consiste à se passer d'un contrôleur dédié aux écrans tactiles, à renvoyer les informations de la dalle vers le SoC Tegra 3 et à les traiter d'une manière logicielle. Grâce au 5ème core très peu gourmand, cela peut, toujours selon Nvidia, se faire sans réduire l'efficacité énergétique de la plateforme. Autre avantage, cette approche permet de profiter si nécessaire de la puissance du SoC pour démultiplier le nombre d'impulsions prises en charge par seconde. Une démo mettait en évidence un gain à ce niveau de près de 3x, qui peut être exploité pour rendre les interfaces plus réactives.
Nous ne savons pas par contre si ces technologies sont exploitées par les premiers périphériques Tegra 3 tels que la Transformer Prime d'Asus ou même sur la future tablette 7" du fabricant basée sur la même plateforme et qui sera commercialisée au prix plutôt agressif de 249$.

Jerry Chen, le CEO d'Asus et Jen Hsun Huang, le CEO de Nvidia, dévoilent une future tablette 7".
Focus : Nvidia Tegra 3: plus de cores, moins de watts ?
Comme prévu, Nvidia a dévoilé le nom commercial de son SoC jusqu'ici connu sous le nom de code Kal-El : il s'agira de Tegra 3. Pour mettre au point cette puce destinée principalement aux tablettes, mais également aux "gros" smartphones, Nvidia a été plutôt pragmatique et a décidé de faire appel à des technologies déjà éprouvées de manière à arriver plus rapidement sur le marché que la concurrence, notamment Qualcomm et TI.
Tegra 3 se base ainsi en...
[+] Lire la suite
Focus : ARM Cortex A7 et big.LITTLE : le silicium noir
Lors de l’AMD Fusion Developer Summit qui s’est tenu il y a quelques mois, un invité avait fait sensation : Jem Davies, Vice-Président chez ARM, en charge de la technologie pour la division Media Processing. Sa présence n’était cependant pas liée à l’annonce de l’utilisation de l’architecture ARM par AMD, comme certains avaient pu le supposer. Jem Davies a la lourde responsabilité de s’assurer qu’ARM dispose des "bonnes technologies" dans le futur et partage à ce titre la vision...
[+] Lire la suite


