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8 SSD abordables de 32 à 64 Go
StockageSSD
Publié le Vendredi 24 Septembre 2010 par Marc Prieur

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Page 1 - Introduction



Si les SSD sont formidables sous de nombreux aspects, l’un d'eux reste problématique : le prix ! Certes, depuis notre premier article de septembre 2008 les choses ont évoluées et le prix au Go a été divisé par deux. Il n’en reste pas moins qu’il faut compter près de 200 € pour 80 Go, si bien que le seul moyen de baisser ce ticket d’entrée est de baisser la … capacité !


Bien entendu, il faut malgré tout avoir pouvoir stocker sur le SSD le système d’exploitation mais aussi les applications les plus utilisées, sans quoi on perd tout de même pas mal d’intérêt. De fait, le minimum de Go dépend beaucoup d’un utilisateur à l’autre, et si les SSD de 32 Go sont à réserver à ceux qui sont vraiment économes, que ce soit parce qu’ils optent pour un autre OS que Windows ou parce qu’ils utilisent des applications de petite taille, les SSD de 40 Go permettent déjà d’être plus à son aise, alors que ceux de 64 Go permettent même d’y installer quelques jeux en supplément.
Les SSD

Pour ce comparatif, nous avons sélectionné des SSD de moins de 64 Go utilisant des contrôleurs qui ont déjà fait leurs preuves sur les versions plus importantes. Ils permettent tous d’atteindre un niveau de performance élevé en écritures aléatoires, tout en supportant la commande TRIM nécessaire au maintient des performances :

- L’Indilinx Barefoot
- Le SandForce SF-1200
- Le Marvell 88S9174
- L’Intel PC29AS21BA0


Page 2 - Les SSD

Les SSD, suite

L’Indilinx Barefoot est présent au travers de 3 SSD. Tout d’abord, un Crucial M225 64 Go, une combinaison qui a fait ses preuves entre ce contrôleur et de la mémoire Flash MLC Samsung 45nm.


Les OCZ Onyx 32 et 64 Go se démarquent par l’utilisation d’un Barefoot bridé, également appelé Amigos. Le nombre de canal est divisé par deux et il gère un maximum de 8 puces. Sur la version 32 Go que nous avons pu ouvrir (la 64 Go provenant d’une boutique nous nous sommes abstenus) il s’agissait de 8 puces Intel MLC 34nm. La version 64 Go utilise a priori la même composition, si ce n’est que les puces passent de 4 à 8 Go pièces.


Trois SSD utilisent le SandForce SF-1200. Il s’agit des Corsair F40, F60 et OCZ Agility 2 40 Go. Ils utilisent tous des puces Intel MLC 34nm, respectivement 12x4 Go (48 Go), 16x4 Go (64 Go) et 12x4 Go (48 Go). Si la version 60 Go se réserve 12,6% de Flash pour son usage interne, on est donc à 27,2% sur le 40 Go, à comparer aux 6,8% usuels avec la plupart des autres SSD.


Le Marvell 88S9174 est utilisé uniquement au sein du Crucial C300 64 Go. Seul SSD SATA 6 Gbits, il dépasse les 300 Mo /s en lecture avec cette interface comme ces grands frères. Il intègre pas moins de 16 puces de 4 Go fabriquées par Micron en 34 nm.


Pour finir, l’Intel PC29AS21BA0 est utilisé au sein de l’Intel X25-V 40 Go. Utilisant un design simplissime, il ne contrôle que 5 puces de 8 Go Intel 34nm, alors qu’il peu dans l’absolu gérer la Flash sur 10 canaux.

Pour le test, nous avons utilisé le même protocole que celui de leurs grands frères.


Page 3 - Débits séquentiels

Débits séquentiels
Pour ces débits, nous utilisons IOMeter. Ce logiciel très flexible permet entre autre de travailler soit avec des données standard utilisées par la plupart des benchs et qui sont facilement compressibles (des séries de 0 ou de 1), soit avec des données aléatoires qui ne sont pas compressibles. Dans le premier cas, le DuraWrite de SandForce peut s’exprimer, et pas dans le second ou il devra écrire et relire bit à bit ou presque les informations. Les tests en donnés aléatoires sont marqués comme "/R" dans les graphiques. En pratique, les fichiers imposant que l’on doit manipuler sur un support de stockage sont déjà compressés (JPEG, DIVX, AVC, etc) et c’est donc plutôt le débit avec des données aléatoires qui est le plus réaliste.


Si les SSD de petite capacité s’en sortent bien en lecture, avec des débits allant de 125 Mo /s pour l’Onyx 32 Go à 266 Mo /s pour le Crucial C300 64 Go, le test en écriture est plus délicat. L’écriture a toujours été plus lente sur la Flash, et le fait d’utiliser des contrôleurs avec moins de canaux et/ou des mémoires Flash moins denses à un impact très visible sur l’écriture.

Si les SandForce de Corsair et OCZ font illusion avec des données fortement compressibles, quand ce n’est pas le cas le débit retombe à 70 Mo /s sur les versions 40 Go et 93,6 Mo /s en 60 Go. Pire, on tombe à 74 Mo /s sur le Crucial C300 64 Go, moins de 65 Mo /s sur les Onyx et même 41,9 Mo /s sur le X40-V d’Intel ! En fait seul le M225 64 Go, combinant un contrôleur Indilinx et de l’ancienne mémoire Samsung 43nm, garde un débit correct.

Nous tenons toutefois à indiquer que ces chiffres, s’ils sont bas, ne sont pas pour autant dramatiques : sur un support de stockage aussi petit, vous ne bougerez pas souvent des fichiers volumineux, si bien que l’écriture séquentielle ne devrait pas limiter. Il faut noter par ailleurs qu’en SATA 6 Gbits, le C300 64 Go dépasse comme ses grands frères 128 et 256 Go les 300 Mo /s. Qui dit SATA 6 Gbits dit toutefois contrôleur Marvell, et donc pilotes Microsoft uniquement pour bénéficier du TRIM, une association qui est moins performante que du SATA 3 Gbits avec les pilotes Intel dans les autres domaines, et donc pas forcément à privilégier.


On reste sur les accès séquentiels, mais cette fois avec des petits blocs de 4 Ko. Ceci va stresser un maximum le contrôleur au niveau de ces entrées / sorties. Le plus rapide en lecture est ici le X25-V 40 Go, alors qu’en écriture en dehors des SandForce avec des données compressible c’est le vieil M225 qui tire son épingle du jeu. On note que l’Agility 2 est ici bien moins rapide que le Corsair F40 : c’est en fait lié à une limitation à 10 000 IOPS sur le firmware de l’Agility 2 qui n’est pas présente sur le F40 qui peut monter jusqu’à 50 000 IOPS, comme c’est le cas sur le Vertex 2.


Page 4 - Débits aléatoires

Débits aléatoires
Ce sont sur les accès aléatoires que les SSD creusent l’écart sur disques durs, puisque les résultats sont liés à leur temps d’accès ultra-rapide.


Alors que le VelociRaptor est à la peine, les performances des SSD restent élevées. Du fait d’algorithme agressif de write combining, les performances en écritures sont mêmes généralement plus élevées que celles en lecture, le SSD transformant les écritures aléatoires au niveau de la table d’allocation des fichiers en écritures séquentielles au niveau de sa Flash. L’exception notable à cette règle se trouve chez Indilinx puisque les Onyx ou le M225 affichent des performances en écritures aléatoires inférieures à celles en lecture, mais elles restent toutefois très largement suffisantes pour une utilisation desktop, déjà 10x supérieures à un VelociRaptor. Ce sont les SandForce, avec des données compressibles, qui sont les plus rapides en écriture, mais si DuraWrite est mis de côté c’est alors le C300 qui tire son épingle du jeu.

Pour ce qui est de la lecture aléatoire, le Crucial C300 et les SSD à base d’Indilinx sont très proches. On retrouve en dernière place les SandForce avec des données non compressibles, avec un niveau de performances qui reste dans le pire des cas 30x supérieur à un VelociRaptor !


Page 5 - Débits aléatoires & NCQ

Débits aléatoires & NCQ
Comme en page précédente, nous mesurons ici les performances des SSD lors d’accès aléatoires mais en multipliant les accès simultanés. Grâce au NCQ et aux optimisations interne des SSD, ces derniers peuvent en effet pour certains voir leurs performances augmenter dans ce cas qui est typique d’une utilisation lourde.


En lecture, tous les SSD profitent du NCQ jusqu’à 4 commandes simultanées, au-delà les Indilinx ne voient pas leurs performances augmenter. C’est le C300 qui affiche les meilleures performances.


En écriture les choses se compliquent. Avec des données compressibles, les Corsair F40 et F60, qui ne sont pas bridés par firmware contrairement à l’Agility 2, explose les scores mais ils redeviennent standards avec des données incompressibles. Dans ce cas, le NCQ est même contreproductif. En fait seuls le X25-V et le C300 gagnent en performances avec les commandes concurrentes, mais le gain reste limité.


Page 6 - Gestions de fichiers

Gestions de fichiers
Nous passons maintenant à la gestion de fichiers. Sont relevés les débits en lecture et en écriture obtenus lors de la copie de divers ensembles de fichiers via Robocopy. Ces fichiers sont composés de la sorte :

- Gros : 6.8 Go de moyenne
- Moyens : 796 Ko de moyenne
- Petits : 44 Ko de moyenne

La source ou la cible lors de la lecture ou de l’écriture sur le SSD est un RAID de 6 disques VelociRaptor 150 Go montés sur une carte ARECA ARC1280ML PCI-Express x8 avec un strip size de 8 Ko. Sur le VelociRaptor intégré dans le graphique, les fichiers sont lus et écrits sur une partition qui débute à la moitié du disque.


Le C300 tire son épingle du jeu en lecture, quelque soit la taille des fichiers. Il est suivi du Corsair F60 et du X25-V, alors que les Onyx sont en queue de peloton.


En écriture, la pole position revient au Corsair F60 et au M225 64 Go. Les Onyx et le X25-V sont nettement en retrait.


Page 7 - Tests pratiques

Tests pratiques
Après les performances brutes, et la gestion des fichiers nous passons maintenant à des chiffres un peu plus parlants avec des chiffres pratiques. Alors que pour les autres tests, le SSD était en disque secondaire, nous le passons ici en disque primaire et après avoir installé Windows 7 64 bits nous chronométrons diverses taches :

- Démarrage de Windows 7
On mesure le temps nécessaire pour démarrer Windows 7, du début du chargement à l’apparition du bureau Windows.

- Démarrage de Windows 7 + diverses applications :
Il s’agit du temps nécessaire pour démarrer Windows 7, Adobe Photoshop CS 5, Excel 2010, Word 2010, PowerPoint 2010 et Outlook 2010.

- Lancement d’un niveau de Crysis :
On mesure le temps nécessaire pour lancer Crysis et un niveau du jeu directement lancé depuis une ligne de commande.

- Installation de Photoshop CS5 :
Il s’agit du temps pour installer Photoshop CS5 depuis l’archive téléchargée sur le site d’Adobe sur le SSD. L’installation se décompose en 2 temps, à savoir l’extraction des fichiers de l’archive, puis l’installation à proprement parler.

- Installation d’Office 2010 :
On mesure ici le temps nécessaire pour installer Office 2010 depuis une image présente sur le SSD.


Pas besoin d’un gros SSD pour améliorer sensiblement le temps de lancement de Windows ou des applications ! Comme le laissaient penser les chiffres obtenus en lectures aléatoires, ces SSD se comportent comme leurs grands frères et permettent d’améliorer très sensiblement la réactivité de la machine. Le C300 64 Go de Crucial est un peu plus rapide que les autres, mais tous les résultats sont bons.


Les gains sont cette fois bien plus réduits. Malgré des débits en écritures séquentiels réduit, le X25-V ou les Onyx n’affichent pas des performances catastrophiques dans ce domaine qui reste assez accessoire, surtout avec des SSD de petite taille.


Page 8 - Consommation

Consommation
Voici la mesure de consommation, au repos ainsi qu’en charge sous IOMeter en écriture séquentielle :


Au repos, les SSD sont très économes, contrairement à un disque qui doit faire tourner ses plateaux. En charge les écarts se creusent, mais on reste entre 1 et 2 watts seulement !


Page 9 - Conclusion

Conclusion
Le contrôleur est primordial dans le choix d’un SSD, et notre présélection basée sur nos tests précédents fait que les 8 SSD présents au sein de ce comparatif offrent tous des performances d’un très bon niveau. Bien entendu, du fait de la réduction du nombre de puces Flash ou de leur densité, les performances en écriture séquentielle sont généralement nettement inférieures à celles de leurs grands frères, mais cet aspect des performances reste accessoire, surtout avec de telles capacités.


En lecture, ces SSD offrent en effet de très bons niveaux de performances, que ce soit lors d’accès séquentiels et surtout lors d’accès aléatoires. Ils sont dans ce dernier cas du même niveau que les plus gros SSD, ce qui leur permet d’afficher des performances applicatives comparables.

OCZ Onyx 32 Go
Comparer les prix
OCZ Onyx 64 Go
Comparer les prix

Quels sont nos conseils en fonction de la capacité ? Un seul SSD 32 Go est présent, l’Onyx, et il sera logiquement le moins cher. Si vous n’avez pas le budget pour plus, ce SSD n’a pas de gros défaut, si ce n’est bien sur sa taille. Côté 40 Go, on a le choix entre le X25-V d’Intel et les SandForce SF-1200 (Corsair F40, Agility 2, mais aussi Vertex 2 ou G.Skill Phoenix qui sont sur des bases identiques). Les SandForce nous paraissent plus homogènes, le X25-V offrant un débit en écriture séquentielle vraiment bas. Encore une fois, ce n’est pas un point primordial, mais 42 Mo /s, voilà un chiffre qu’on n’avait pas vu depuis longtemps ! A contrario il ne faut pas se faire abuser par les chiffres affichés par les SandForce sur des données fortement compressibles, et qui sont ceux utilisés sur les fiches produits : avec des fichiers compressés, on est loin des 220-240 Mo /s, mais plutôt à 70 Mo /s.

OCZ Agility 2 40 Go
Comparer les prix
Corsair F60
Comparer les prix

Pour une capacité allant de 60 à 64 Go, on a le choix entre Indilinx sur l’Onyx 64, SandForce sur le Corsair F60 et Marvell sur le Crucial C300, le M225 n’étant plus produit. L’Onyx 64 a pour lui un prix très agressif, comparable aux modèles 40 Go, ce qui lui donne un avantage significatif. Le C300 de Crucial est pour sa part plus cher, mais il s’agit du modèle le plus performant. En effet, si le F60 est parfois plus rapide en écriture, le C300 est plus véloce en lecture, alors que c’est la lecture qui est prépondérante dans nos usages.

Intel X25-V 40 Go
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Crucial C300 64 Go
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