HardWare.fr


ATI et NVIDIA corrigent le fourmillement des LCD dans les films
DiversEcrans
Publié le Jeudi 7 Septembre 2006 par Vincent Alzieu

URL: /articles/635-1/ati-nvidia-corrigent-fourmillement-lcd-films.html


Page 1 - ATI et NVIDIA corrigent le fourmillement des films

Les cartes graphiques corrigent le fourmillement des vidéos
ATI et NVIDIA ne font plus qu’accélérer les jeux, les vidéos y passent aussi. Et si ça ne suffisait pas, voici qu’ils s’attaquent à en améliorer les images. Ils le font sur deux chapitres : réduction du bruit & renforcement des bordures. Mais tout d’abord, pourquoi se lancer là-dedans ? Et pourquoi est-ce moi, Vincent, qui traite ce sujet et non Damien ou Marc, nos spécialistes des cartes graphiques ? Car ce sujet a directement à voir avec nos écrans chéris ! Du coup, nous nous proposons de l’aborder avec un point de vue pratique : en quoi est-ce mieux ou moins bien, quels seraient les meilleurs réglages ?


Quel que soit leur format, les vidéos lues sont forcément compressées. Ce niveau varie, le débit d’images en est fonction. Avec le format H.264, retenu pour les prochains HD-DVD et Blu-Ray, on monte parfois à plus de 25 Mbits/s. Si la machine tient le choc, en particulier si l’accélération graphique est activée ou que vous disposez du bon codec de décodage, vous bénéficierez alors qu’une image plus précise, plus détaillée, aux couleurs plus vives... Bref, la HD c’est beau, c’est mieux que la SD, pas besoin de revenir dessus. Ok c’est plus précis, mais nous vous bassinons à travers tous nos comparatifs d’écrans avec ce sujet : ça fourmille toujours. Du moins, sur la plupart des LCD. A tel point que certaines technologies sont maintenant connues pour leurs faiblesses en vidéo. On sait qu’en principe, si on opte pour un moniteur LCD en technologie PVA, MPA, ASV, TN ou pire, IPS, il faudra s’écarter d’au moins 1,5 voire 2 mètres pour oublier ce fourmillement qui existe dans la vidéo, que la dalle accentue considérablement ensuite pour des histoires de dithering, d’overdrive, ou tout simplement du fait d’un système de commande imprécis... Seules technologies épargnées : les CRT (écrans à tubes) et dans une moindre mesure les LCD équipés de dalles Premium-MVA signées AU-Optronics (comme le Belinea 10 20 30W, le ViewSonic VX2025wm...). Les premiers ne dégradent pas la vidéo, les seconds pas beaucoup. Mais un peu quand même. Quand on sait que les ventes d’écrans se font désormais majoritairement en LCD, qui plus est en grande taille (plus de 19 pouces pour le commun des mortels, plus de 20 pouces semble-t-il pour les lecteurs de HFR), que la vidéo commence à envahir le web et qu’un nombre croissant d’utilisateurs utilise désormais son moniteur comme téléviseur d’appoint, assurer un meilleur rendu vidéo via sa carte graphique peut devenir un argument commercial aussi important que les quelques pourcentages de fps en plus ou en moins à niveau de prix égal.


Imaginez que pour le même prix qu’une autre normale, une carte annonce des performances dans les jeux comparables, une compatibilité HDCP pour assurer l’affichage des flux HD protégés et une absence totale de fourmillement quelle que soit la technologie d’écran. Déjà, tous les amateurs de 23, 24 et 30 pouces devraient tendre l’oreille car jusqu’à aujourd’hui (ça changera dans quelques semaines / mois) il n’existe sur ces diagonales que des dalles de type IPS et PVA. Soit deux technologies particulièrement touchées par ce problème de fourmillement.

Pour mettre en évidence les qualités et défauts des systèmes ATI et NVIDIA, nous avons utilisé une NVIDIA 7800GT avec les drivers 9.1.3.1, et une ATI Radeon X1800 XT d’ASUSTeK, en Catalyst 6.8. Première différence d’approche du problème : chez NVIDIA les options d’accélération sont désactivées par défaut, alors qu’ATI les active d’entrée.


Page 2 - La correction chez NVIDIA

La correction chez NVIDIA
Par défaut tout est désactivé. Pour profiter des nouvelles fonctions, il faut se rendre dans les options avancées de la carte graphique, choisir le nouvel affichage par icônes, sélectionner Vidéo & Téléviseur. Sous les menus, choisissez l’option d’Affichage avancé au lieu de standard (par défaut). Validez l’option Régler les paramètres des couleurs vidéo, puis sélectionnez le dernier onglet, Améliorations. voilà, on y est !

Deux options à zéro sont proposées : Amélioration des bords et Atténuation du bruit.


Nous avons repris l’un de nos scènes fétiche de test des écrans. C’est au début du film Matrix, Trinity parle au téléphone avec son père malade. Le mur a gauche de son visage est un exemple parfait de fourmillement, des défauts qui nous perturbent quand on a l’écran sous le nez. On en perçoit également dans les dégradés de son visage. C’est plus furtif, mais plus évident à mettre en évidence sur nos captures. C’est donc sur cette zone que nous allons nous concentrer pour illustrer les essais.
Le film a été diffusé sur un 20 pouces format 4/3, les captures ont été réalisée en plein écran


Nous avons alors joué à un petit jeu : nous avons fait varier les facteurs Amélioration des bords et Atténuation du bruit, puis capturé le résultat. Voici les conséquences sur des changements radicaux :
Par défaut : correction 0%
0% bord ; 100% bruit
100% bord ; 0% bruit

Opter pour des valeurs extrêmes permet de comprendre ce sur quoi ces paramètres interviennent, et leurs limites.
Par 0% bord ; 100% bruit, on entend bien sur qu’on a laissé l’option Amélioration des bords à 0, tandis qu’on passe celle d’Atténuation du bruit au maximum. Ici,, tous les reliefs de la peau sont gommés. Par défaut la joue et le front sont comme bosselés. Une fois la correction du bruit activée, ils deviennent lisses. Première conséquence : il n’y a plus du tout de bruit dans l’image. Toutes les zones sujettes à un fourmillement avant ne le sont plus du tout. C’est impressionnant, mais cela présente deux conséquences désagréables. Déjà, cela fige les zones. On a des aplats de couleurs au lieu de dégradés en mouvement. C’est gênant, un peu comme si les objets n’étaient pas composés d’un nombre suffisant de polygones. Les mouvements deviennent un peu plus grossiers, on perd des détails, on voit des plaques de couleurs. Deuxième effet négatif : la réduction se fait aussi sur le nombre de couleurs affichées. Les arrondis ne sont pas toujours heureux, en témoignent les plaques rouges au bord du nez et des lèvres de la jeune femme sur l’extrait ci-dessus. On ne peut pas les rater : elle a maintenant un visage très pâle avec deux grosses tâches de couleur.

100% bord ; 0% bruit : c’est évident, la netteté est meilleure, les traits sont fortement accentués. Tous, y compris les défauts de la peau. Trinity a pris 20 ans d’un coup. En plus, le bruit est fortement accentué dessus.

Il est clair qu’on ne peut pas se contenter des réglages extrêmes. Toutefois, la bonne nouvelle, c’est qu’un mieux semble trouvable. On devine qu’il est possible de diminuer le niveau de bruit et d’améliorer la précision des images, tout est après affaire de réglages.

0% bord ; 50% bruit
50% bord ; 50% bruit
50% bord ; 0% bruit

Finalement, après quelques réglages, nous en sommes arrivés à :

0% bord ; 0% bruit
20% bord ; 45% bruit

Le niveau de bruit ambiant a sensiblement baissé. Sur l’écran IPS retenu pour les tests, il est revenu à un niveau comparable à celui des bonnes dalles MVA. Les progrès étaient également visibles sur l’écran TN, avec quand même un fourmillement - léger - persistant.
Dans le même temps, la netteté des traits du visage, mais également sur l’ensemble des séquence, a été un peu améliorée, le tout sans faire apparaître de nouveau défaut évident.

Le résultat est convaincant, le progrès est évident. C’est une vraie bénédiction pour les utilisateurs exigeants.



Page 3 - La correction chez ATI

La correction chez ATI
L’approche d’ATI diffère de celle de NVIDIA. La fonction anti-bruit est activée dans les vidéos des DVD (SD, MPEG 2) depuis les Catalyst 6.4. Mais leur driver ne donne aucun accès aux options de correction de piqué et de bruit des vidéos. On doit donc d’une part se contenter de leurs réglages par défaut, d’autre part on ne peut pas le couper. Nous avons donc comparé avec et sans l’option, en passant de la version 6.3 de Catalyst à la 6.8 (la dernière parue à ce jour).

Nous avons fait passer plusieurs écrans dessus : c’est subtilement mieux avec la dernière version des Catalyst. Vous apprécierez le jugement tout en nuance : il faut en fait un peu se concentrer pour détecter le mieux en question. Mais déjà, sans s’approcher autant, de loin même, on note quelques différences de rendu des films entre ATI et NVIDIA :

Matrix, sur ATI

Matrix, sur NVIDIA


Ce n’est pas parce que l’une semble "plus belle" que l’autre qu’elle est plus juste, et il est toujours possible de modifier les réglages colorimétriques pour les vidéos. Il y a simplement que ATI semble pousser un peu les hautes lumières, sans doute en jouant un peu sur le gamma.

Après, si l’on regarde de plus près, voici ce que donne la vidéo ATI en Catalyst 6.3, sans correction donc, en Catalyst 6.8, avec correction, puis ce que nous avons obtenu de mieux chez NVIDIA avec notre réglage personnel :
ATI + Catalyst 6.3
ATI + Catalyst 6.8
NVIDIA

Attachons nous d’abord aux deux images ATI. A première vue elles sont identiques. A première vue seulement. Si vous regardez d’un peu plus près, les dégradés plus foncés sur la joue, vous verrez qu’ils sont plus doux sur la version Catalyst 6.8. Les transitions de couleur sont moins brutale, l’image est plus lisse. Dans les films cela se traduit par un fourmillement un peu moins marqué. Pas nul, mais plus léger. Qu’on essaie un écran IPS ou un TN, dans les deux cas les vidéos sont plus belles avec les Catalyst 6.8. Sur CRT et LCD MVA, ça ne change rien. C’est déjà bien : ça ne dégrade pas leurs déjà bon rendus.

ATI vs NVIDIA : l’image NVIDIA est moins contrastée, et de ce fait encore plus douce... et moins bruitée. Sur les écrans IPS et TN, la correction que nous avons apportée manuellement est plus efficace sur les scènes testées qu’avec les paramètres ATI. Si vous êtes sensible au bruit, la solution NVIDIA laisse pour l’instant plus de liberté, et permet de trouver un réglage meilleur selon nous que celui imposé par ATI, qui est néanmoins déjà appréciable.
ATI + Catalyst 6.3
ATI + Catalyst 6.8

On voit bien sur ce second exemple que le lissage est doux avec les Catalyst 6.8. Il est néanmoins bien là, comme on s’en rend compte sur la joue dont une partie des couleurs ont été reconstituées : certaines zones d’aplats ont été corrigés en dégradés plus agréables, plus proche de ce que l’image devrait effectivement être. A nouveau, c’est subtil mais plus réussi sur la dernière version des drivers.


Page 4 - Conclusion

Conclusion
La correction des vidéos en est au début. On s’en est rendu compte à l’usage, seule la correction des séquences SD, de type DVD, est activée. Toutefois, comme en témoigne ce document fourni par NVIDIA la prochaine étape consiste à l’implémenter aussi sur la HD :


Aux dires de NVIDIA, la correction en HD serait moins impressionnante qu’en SD (soit dit en passant, cette correction est active sur toutes les séquences SD : MPEG 2, DivX, QuickTime...). Ça semble logique effectivement, on part d’un niveau de précision déjà bien supérieur en HD. Néanmoins, même sur des séquences encodées à 25 Mbits/s, on perçoit encore parfois du fourmillement. Donc cette implémentation devrait faire du bien.
Bilan
Ce n’est pas courant, nous sommes vraiment satisfaits. Oui, la correction des vidéos est une bonne chose ; oui, elle vient compenser les défauts des trop nombreux LCD qui tendent à accentuer à outrance les défauts de compression des séquences. On rappelle d’ailleurs que ces défauts ne sont pas une fatalité, que la qualité de l’encodage n’est pas seule responsable de ce bruit. Ceux qui disposent encore d’un CRT peuvent en témoigner, les adeptes d’écrans P-MVA 8 ms aussi. A défaut d’écrans récents qui ne fourmilleraient pas, on est donc satisfait de cette avancée.

Après, pour ce qui concerne le duel ATI vs NVIDIA, nous avons pour l’instant une préférence pour la solution NVIDIA (ici une Point of View GeForce 7800 GT). Manuellement, après quelques tâtonnements, nous sommes arrivés à une correction plus efficace sur notre carte qu’avec la carte ATI qui lui était opposée (une ASUSTEK X1800 XT). On aimerait simplement qu’ATI laisse plus de choix à ses adeptes, qu’ils nous laissent choisir librement nos paramètres. Espérons que cette personnalisation sera intégrée dans une prochaine version des drivers.


Copyright © 1997-2026 HardWare.fr. Tous droits réservés.