Alors que traditionnellement, on utilisait l’air ambiant en tant
que caloporteur pour dissiper la chaleur produite, l’eau semble aujourd’hui plus
appropriée du fait de dégagements calorifiques de plus en plus importants. Ce type de
système est en fait dérivé de ceux de l’industrie du moule où il est nécessaire
de refroidir la pièce moulée très efficacement et très rapidement. Notons aussi que ce
système existe depuis plus de vingt ans d’âge dans les systèmes informatiques que
ce soit par le biais d’échangeurs thermiques, ou par immersion totale des composants
dans le caloporteur (avec contact physique direct) dans les anciens calculateurs CRAY et
IBM où les caloporteurs employés étaient des liquides Fluorocarbonés. Il faut donc
s’enlever de l’esprit les risques de fuite ou de dommage provoqués de tels
systèmes, conçus pour les industries de pointe, totalement autonomes et sans entretien,
pensés pour fonctionner toute la durée de vie de la machine et ne présentant absolument
aucun risque pour une machine particulière.
Le but de ce type de système est donc d’emmagasiner la chaleur au
moyen du caloporteur (ici l’eau) et d’emmener celui-ci jusqu’à un
dispositif permettant au caloporteur de se décharger de cette chaleur emmagasinée, tout
ceci dans un circuit totalement fermé et hermétique. Le liquide ayant la plus grande
conductivité à l’état naturel est l’eau. Ce pouvoir peut-être
éventuellement amélioré par certains additifs spécialisés (utilisés dans la
compétition automobile) mais tout autre ajout (antigel, antitartre…) baissera sa
conductivité. C’est pourquoi, le meilleur choix se révèle être l’eau
déminéralisée qui élimine aussi bien les problèmes de tartre que de conduction de
courant électrique.
En résumé il nous faut donc :
Un échangeur placé sur le CPU
permettant de transmettre la chaleur produite par celui-ci au caloporteur. Il s’agit
d’un organe avec de l’eau en entrée aussi bien qu’en sortie, un échangeur
eau/eau. Usuellement, on appelle cet échangeur, échangeur interne. Celui absorbe la
chaleur du CPU par contact avec celui-ci (par conduction) c’est pourquoi il faudra
s’assurer d’utiliser pour cet échangeur un matériau à très fort
conductivité et limiter au maximum le distance entre le corps chaud et le caloporteur. Il
existe plusieurs types d’échangeurs internes, physiquement en fonctionnellement
différents. Cependant, comme dans toutes les autres industries qui utilisent ce type de
refroidissement, un échangeur constitué en interne d’un serpentin donnant un trajet
précis à l’eau se révèlera dans tous les cas plus efficace que tout autre
système à flux non guidé.
Un dispositif
d’évacuation de la chaleur. Celui-ci a pour but de défaire le caloporteur de la
chaleur qu’il aura accumulé lors de son passage dans l’échangeur interne. Il
existe de nombreux types de dispositifs remplissant ce rôle. La plupart du temps, et
comme c´est le cas dans une voiture, on utilise un échangeur de type air/eau (eau
refroidie par l’air ambiant par convection forcée). Ce type d’échangeur est
très efficace, relativement peu coûteux quand on sait bricoler mais a pour désavantage
de nécessiter souvent l’emploi de deux ventilateurs pour une efficacité optimale.
Parmi ce type d’échangeurs, il y’a encore plusieurs sous-types
d’échangeur air/eau. Ceux employant un nid d’abeille (comme ceux de vos
voitures), des simples tours de tuyaux de cuivre enroulées et ventilées ou encore un
disque de tuyaux de cuivre enroulés et ventilées. Parfois on voit même des serpentins
de cuivre (comme ceux utilisés à l’arrière de votre réfrigérateur) utilisés de
manière passive et donc non ventilés. Cette solution peut s’avérer satisfaisante
dans bien des cas, même pour de gros overclockings sous réserve qu’ils
n’emploient pas de plaques à effet Peltier qui doubleront au minimum la chaleur à
dégager. Dans des systèmes informatiques très denses l’eau utilisée pour le
refroidissement des CPUs et elle-même refroidie par un circuit liquide secondaire qui
peut faire entrer en jeu un liquide parfois réfrigéré.
Un dispositif permettant de
créer le cycle du caloporteur… plus simplement une pompe. Immergée dans un
réservoir ou externe celle-ci crée le cycle du liquide et l’emmène vers
l’échangeur interne puis l’échangeur externe et ainsi de suite d’ou
l’aspect autonome et perpétuel du circuit. Sont souvent utilisées des pompes
d’aquarium immergées dont le débit varie de 400l/h à 1200l/h et qui restent la
plupart du temps inaudibles. L’emploi de pompes externes peut économiser celui
d’un réservoir d’eau mais elles sont souvent plus difficiles à trouver et
surtout plus bruyantes.