Test : l'influence de l'électronique sur les couleurs des LCD

Publié le 31/01/2006 par
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Après la théorie la pratique : quelle est l´influence de l´électronique sur la dalle ? Dans l´article Des dalles à la carte : Mura, électronique, pixels morts... nous avions détaillé les 1001 recettes du fabricant économe. Cette fois nous allons étudier si ce changement d´électronique pour des composants de moindre qualité a une influence sur la dalle et son rendu, à un instant T et surtout dans le temps.
De plus, qu´apportent les écrans qui se disent 10, 12 ou 14 bits ? Nous avons essayé.
La stabilité des écrans en question
IPS, TN, VA, les trois technologies LCD perdureront-elles ? L´IPS nous semble la plus mal engagée des trois. Temps de réponse trop long, rémanence marquée dans toutes les scènes en mouvement, noir délavé comparé à la technologie VA, prix trop élevés... Pourtant, bon nombre de photographes et de graphistes ne jurent toujours que par elle. Pourquoi ? Du coup, nous avons ouvertement posé la questions aux spécialistes des écrans hauts de gamme chez Nec, Eizo et LaCie de l´intérêt aujourd´hui d´adopter une dalle IPS. Les réponses reçues étaient pour le moins embarrassées. L´un avançait texto que les couleurs lui semblaient plus belles dessus, sans pouvoir le justifier. Il a "l´impression" que c´est mieux. Un autre avait fait appel à son spécialiste japonais qui nous avait répondu que oui, les dalles IPS sont plus chères car produites sur de plus petites séries, que oui leur noir est moins bon, que oui elles sont moins adaptées pour les scènes en mouvement mais en compensation leurs angles de vision sont un peu plus ouverts. Un peu faible l´argument au regard de tous les défauts avancés... Enfin le dernier n´avait carrément pas su répondre. Est-ce vraiment étonnant quand on voit que justement ces trois spécialistes de la couleur commencent à intégrer des dalles VA dans leurs écrans ?

Nous en étions là quand Eizo nous a rendu visite suite à la publication du dernier comparatif d´écrans 19 pouces, article dans lequel nous avions un peu malmené leur moniteur. La discussion était animée jusqu´à ce qu´ils nous mettent sur une piste : certes les écrans concurrents une fois calibrés s´en sortent aussi bien que le leur, mais nous ont-ils assuré en dernier ressort, les écrans Pro justifieraient leur prix par une meilleure tenue des couleurs dans le temps.

L´argument était intéressant : d´après eux, les écrans 1er prix seraient capables d´afficher de bonnes couleurs avec ou sans calibration (les Samsung 970P et Hyundaï Q90U par exemple), mais pas de les tenir. Et d´avancer qu´on risque de constater des variations importantes (de couleur mais aussi de niveau de luminosité) dès la première heure, et plus encore un risque de dérive importante passées trois heures de fonctionnement. Alors au bout de 24 heures, bonjour les dégâts...

Si tel est le cas, il serait fortement hasardeux d´utiliser un écran grand public sur un poste de graphiste. Mais est-ce bien le cas ? L´histoire méritait franchement qu´on se penche dessus. Et tant qu´à faire, nous avons un peu ouvert le débat en introduisant d´autres essais appliqués sur quatre moniteurs différents :


  • Belinea 10 20 35W : 20 pouces wide, dalle AU-Optronics P-MVA 8 bits
  • Eizo L887 : 20 pouces 4/3, dalle Sharp ASV équipée d´une correction gamma 14 bits (NB : ce n´est donc pas un IPS que nous avons reçu pour ce test)
  • Nec LCD 2170NX : 21 pouces 4/3, dalle Samsung S-PVA
  • Hyundaï Q90U : 19 pouces 4/3, dalle Samsung TN 6 bits + FRC (dithering)

    Les tests réalisés :

  • Rendu des couleurs après calibration
  • Tenue des couleurs sur 5 minutes, avec mesure toutes les minutes
  • Tenue des couleurs sur une heure, avec mesure toutes les 15 minutes
  • Tenue des couleurs sur 10 heures consécutives, avec mesure toutes les heures
  • Tenue des couleurs après 30 heures de fonctionnement

    Pas d´analyse de la réactivité cette fois, ce n´est pas l´objet de l´article. En revanche, on introduit ici deux nouvelles séries de tests qui seront désormais repris dans les prochains comparatifs :

  • Analyse de photos médicales monochromes 10 bits
    ceci pour évaluer les capacités des écrans dans les dégradés fins sur des images quasi parfaites, en tout cas dotées de la meilleure définition possible actuellement. Pour cela, nous utilisons le logiciel d´imagerie médicale professionnel Smart Quick Viewer de la société Fenics. Cet outil se destine en principe aux radiologues et aux cancérologues pour leur faciliter la lecture des mammographies. Nous disposons avec d´une base d´images 8 et 12 bits de très haute résolution. Chaque image de 3600 x 4200 pixels pèse dans les 33 Mo.

  • Test sur mires crées avec et sans dithering (dit simulation ou tramage sous Photoshop, une technique utilisée parfois pour simuler les couleurs non disponibles sur les systèmes "seulement" 8 bits).


    Mire 8 bits crée avec simulation


    Mire 8 bits crée sans simulation


    Sauf exception, les cartes graphiques actuelles sortent du 8 bits. Côté écran, on trouve des TN 6 bits en natif qui, par une astuce appelée dithering, interpolent les 8 bits. On trouve également des écrans 8 bits, et d´autres comme celui de Eizo capables de traiter l´image en 14 bits (en interne, mais l´affichage est toujours sur 8 bits derrière). On devrait logiquement voir des différences dans les dégradés fin des ces images très haut définition.

    Déjà sur votre écran, les deux mires ont-elle le même aspect ?
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