Lucidlogix Virtu MVP en pratique

Publié le 29/03/2012 par
Envoyer Imprimer
Lancé en fanfare avec la plateforme Sandy Bridge, Virtu est une offre logicielle développée pour prendre en compte les problèmes engendrés par la présence de deux GPU de marque différente au sein d'une même machine. Avec Sandy Bridge, Intel a ajouté en effet un GPU à tous les processeurs de sa gamme.


Or, si utiliser deux GPU sous Windows n'est pas une nouveauté, ni un problème - le SLI de Nvidia et le Crossfire d'AMD gèrent la situation depuis des années - utiliser deux GPU de marque différente est un challenge. Facile sous XP, la possibilité de charger deux pilotes graphiques de marque différente avait disparu avec la version 1.0 de WDDM (le nouveau modèle de pilotes graphiques introduit avec Windows Vista). Si elle est revenue sous Windows 7 avec WDDM 1.1 (et sous Vista via un Service Pack), des limitations perdurent, chaque GPU gérant ses propres écrans. Quand il s'agit de vouloir utiliser un GPU pour une tâche différente, par exemple celui intégré au processeur sur le bureau Windows, et celui d'une carte graphique supplémentaire pour les jeux, il faut soit débrancher son écran et redémarrer son système, soit passer par une solution logicielle comme par exemple l'Optimus de Nvidia sur les plateformes portables. Virtu de Lucidlogix est, elle aussi, une solution logicielle de ce type destinée en priorité aux plateformes desktop.

Avant de parler de ce qui différencie MVP - la version 2 de Virtu - de la précédente, voyons déjà les fonctionnalités communes.

Mode D, Mode I

La vocation principale de Virtu consiste à autoriser l'utilisation d'un GPU lorsque l'écran est connecté sur l'autre. D'un point de vue technique, Virtu intercale une couche d'abstraction entre Windows et les drivers WDDM (nous allons prendre pour exemple pour la suite l'utilisation dans une machine d'un processeur Intel avec une carte graphique GeForce. Ici, les pilotes de chaque carte, IGP Intel et GeForce, doivent être chargés). Cette couche permet de faire croire au système qu'il fonctionne sur un GPU différent du GPU principal, de manière quasi transparente. Ainsi le rendu 3D d'un jeu peut être lancé sur la GeForce, même si l'écran est connecté sur l'IGP via la carte mère. Ce n'est que la moitié du problème puisqu'il faut ensuite ramener l'image de la GeForce vers l'IGP, une opération effectuée par le driver qui copie les images calculées dans le framebuffer de la GeForce vers le framebuffer de l'IGP, par le biais du PCI Express. Cette seconde étape n'est pas forcément nécessaire dans le cas d'applications qui n'utilisent pas le rendu 3D, comme par exemple une application d'encodage vidéo qui utiliserait CUDA ou Quick Sync.


L'interface principale de Virtu MVP

Virtu propose donc deux modes de fonctionnements distincts qui correspondent surtout à l'utilisation que l'on veut faire de sa machine. Dans le mode "I", on connecte l'écran sur la carte mère. L'IGP est alors le GPU principal sous Windows et, pour les jeux 3D, le rendu est délesté vers la GeForce. Ce scénario - semblable à ce que l'on retrouve sur des PC portables - était le premier à être rendu disponible dans Virtu. Il propose en théorie l'avantage de limiter la consommation sur le bureau tout en autorisant les performances maximales en 3D.

L'autre mode, baptisé "D" fonctionne à l'envers. Pour rester sur notre exemple, l'écran est cette fois ci connecté sur la GeForce, et l'on peut virtualiser l'IGP, par exemple pour utiliser l'unité de compression vidéo Quick Sync d'Intel. L'existence du mode "D" tient surtout du fait que l'implémentation du mode "I" n'est pas complètement transparente. En effet, l'abstraction réalisée par le logiciel de Lucid a un double cout, d'abord sur les performances, et ensuite sur la latence (incompressible et dû au transfert du framebuffer via le PCI Express).

Afin de voir en pratique ce que valent ces différents modes, nous avons utilisé la configuration suivante :
  • Carte mère Asrock Z77 Extreme6
  • Processeur Intel Core i7 2600K, Pilote HD 3000 V8.15.10.2618
  • Radeon HD 6870, Catalyst 12.2
  • GeForce GTX 480, Pilotes GeForce 296.10
  • Lucid Virtu MVP 2.1.111.21241

Virtu est annoncé comme compatible avec tous les pilotes WHQL des constructeurs. Côté GPU, la version que nous avons utilisée - indiquée comme version de production - n'est pas compatible avec les Radeon HD 7000 et les GeForce 680. Il sera intéressant de voir si, dans une future version, la compatibilité HD 7000 inclut le Zero Core Power en mode "I", ce qui permettrait théoriquement l'extinction de la carte graphique sur le bureau Windows ou pour la lecture de vidéo, une fonctionnalité qui pourrait être très utile ! Notez enfin que Virtu n'est pas compatible avec les solutions multi GPU AMD et Nvidia.
Vos réactions

Top articles