Actualités disques durs
Seagate : Plateaux de 1 To
Inondations, quel impact sur les disques durs ?
L'Europe approuve le rachat de Samsung HDD
Hitachi atteint aussi les 4 To !
Premier disque dur 4 To pour Seagate
Disques durs : un an de pénurie ?
Dans une entrevue avec AllThingsD le CEO de Seagate, Steven Luczo, a fait part de son opinion concernant l'impact des inondations dramatiques en Thaïlande (plus de 600 morts) sur l'industrie du disque dur, sujet que nous avons déjà abordé les 21 octobre et 4 novembre dernier. Pour mémoire, Seagate est assez chanceux puisque ses usines n'ont pas été directement impactées contrairement à celles de Western Digital ou de Toshiba, son unique contrainte se situant au niveau des pièces détachées.
Steven Luczo rappelle que la demande s'établissait à environ 180 millions d'unités, et que pour le trimestre en cours les fabricants de disques durs devraient livrer environ 120 millions de disques, une partie du delta étant compensé par les stocks existants.

Malheureusement pour le premier trimestre 2012, Seagate table sur 120 à 130 millions de disques dans le meilleurs des cas et à condition que la production s'oriente vers les disques à 1 plateau (500 Go à 1 To, selon leur densité) et au dépend des disques à 2 plateaux (1 To à 2 To, idem). Au second trimestre il est ensuite question de 150 millions de disques, puis 170 au troisième et enfin 190 millions d'unités pour le quatrième trimestre. Ce n'est donc que fin 2012 que l'offre sera à son niveau d'avant-crise, ce qui permettra au prix de revenir à leurs niveaux antérieurs.
Steven Luczo précise par ailleurs que les gros OEM ont signé des contrats d'approvisionnement sur deux ans au lieu d'un auparavant et qu'ils s'accaparent une bonne partie des livraisons. Les canaux de distribution classiques sont plus touchés puisqu'ils recevraient environ 1/3 des quantités habituelles, ceci expliquant le grand écart actuel que font les prix de vente au détail.
Reste maintenant à voir si cette vision pessimiste, forcément à l'avantage de Seagate qui est actuellement en position de force, sera confirmée par Western Digital. Celui qui était jusqu'au trimestre dernier le numéro 1 du disque dur n'a en effet pas encore communiqué de projection précise sur sa capacité à sortir la tête de l'eau en 2012.
Western Digital/Hitachi GST : L'europe valide
Les autorités de régulation Européennes de la concurrence viennent d'accorder , sous condition, une approbation pour le rachat de l'activité disques durs d'Hitachi (Hitachi GST) au numéro un du secteur, Western Digital.
La société californienne avait annoncé en mars dernier son intention de racheter Hitachi GST, avant que Seagate n'annonce quelques semaines après son intention de racheter l'activité stockage de Samsung. Cependant, Seagate a été plus prompt à déposer son dossier devant les autorités européennes, ce que nous évoquions il y a quelques mois.
Comme indiqué dans notre actualité et comme WD pouvait le craindre après l'annonce le mois dernier de l'autorisation du rachat de la division stockage de Samsung par Seagate, la commission européenne n'a pas jugé les deux dossiers sur le même plan. Le communiqué de la commission considère en effet le rachat d'Hitachi GST comme une réduction du marché à seulement deux intervenants. Ainsi, pour garder une équité dans le marché des disques durs 3.5 pouces (mis en avant comme ceux ou le manque de compétition sera le plus flagrant, Toshiba étant bien implanté sur le marché des disques 2.5 pouces), la commission a demandé des concessions à Western.
Western Digital aurait proposé comme solution de vendre l'une de ses usines de fabrication (avec les transferts de personnel, et de propriété intellectuelle nécessaires) à ce qui deviendrait un nouvel entrant sur le marché des disques durs. Western Digital s'est engagé à ne pas compléter son acquisition avant qu'un acquéreur soit trouvé, et approuvé par les autorités.
Arbitrage Western Digital/Seagate
C'est par un communiqué de presse assez évasif que Western Digital vient d'annoncer le résultat d'un arbitrage confidentiel rendu dans le Minnesota à son encontre. Cet arbitrage portait sur une affaire d'espionnage industriel mettant en cause un ex employé de Seagate qui a rejoint par la suite WD. Il aurait ainsi partagé des informations confidentielles en provenance de Seagate avec son nouvel employeur.
Le résultat de l'arbitrage est en la défaveur de WD, à hauteur de 525 millions de dollars. WD réfute les bases légales derrière la décision et les faits qui lui sont reprochés et indique qu'il fera "appel" de la décision. Un point relativement complexe puisque nos confrères de Reuters rapportent que si Seagate avait dans un premier temps intenté une action en justice en 2006 contre son concurrent, la procédure a été transformée en 2007 en une procédure d'arbitrage (lien Wikipedia sur l'arbitrage aux Etats-Unis ), une forme de résolution de conflit alternative faisant intervenir un arbitre indépendant. Et s'il est possible de faire appel de la décision (notamment sur des points de loi, d'où le langage utilisé par WD), la procédure est complexe et relativement encadrée.
Seagate n'a pour l'instant pas encore communiqué sur le sujet.
Disques durs : des usines Nidec redémarrent
Nidec, principal fabricant de moteurs pour disque dur, vient de donner quelques informations concernant l'état de ses usines Thaïlandaises.

En ce qui concerne les usines fabriquant les moteurs pour disques durs, Nidec indique que son usine de Rangsit a repris la production depuis le 25 octobre. Celle de Bangkadi, dont l'enceinte a été partiellement inondées, est encore à l'arrêt temporairement alors que celle de Rojana est actuellement inondée et sera à l'arrêt pour une plus longue période.
Concernant les usines fabriquant des composants pour moteur de disque dur, l'usine de Rojana est dans la même situation que celle pour les moteurs. A contrario, celle d'Ayutthaya a repris sa production le 4 novembre. Enfin pour ce qui est de la base métallique du disque (le fond, sur lequel tous les composants sont fixés), Nidec rappelle que l'usine de Saraburi n'a pas été endommagée et que la production n'a pas été interrompue, au contraire de celle de Bang Pa-In qui est inondée.
DigiTimes donne quelques chiffres supplémentaires à ce sujet. Pour rappel, Nidec fournit environ 75% des moteurs pour disques durs dans le monde, avec 140 millions d'unités produites au troisième trimestre. Le redémarrage de certaines usines Thaïlandaises couplé à une augmentation des capacités de production dans ses usines aux Philippines (de 15 à 25 millions) et en Chine (de 10 à 15 millions) devraient lui permettre de fabriquer 100 millions de moteurs ce trimestre. Reste maintenant à savoir si Nidec sera capable de revenir au niveau d'avant inondations dans le courant du premier trimestre 2012, condition sine qua none à un retour progressif à la normale sur le marché du disque dur.
Concernant la situation générale des inondations en Thaïlande, le bilan atteint désormais 527 morts. Si la décrue est bien entamée dans les provinces les plus au nord, la région de Bangkok pourrait pour sa part continuer d'être sous les eaux jusqu'au mois de décembre.
Inondations et disques durs, le point
Seagate a donné quelques informations supplémentaires concernant l'impact sur le marché des disques durs des inondations dramatiques en Thaïlande (cf. cette actualité) qui ont déjà fait 420 morts.

Le constructeur rappelle ainsi que si la demande attendue devait être de l'ordre de 180 millions d'unités, les livraisons ne devraient pas dépasser les 110 à 120 millions d'unités. Seagate précise au passage que pour le premier trimestre 2012 les fabricants devraient être capables de produire plus de disques, mais que la demande devrait rester supérieure à la production ce qui continuera d'entrainer des prix plus élevés qu'à la normale. Si le constructeur indique que l'industrie du disque dur devrait être touchée pendant plusieurs trimestres, on peut s'attendre à un retour à la normale durant le second trimestre.
Concernant sa production en particulier, Seagate rappelle que ces usines n'ont pas été touchées directement mais que ses capacités de production sont réduites du fait des problèmes rencontrés par les fabricants de pièces destinés aux disques durs. Le constructeur estime désormais pouvoir livrer 41 à 45 millions de disques ce trimestre, soit la fourchette basse de son estimation préalable de 40 à 50 millions (51 millions au trimestre passé). Il vise un chiffre d'affaires de 2,6 à 2,7 milliards de $ (2,8 au trimestre passé) et une marge brute qui devrait être dans le haut de la fourchette 22% - 26% (19,5% au trimestre passé). Le constructeur indique que sa capacité de production pour le premier trimestre 2012 sera de 60 millions de disques, à condition que les problèmes d'approvisionnements en pièces détachées soient résolus d'ici à la fin décembre.
Cette marge brute en hausse s'explique bien entendu par une hausse des tarifs liée à la pénurie, cette dernière semble toutefois mesurée du côté des fabricants puisqu'on arrive donc à un tarif moyen qui devrait atteindre au maximum 65,8$, contre 54,9$ au trimestre passé. Une hausse somme toute mesurée par rapport aux prix en boutiques qui ont triplés ces dernières semaines, nous ramenant à une tarification au Go que l'on avait plus vue depuis 2008 !
Les raisons de ce décalage sont multiples, la première étant qu'une bonne partie des livraisons de ce trimestre se font aux OEM à des tarifs qui ont déjà été négociés avant la hausse. De plus, les fabricants de disques vont logiquement favoriser les livraisons à leurs gros clients OEM aux dépends de l'approvisionnement des grossistes, ce qui exacerbe le décalage entre l'offre et la demande sur le marché unitaire et fait s'envoler le prix du peu de stock restant du fait de la crainte d'une pénurie. Enfin, ce décalage est encore plus important sachant que le marché est moins approvisionné par le "marché gris", c'est-à-dire les OEM qui revendent les pièces qu'ils ont achetées en trop aux fabricants pour avoir des ristournes plus importantes.
Les machines complètes sont bien entendu touchées, et les fabricants de portables notamment commencent petit à petit à annoncer des hausses de tarifs voir des ruptures de stock.
Que faire dans cette situation ? Concernant les disques durs additionnels, le plus sage est clairement de ne pas céder à la panique, et de reporter de 3 à 6 mois ses achats lorsque c'est possible, quitte à faire un peu le ménage dans ces dossiers, une bonne habitude que certains avaient peut-être perdus devant le coût du stockage dérisoire ces derniers temps et un sacrifice qui est très dérisoire par rapport au drame humain qui se joue de l'autre côté du globe.
Pour les machines complètes, les prix n'ont pas encore tous augmentés et lorsque ce sera le cas il sera toujours possible de se contenter dans un premier temps d'une capacité de stockage réduite, que ce soit via la récupération d'un ancien disque ou le passage au SSD, en attendant des jours meilleurs permettant l'acquisition d'un disque secondaire de stockage.


