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Comparatif : 4 disques durs 3.5'' de 4 To à 5400-5900 tpm
StockageDisques durs
Publié le Mercredi 19 Mars 2014 par Marc Prieur

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Page 1 - Introduction

Après les disques durs 3 To, c'est au tour des disques durs d'une capacité de 4 To de passer au banc d'essai. Les premiers disques affichant une telle capacité sont apparus sur le marché fin 2011, Seagate ayant ouvert les hostilités avec le Seagate Barracuda XT 4 To, que l'on ne trouvait qu'au sein d'un boitier externe GoFlex Desk. Il fut rapidement suivi par Hitachi avec les 5K4000 puis 7K4000. Tous ces disques utilisent 5 plateaux de 800 Go, alors même que les plateaux de 1 To ont également fait leur apparition fin 2011.

Le passage à des plateaux de 1 To fut plus tardif, puisqu'il aura fallu atteindre le Desktop HDD.15 de Seagate en février 2013, suivi par une déclinaison NAS HDD en juin. Ces deux modèles utilisent une rotation à 5900 tpm. Après avoir lancé un WD Black 4 To en novembre 2012 (5 plateaux, 7200 tpm), ce n'est qu'en septembre dernier que les gammes WD Red et Green ont accueilli des modèles 4 To utilisant 4 plateaux. Leur vitesse de rotation n'est comme d'habitude pas précisée par Western Digital, elle est a priori de 5400 tpm.

Le petit poucet du disque 3.5", Toshiba, se limite pour l'instant à des disques destinés au marché professionnel, avec des prix à l'avenant, sur la capacité de 4 To.


Pour ce comparatif nous avons décidé de nous concentrer sur les disques durs 4 To dits "grand public" utilisant des plateaux de 1 To et utilisant une vitesse de rotation inférieure à 7200 tpm. Ils sont au nombre de 4 :

- Seagate Desktop HDD.15 ST4000DM000
- Seagate NAS HDD ST4000VN000
- WD Green WD40EZRX
- WD Red WD40EFRX

Nous avons utilisé le même protocole que pour les disques 3 To, les résultats des disques 3 To des gammes équivalents sont d'ailleurs reportés dans les graphiques.


Page 2 - Seagate Desktop HDD.15 4 To ST4000DM000 en test

Seagate Desktop HDD.15 4 To ST4000DM000 en test
Lancée en février 2013, la gamme Desktop HDD.15 de Seagate n'est dans la pratique composée que d'un seul disque, le ST4000DM000 offrant donc une capacité de 4 To.

Après avoir annoncé une simplification de sa gamme 3"1/2 desktop au profit unique des disques 7200 tpm en novembre 2011, Seagate s'est ravisé puisque ce disque marque le retour du constructeur sur des disques à plus faible vitesse, 5900 tpm en l'occurrence.

Ce disque utilise 4 plateaux de 1 To, avec un débit maximal soutenu de 180 Mo /s, contre 146 Mo /s en moyenne. Le temps d'accès est annoncé comme inférieur à 12ms, valeur à laquelle il faut ajouter la latence moyenne de 5,1ms. La température de fonctionnement ambiante maximale est de 60°C, alors que Seagate ne donne pas de MTBF et va même jusqu'à indiquer qu'une utilisation correspondant plus de 55 To de transferts par an, soit 150 Go par jour, peut avoir un impact sur la durée de vie du produit … sic !
La garantie
Les Desktop HDD.15 sont couverts par une garantie de 2 ans, avec une prise en charge directe par Seagate via une adresse en France.
Le disque

Le Desktop HDD.15 4 To utilisé pour ce test est issu du commerce. Fabriqué en avril 2013 en Thaïlande, il est équipé du firmware CC52. Sur la balance il affiche 615 grammes, comme le 7200.14 3 To. Il semble donc que le poids du plateau supplémentaire soit compensé par une base métallique plus légère.

Le PCB intègre un ensemble habituel chez Seagate composé d'un contrôleur principal LSI, d'un contrôleur de moteur de chez Smooth et des 64 Mo de DRAM ici d'origine Hynix.


Côté firmware, l'Automatic Acoustic Management (AAM) n'est pas accessible, et les commandes ATA Streaming ainsi que le SMART Command Transport ne sont pas de la partie. L'Advanced Power Management est par contre accessible et il permet de désactiver le parcage des têtes pour qui le souhaiterait. Ce dernier a lieu par défaut après 30 secondes d'inactivité et il fait tomber la consommation de 6,2 watts à 3,9 watts. A l'inverse, en réglant l'APM à un niveau plus bas on peut forcer le disque à arrêter la rotation des plateaux après 30 secondes d'inactivité.
En pratique
Le Desktop HDD.15 est en tête en terme de débit, avec 131,6 Mo /s en moyenne sur le disque, légèrement devant les NAS HDD et un peu plus par rapport aux disques WD. Avec 17,6ms il occupe par contre avec ses compères la queue du peloton.

Logiquement pour ce qui est de la gestion de fichiers il est également en tête, d'une courte tête en lecture sur les NAS HDD mais de manière plus prononcée sur les écritures. Il perd en effet moins de débit que ses confrères dans ce domaine par rapport à la lecture, sans que nous sachions indiquer la source de cet écart de comportement. Les disques WD sont par contre plus véloces pour l'écriture de petits fichiers, ainsi que dans les tests applicatifs.

Sa consommation est mesurée, bien que plus élevée que la concurrence en rotation. Il en va de même pour ses nuisances sonores, même si l'écart est faible, de l'ordre de 1 dBA, un écart qui se réduit lors des accès. Côté température les disques Seagate chauffent un peu plus que les Western Digital en rotation simple, mais cela s'inverse en cas d'accès intensifs.
Notre avis
Au final le disque est dans la moyenne, ses avantages se situant du côté de la manipulation de fichiers importants plutôt que de l'applicatif, ce qui est assez logique pour un disque dur de cette capacité mais qui va en contradiction de sa dénomination qui tends à lui vouer un usage à titre de disque principal.


Page 3 - Seagate NAS HDD 4 To ST4000VN000 en test

Seagate NAS HDD 4 To ST4000VN000 en test
A l'instar de Western Digital et sa gamme WD Red, Seagate s'est lancé dans les disques durs pour les NAS avec les NAS HDD depuis juin 2013. La gamme NAS HDD a en commun avec le Desktop HDD.15 4 To de la même marque une vitesse de rotation de 5900 tpm.

Les débits sont logiquement les mêmes, avec un maximum soutenu à 180 Mo /s (146 Mo /s en moyenne) et 12ms en temps d'accès. Bizarrement alors que le Desktop HDD.15 et le NAS HDD sont tous deux annoncés à 23 dB, les accès du NAS HDD bien qu'aussi rapide seraient bien plus discrets : 25 dB au lieu de 28 dB.

Seagate rehausse sur cette gamme NAS la température de fonctionnement maximale qui passe à 70°C au lieu des 60°C habituels, par contre le nombre de cycles de chargement/déchargement des têtes de lectures reste à 300 000. Un MTBF à 1 000 000 d'heures fait son apparition, soit … 114 ans. Le disque est annoncé comme prévu pour un fonctionnement 24h/24 7j/7.
La garantie
Les NAS HDD sont couverts par une garantie de 3 ans, contre 2 ans pour les Desktop HDD, avec une prise en charge directe par Seagate via une adresse en France.
Le disque

Seagate nous a prêté le disque de ce test. Fabriqué en mai 2013, il utilise un firmware SC42 et pèse 615 grammes, une constante puisqu'il s'agit du même poids que le Desktop HDD.15 4 To, NAS HDD 3 To et 7200.14 3 To !

La carte contrôleur est la même que sur le Desktop HDD.15, on retrouve donc un contrôleur principal LSI alors que c'est une puce Smooth qui gère le moteur du disque. La puce mémoire est cette fois d'origine Samsung.


Les différences se situent en fait du côté du firmware. Ainsi, si l'AAM n'est toujours pas accessible, les commandes ATA Streaming sont de la partie, tout comme certaines fonctions SMART Command Transport telles que l'Error Recovery Control, utile pour les NAS et le RAID et configuré par défaut à 7 secondes, ainsi que Feature control et Data table command.

L'APM est réglable, par défaut on entend un très léger "clic" après 10 secondes d'inactivité, qu'il est possible de désactiver ce qui fait passer la consommation au repos de 4.0 à 4.5w. Il ne s'agit pas d'un parcage des têtes, le bruit étant bien plus faible que sur les autres disques Seagate tels que les 7200.14, et les informations SMART ne remontent d'ailleurs pas de parcage des têtes à ce moment. A contrario le fait de passer l'APM en puissance mini entraine un arrêt de la rotation des plateaux après 30s d'inactivité.
En pratique
Bien que très légèrement en retrait par rapport au Desktop HDD.15 avec 128,6 Mo /s au lieu de 131,6 Mo /s, le débit moyen sur le disque le place dans le duo de tête, notablement devant les disques WD. A contrario ce sont ces derniers qui ont l'avantage pour les temps d'accès, les NAS HDD et Desktop HDD.15 n'étant séparés que par 0.1ms.

La lecture de fichiers est, du fait de son débit, à l'avantage du NAS HDD, il est par contre en retrait par rapport au Desktop HDD.15 en écriture avec des fichiers de taille importante. Il s'avère également plus lent que ce dernier dans le domaine applicatif.

Les chiffres de consommation tout comme les nuisances sonores sont très proches entre Desktop HDD.15 et NAS HDD, ce qui vient complètement contredire les spécifications officielles sur ce dernier point. Sa consommation est mesurée, bien que plus élevée que la concurrence en rotation. Il en va de même pour ses nuisances sonores, même si l'écart est faible, de l'ordre de 1 dBA, un écart qui se réduit lors des accès. Côté température les disques Seagate chauffent un peu plus que les Western Digital en rotation simple, mais cela s'inverse en cas d'accès intensifs.
Notre avis
Comme souvent avec les disques durs "NAS", on a l'impression de payer une étiquette. Malheureusement si vous avez besoin d'une fonction telle que le SCR ERC, il faut en passer par cette version pour disposer d'un firmware offrant cette possibilité. On se consolera avec la garantie qui passe à 3 ans contre le surcoût d'une vingtaine d'Euros par rapport au Desktop HDD.15.

Bien que moins à l'aise en écriture, il conserve globalement les avantages et inconvénients de ce dernier, et par rapport à l'offre WD les avantages se situent quasi exclusivement du côté de la vitesse supérieure à laquelle il saura gérer des fichiers volumineux, un point non négligeable. Il est par contre en retrait pour l'écriture de petits fichiers, les tests applications, légèrement plus énergivore et plus bruyant.


Page 4 - WD Green 4 To WD40EZRX en test

WD Green 4 To WD40EZRX en test
Western Digital propose deux disques durs de 4 To. Le premier est le WD40EZRX de la gamme WD Green, qui se positionne en face du Desktop HDD.15 de Seagate.

Assez avare en spécifications, Western Digital ne communique même pas la vitesse de rotation, se limitant à la mention "IntelliPower" dont voici la définition officielle :
IntelliPower est un compromis bien équilibré entre la vitesse de rotation, la vitesse de transfert et les algorithmes de cache pour réaliser des économies significatives d'énergie tout en obtenant des performances solides. De plus, les disques GreenPower consomment moins de courant au démarrage, ce qui permet à plus de disques de tourner simultanément et donc au système d'être prêt plus vite.
Ce qu'il faut comprendre de ce charabia, c'est qu'il s'agit de disques avec une vitesse de rotation de 5400 tpm environ, peut-être un peu plus ou un peu moins, mais que WD s'entête à ne pas vouloir communiquer dessus. Mais voyons monsieur Western, il ne faut pas avoir honte !

Le débit est pour sa part de 150 Mo /s soutenu au maximum, pour un cache de 64 Mo. Le temps d'accès n'est pas précisé.
La garantie
Cette gamme dispose d'une garantie de 2 ans. La prise en charge peut se faire directement auprès de Western Digital, en France, et WD propose un échange anticipé : vous avez 30 jours pour renvoyer votre disque après expédition d'un nouveau à votre adresse.
Le disque

C'est Western Digital qui nous a fourni un WD40EZRX fabriqué en septembre 2013 et équipé du firmware 80.00A80, une numérotation que l'on retrouve sur l'ensemble des disques Green/Red testés depuis un an. Il pèse 680g, c'est 50g de plus que la version 3 To.

Le PCB intègre un contrôleur Marvell 88i9446, alors que c'est une puce ST qui gère le moteur du disque. Les 64 Mo de mémoire sont fabriqués par Winbond.


Le firmware est pauvre côté configuration puisque ni l'AAM (pour régler la vitesse/bruit du temps d'accès) et l'APM (pour la gestion de l'énergie) ne sont accessibles. Il est par contre possible de configurer via WDIDLE3 le temps d'inactivité avant le parcage des têtes, il est réglé à 8s par défaut et fait passer la consommation de 4 à 3,4 watts.

Une partie des fonctionnalités SMART Command Transport sont supportées (Feature control et Data table command) mais ce n'est pas le cas de l'Error Recovery Control qui n'est accessible que sur la gamme WD Red. Il en va de même pour les commandes Streaming de la norme ATA.
En pratique
Avec un débit moyen de 107,3 Mo /s, le WD40EZRX est en bas du classement, juste derrière le WD40EFRX. Les disques Seagate sont plus véloces en termes de débit mais le disque Green se rattrape en temps d'accès ou il fait jeu égal avec son alter-ego Red, et avec 0,8-0,9ms d'avance sur les Seagate.

En lecture particulièrement, la gestion des fichiers est plutôt à l'avantage des disques Seagate mais les disques Western dont ce 4 To Green reprennent du poil de la bête en écriture, se permettant même de dépasser nettement les modèles Seagate sur de petits fichiers. Il est également plus efficace que son concurrent dans le domaine applicatif.

La consommation en rotation est la plus faible, ex-aequo avec le Red, ce qui est assez logique vu qu'a priori la vitesse de rotation est plus faible, il en résulte une température légèrement moins élevé. Les accès étant plus rapides, ils sont par contre un peu plus gourmands que chez la concurrence et entrainent une montée en température un peu supérieure. Côté bruit le WD Green est, pour changer, au niveau du Red et moins bruyant que les disques Seagate. L'écart est toutefois réduit en rotation, 0.9 dBA, et il passe même à 0.3-0.4 dB lors des accès.
Notre avis
Avec son WD Green 4 To, Western propose un équilibre un peu différent de celui de Seagate : à la faveur d'accès plus rapides, le disque est plus à l'aise en applicatif alors que sa vitesse de rotation moindre a certes un impact négatif sur les débits, mais un impact positif sur le bruit en rotation. A vous de choisir !


Page 5 - WD Red 4 To WD40EFRX en test

WD Red 4 To WD40EFRX en test
Western Digital est le premier à avoir lancé une gamme "NAS", les WD Red. Le WD40EFRX n'était pas présent au lancement initial de la gamme en juillet 2012, son lancement date de septembre 2013.

Mais à quoi bon lancer une telle gamme alors qu'il propose déjà des disques "IntelliPower" (+/- 5400 tpm, mais WD ne souhaite pas le dire…) ?

Sur le papier les différences se situent côté fiabilité : le nombre de cycles de chargement/déchargement des têtes de lectures passe de 300 000 à 600 000, et un MTBF fait son apparition : 1 000 000 d'heures (114 ans… du coup WD annonce qu'ils sont prévus pour du 24h/24 7j/7), ce qui serait 35% supérieur aux disques classiques dixit WD (84 ans seulement ? diantre).

De plus, la température ambiante maximale d'utilisation passe de 60°C à 70°C. Difficile de dire avec certitude s'il s'agit de vraies différences matérielles ou simplement de modifications destinées à appuyer un argumentaire commercial, même si nous avons un penchant pour la seconde hypothèse…
La garantie
On passe de 2 ans sur les WD Green à 3 ans sur les WD Red. La garantie peut être effectuée directement auprès de Western Digital, avec une adresse en France. WD propose de plus un échange anticipé, permettant de recevoir un nouveau disque et d'avoir 30 jours pour réexpédier le disque défectueux.
Le disque

Prêté par Western Digital, le WD40EFRX utilisé pour ce test a été fabriqué en septembre 2013. Sur la balance on mesure 680 grammes, tout comme pour son équivalent Green. Il en va de même pour la numérotation du firmware, 80.00A80.

Le PCB est lui aussi logiquement strictement identique. Le contrôleur principal est un Marvell 88i9446, il est associé à 64 Mo de mémoire Winbond ainsi qu'a un contrôleur pour le moteur fabriqué par ST.


Le WD40EFRX est exclusivement disponible avec la version 2.0 de "NASWare". Derrière ce nom se cache un ensemble de fonctionnalités en plus par rapport au WD Green. L'Error Recovery Control du SMART Commande Transport est ainsi supporté et réglé par défaut à 7 secondes, afin d'éviter que le disque se fasse éjecter d'une grappe RAID car il met trop de temps à répondre, tout comme les commandes Streaming de la norme ATA.

Il ne faut pas contre pas chercher de réglage de l'AAM ou de l'APM accessibles, et si les accès et le parcage des têtes variaient entre les Green et les Red en NASWare, avec le NASWare 2.0, les réglages sont désormais alignés. Le parcage des têtes intervient ainsi après 8 secondes d'inactivité, ce qui est réglable voire désactivable via l'utilisateur WDIDLE3. Les accès sont pour leur part aussi rapides que sur les Green, alors qu'auparavant ils étaient configurés pour être plus lents et de fait plus discrets.
En pratique
Malgré des similitudes évidentes, le WD Red ne se comporte pas exactement comme le WD Green en pratique. Il offre ainsi un débit supérieur, notamment en début de piste, avec en moyenne 113,4 Mo /s contre 107,3 Mo /s pour le Green, sans que nous sachions expliquer cette différence. Avec 16,8 ms, le temps d'accès est par contre équivalent.

Ce débit plus important bénéficie logiquement légèrement au Red lors de la manipulation de fichiers, même si la différence reste faible. Les modèles Seagate restent toutefois plus rapides en lecture, un avantage qui est partiellement perdu en écriture. Dans les tests applicatifs les WD Green et Red se disputent les premières places.

Côté environnemental on note des consommations équivalentes entre Red et Green, inférieures aux disques Seagate en rotation mais supérieures lors d'accès. Les températures sont très proches entre les deux jumeaux, et le bruit équivalent. De ce côté on est en dessous des modèles Seagate en rotation, avec 0.9 dBA de moins par rapport au NAS HDD, mais cet écart se réduit à 0.5 dBA lors des accès.
Notre avis
Avec ce disque "NAS", on a l'impression de plus assister à un effet de gamme artificiel basé sur un bridage du firmware de la version classique qu'autre chose. Si vous avez besoin du SCR ERC pour votre RAID sous peine d'éjection du disque en cas de tentative trop longue sur un secteur défectueux, ce qui n'est pas systématique et malheureusement peu documenté, alors il faut malheureusement se plier à ce diktat des constructeurs.

Dans la négative, les différences sont minimes et le surcoût de 20 € a un peu de mal à passer malgré l'année supplémentaire de garantie. En dehors de cela on retrouve les mêmes avantages et inconvénients par rapport à l'offre Seagate : à la faveur d'accès plus rapides, le disque est plus à l'aise en applicatif alors que sa vitesse de rotation moindre a certes un impact négatif sur les débits, mais un impact positif sur le bruit en rotation.


Page 6 - Débits séquentiels

Débits séquentiels
On commence par le débit séquentiel, mesuré à l'aide de h2bench.


[ Lecture ]  [ Écriture ]

Les disques Seagate sont les plus véloces dans cet exercice, aidés par leur vitesse de rotation légèrement supérieure. Bizarrement le Desktop HDD.15 s'avère un peu plus véloce que le NAS HDD, alors que c'est le WD Red qui est plus rapide que le Green.


[ Lecture ]  [ Écriture ]
(Cliquez sur le lien pour voir le graphique pleine taille)

Les courbes de débit en fonction de la position sur le disque sont habituelles et conformes aux débits moyens observés plus haut, exception faite des Seagate qui sont un peu moins véloces en début de disque.


Page 7 - Temps d'accès

Temps d'accès
Le temps d'accès moyen est mesuré à l'aide d'IOMeter, en utilisant des accès aléatoires de 4 Ko pendant 2 minutes. Afin de voir les gains potentiels lié au NCQ, ces accès sont faits avec 1, 2 et 4 accès simultanées. Nous avons également présenté les résultats sous forme d'IO/s pour ceux qui voudraient avoir une base de comparaison avec les performances des SSD qui sont sans commune mesure dans ce domaine. Il n'est présenté qu'en lecture, le temps d'accès en écriture étant en partie masqué par le cache intégré au disque.


[ Millisecondes ]  [ Accès par seconde ]

Cette fois ce sont les disques WD qui sont les plus rapides, on note par contre une dégradation comparable d'environ 0.7ms en QD1 par rapport aux temps mesurés sur les disques 4 To. Chez Seagate le temps d'accès est par contre similaire quelle que soit la capacité.


Page 8 - Lecture et écriture de fichiers

Lecture et écriture de fichiers
On passe désormais aux tests pratiques, avec pour commencer l'écriture et la lecture de divers ensembles de fichiers. Ces fichiers sont composés de la sorte :

- Extra : 731,17 Mo de moyenne (vidéos)
- Gros : 5,20 Mo de moyenne (audio)
- Moyens : 800,88 Ko de moyenne (photo)
- Petits : 48,78 Ko de moyenne (fichiers divers)

La source ou la cible lors de la lecture ou de l'écriture sur le HDD est un Ramdisk, alors que la partition utilisée sur les disques commence à la moitié de ces derniers. Nous utilisons Robocopy avec un logiciel maison qui permet de faire les tests en boucle. Les tests sont effectués 5 fois de suite et nous effectuons la moyenne des 3 mesures intermédiaires.


[ Lecture ]  [ Écriture ]

En lecture, ce sont logiquement les disques Seagate qui sont devant du fait de leurs débits bruts supérieurs, et ce quelle que soit la taille des fichiers. Les choses se compliquent toutefois un peu en écriture, notamment sur les petits fichiers ou les disques Western Digital sont généralement plus véloces. Le Desktop HDD.15 conserve néanmoins l'avantage avec des fichiers plus importants, ce qui n'est le cas des NAS HDD qu'avec des fichiers de taille moyenne.


Page 9 - Tests pratiques

Tests pratiques
On passe à des tests purement pratiques, à savoir diverses opérations chronométrées après copie d'une image système sur chacun des disques :

- Démarrage de Windows 7
- Démarrage de 3D Studio Max 2011
- Démarrage de 3D Studio Max 2011 + Visual Studio 2010 + Bibble Pro 5
- Rescan du code source d'Ogre sous Visual Studio 2010
- Régénération des aperçus d'un répertoire de 48 RAW sous Bibble 5 Pro
- Lancement de Battlefield 3
- Lancement d'un niveau de Battlefield 3

Attention ces chronométrages ne sont pas comparables à ceux des précédents tests. D'une part, le processeur est cette-fois overclocké à 4.5 GHz, d'autre part pour Windows 7 nous mesurons désormais le temps entre le début du démarrage de Windows (après le menu de démarrage accessible via la touche F8) et l'apparition du bureau.

Pour 3d Studio Max 2011 il s'agit du délai entre le lancement et l'apparition de la fenêtre d'astuces, alors que le démarrage multi-applicatif est fait via un batch. Le code source du moteur 3D Ogre est utilisé sous Visual Studio 2010 alors qu'un répertoire contenant 48 RAW issus d'un 5D mark II sert de base au test sous Bibble 5 Pro. Pour Battlefield 3 nous mesurons le temps de lancement du jeu entre la validation du mot de passe Origin et le début des vidéos d'introduction, et le chargement d'un niveau entre la validation de la reprise de la campagne (mission 7 – Thunder Run) et l'apparition de l'image à l'écran. Toutes ces mesures sont effectuées en chronométrage manuel 5 fois, avec une extinction de la machine entre chaque mesure. Nous effectuons la moyenne des 3 scores intermédiaires.

Histoire de mettre les performances des disques en perspective nous avons intégré les résultats obtenus sur un Crucial M4 128 Go dans les mêmes conditions.


On note une nette domination des modèles Western Digital dans ces tests purement applicatifs, même si on reste dans tous les cas bien loin des performances offertes par un SSD.


L'écart est cette fois plus réduit face à un SSD, mais encore une fois ce sont les WD qui ont l'avantage sur les Seagate.


Pour le jeu Battlefield 3 les écarts sont très importants face à un SSD. Là encore l'avantage, bien que mince, est aux disques WD.


Page 10 - Consommations, températures

Consommation
Nous évaluons la consommation à l'aide d'une pince ampèremétrique sur les lignes 5 et 12V. Elle est mesurée en rotation simple mais aussi en charge lors de lectures aléatoires sous IOMeter.


Les disques WD 4 To sont au même niveau de consommation et sont les plus économes au repos, mais en contrepartie ils sont les plus gourmands lors des accès.
Température
Nous mesurons ensuite la température du disque après 1H de rotation puis 1H de fonctionnement intensif en accès aléatoires sous IOMeter. Ces mesures sont faites avec le HDD en dehors du boitier avec une température ambiante de 25°C, sans ventilation, chacun des disques étant légèrement surélevé. La température est mesurée à l'aide d'un thermomètre infrarouge en 2 points, à savoir sur le dessus au milieu du disque et sur le point le plus chaud du côté gauche. Enfin, nous avons également reporté la température de la sonde interne du disque (SMART).


[ Rotation 1H ]  [ Rotation 1H + Accès 1H ]

En rotation, les disques sont très proches si bien qu'avec une marge d'erreur d'environ +/- 1°C sur ce test il n'est pas possible d'établir un classement. Tout au plus on peut remarquer les disques 4 plateaux chauffent un peu plus que les 3 plateaux, ce qui est on ne peut plus logique.

Après 1 heure d'accès aléatoires non-stop les disques WD sont légèrement plus chauds que les modèles Seagate, ce qui est là encore logique vu que ces accès sont plus rapides et plus gourmands.

La plage officielle de fonctionnement des disques indiquée par les constructeurs est généralement de 0 à 60°C, parfois 70°C, une étude Google sur les disques de ses centres de données  ayant montré qu'il n'était pas nécessaire de chercher la plus basse possible, cela pouvait au contraire être contre-productif. La plage optimale était en fait 35-45°C, sans que les résultats dans la tranche 30-50°C soient catastrophiques. Au delà il n'y a pas de données, et plus on descend sous les 30°C plus le taux de panne augmente.


Page 11 - Nuisances sonores

Nuisances sonores
Nous clôturons le test avec une mesure des nuisances sonores qui sont relevées à l'aide d'un sonomètre Cirrus Optimus CR152A Class 2. Attention, il est certifié pour descendre jusqu'à 21 dBA et alors que nous n'arrivions pas à descendre sous les 20 dBA affichés (ce qui est donc déjà en dessous de l'échelle de mesure officielle) sur un précédent modèle désormais entre les mains de Matthieu qui s'occupe des tests ventilateurs, nous avons cette fois pu mesurer 16,8 dBA dans un nouveau lieu de mesure encore plus calme (il faut noter qu'il s'agit du premier usage du sonomètre, qui dispose d'un certificat de calibration).


Du coup les mesures ne sont pas comparables avec les précédentes, et nous avons en sus placé le disque à 25 cm au lieu de 50 cm pour le comparatif de 2 To (ce qui rajoute pratiquement 3 dBA soit un doublement du volume sonore). Le disque est placé au niveau du sol, sur de la mousse. Le sonomètre est 25cm plus loin et en hauteur de 25cm pour la mesure.


En rotation on note un léger avantage aux modèles WD, qui sont tous deux très proches, par rapport aux modèles Seagate. Ajouter un plateau rend le disque plus bruyant d'1 dBA, 0.9 à 1 dBA séparent WD et Seagate sur les modèles 4 To ce qui reste assez faible.

Lors d'accès l'écart s'amenuise à seulement 0.3-0.6 dBA : plus rapides et énergivores, les accès des WD Green/Red ajoutent également plus de bruit par rapport à celui de rotation que ceux de chez Seagate.


Page 12 - Conclusion

Conclusion
Les disques durs grand public de 4 To sont moins nombreux sur le marché que les 3 To, Toshiba étant par exemple absent de ce marché alors que Seagate ne propose pas de modèle 7200 tpm. Cet état de fait combiné à notre volonté de nous concentrer sur les disques à l'infrastructure la plus moderne, c'est-à-dire utilisant 4 plateaux de 1 To chacun, engendre logiquement un rapport de force assez proche entre les deux acteurs qui constituent ce qui est quasiment un duopole sur le marché du disque dur, à savoir Seagate et Western Digital.

Dans les deux cas on retrouve en effet des modèles destinés aux PC de bureau, les Desktop HDD.15 et WD Green, ainsi qu'une déclinaison utilisant a priori un hardware commun mais avec un firmware plus particulièrement destinée au NAS, les NAS HDD et WD Red. Ces versions plus onéreuses (20 € de +) bénéficient d'une garantie de 3 ans et permettent d'avoir accès au SCT ERC, qui peut être utile pour des systèmes RAID ayant tendance à éjecter trop rapidement un disque ne répondant pas, ainsi qu'aux commandes ATA Streaming destinées à optimiser la lecture et l'écriture de plusieurs flux vidéos temps réel.


On ne peut que regretter ce mimétisme qui semble peu bénéfique pour l'utilisateur final, a contrario de l'offre Toshiba sur les capacités inférieures qui propose des firmwares complets incluant ces fonctions sur les disques "classiques". En pratique à moins d'avoir vraiment besoin du SCT ERC, ce qui n'est malheureusement pas souvent documenté, vous pouvez partir sur un disque classique.

Entre les modèles Seagate et Western Digital, il est difficile de trancher tant ils sont proches. La manipulation des fichiers est plutôt à l'avantage des disques Seagate en lecture du fait de leur débit brut, mais en écriture cela dépend de la taille des fichiers. En applicatif ce sont les disques WD qui ont l'avantage, notamment grâce à un temps d'accès inférieur. Côté consommation c'est quasi un match nul, avec un avantage en rotation pour WD et lors d'accès pour Seagate, idem pour les températures. Enfin pour le bruit l'avantage est légèrement en faveur de WD, mais il est faible et encore plus réduit lors d'accès.

Si ces différences ne vous ont pas permis de choisir entre l'un ou l'autre des disques, au-delà du pile ou face et des préférences personnelles pour l'une ou l'autre des marques, les différences au niveau de la garantie peuvent vous guider. En effet si les durées sont identiques, seul Western Digital propose un service d'échange anticipé en Europe.


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