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ATI CrossFire - Le test
Cartes Graphiques
Publié le Lundi 26 Septembre 2005 par Damien Triolet

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Page 1 - Introduction, retard, Compositing Engine



Alors que tout le monde attend avec impatience l´arrivée de la nouvelle génération de GPUs ATI, c´est avec CrossFire que le fabricant canadien a décidé d´ouvrir le bal. Présenté en mai dernier, le concurrent du SLI arrive enfin. Répond-il aux attentes ?


Du retard
Lorsque ATI a annoncé CrossFire, cela faisait 11 mois que Nvidia avait annoncé le SLI et 6 mois qu´il était disponible, il était donc grand temps pour les rouges de réagir, d´autant plus que le service marketing de Nvidia avait très bien travaillé notamment en usant d´astuces pour faire apparaître le SLI comme une technologie dont l´utilisation se répandait très rapidement afin d´amorcer un effet d´entraînement et de finir par augmenter ses ventes de chipsets et de cartes graphiques. S´il ne fait aucun doute que les chipsets nForce 4 connaissent un énorme succès (mérité), la quantité réelle d´utilisateurs du SLI est beaucoup plus floue. Mais peu importe en terme d´image ATI se devait de réagir rapidement, peut-être trop rapidement puisque CrossFire annoncé fin mai arrive seulement aujourd´hui soit 4 mois plus tard, ce que Nvidia n´hésite pas à dénoncer (en oubliant au passage avoir fait la même chose avec un paper launch de 5 mois sur le SLI).

Pourquoi ce retard ? ATI parle de problème avec le câble d´interconnexion de CrossFire et de recul stratégique, mais pour notre part et bien que ces 2 éléments fassent probablement partie des raisons, nous tablons principalement sur une annonce faite alors que les drivers étaient encore à l´état d´ébauche, ce qui signifierait qu´ATI savait très bien que CrossFire ne serait pas disponibles aux dates annoncées (à partir de juillet) et que les tests ne seraient pas effectués en juin. Lors de l´annonce de CrossFire, ATI a présenté une technologie sympathique et bien pensée qui reprenait les capacités du SLI en comblant ses lacunes, tout en promettant plus de gains au niveau des performances, ce que nous vous avions décrit dans notre preview.


Compositing Engine
Etant donné qu´ATI a été surpris par le SLI de Nvidia, il n´avait pas d´intégration de technologie similaire prévue dans ses GPU ce qui l´a forcé a trouvé une solution externe : le Compositing Engine. Cette solution aurait pu être un petit boîtier externe ou une carte additionnelle mais ATI a décidé de l´intégrer directement sur ses cartes graphiques ou plutôt de sortir des déclinaisons avec Compositing Engine de ses Radeon X800 et X850 ce qui a donné naissance aux Radeon X800 et X850 CrossFire Edition, qui ne sont pas encore disponibles mais ne devraient pas tarder à l´être et dont l´utilisation est bien entendu obligatoire pour pouvoir utiliser CrossFire.


Le Compositing Engine englobe un récepteur DVI Texas Instrument (au lieu du Silicon Image de la preview), une puce FBGA Xilinx et sa ROM ainsi qu´un RAMDAC et un émetteur DVI.


L´utilisation d´un Compositing Engine a des avantages et des inconvénients. Il permet d´améliorer les performances puisque ce n´est pas le GPU maître qui doit s´occuper de l´assemblage du travail de chacun mais en contrepartie il augmente le coût de la carte et demande la production de nouvelles cartes graphiques. ATI a décidé de prendre ce coût à sa charge en commercialisant les cartes CrossFire Edition au même prix que les cartes classiques.


Le connecteur externe CrossFire et les connecteurs internes SLI flexibles et rigides.

Pour relier les 2 cartes entre elles, ATI a décidé d´utiliser ingénieusement la sortie DVI de la carte classique. Si l´idée nous a paru élégante au départ force est de constater qu´elle souffre d´un gros problème : elle est limitée au 1600x1200 en 60 Hz. Comme les utilisateurs d´écrans 1920x1200 le savent il est malgré tout possible de sortir dans cette résolution avec les sorties DVI mais au prix d´une astuce qui n´est visiblement pas utilisable avec CrossFire. Il s´agit là du gros point noir de la technologie d´ATI : limitée au 1600x1200 en 60 Hz que ce soit en DVI ou en VGA (alors que dans notre preview nous tablions sur du 1920x1200 75 Hz, ce qui correspond au ramdac utilisé). Les utilisateurs de très grands écrans TFT devront donc passer leur chemin, tous comme ceux de CRT qui tiennent à leurs yeux. Dommage.


Page 2 - Chipset, SLI 32, modes de rendu

Le chipset
ATI a décidé du lancement de CrossFire pour essayer de débarquer sur le créneau des chipsets haut de gamme avec les RD400 et RD480 (Intel et AMD) ce qui n´est pas une mince affaire tant les chipsets nForce 4 y font l´unanimité. Ces deux chipsets portent le même nom : Radeon Xpress200 CrossFire Edition.


Malheureusement pour ATI son chipset a été développé de manière et être bon marché et réussi très bien sur créneau. Mais sur le haut de gamme, ces chipsets paraissent rapidement trop légers : pas de réseau gigabit géré nativement, pas de firewire, pas de SATA 3G, pas de NCQ, pas de modes RAID avancés (uniquement 0 et 1) bref pas grand-chose. ATI a pourtant fait évoluer son southbridge qui passe en version SB450 (SB400 auparavant) et apporte la gestion de l´Intel High Definition Audio.

Les divers fabricants de cartes-mères devront donc faire appel à des puces de tierce partie s´ils veulent proposer ces fonctions, c´est d´ailleurs le cas sur la carte de référence qu´ATI nous a fournie qui intégré un contrôleur SATA 3G de Silicon Image, un contrôleur FireWire de VIA et un contrôleur réseau gigabit PCIE de Marvell.


SLI 32
Il y a peu, Nvidia a annoncé une évolution de son nForce 4 SLI, le nForce 4 SLI 32 qui dispose de 2 vrais ports PCI Express 16x au lieu des 8x habituels. Asus a pu nous fournir une A8N32-SLI Deluxe qui est la première carte à intégrer ce chipset. Tout comme l´A8N-SLI Premium, elle est entièrement passive mais dispose cette fois d´un double heatpipe en cuivre afin de refroidir correctement les 2 composants du nForce 4 SLI 32 et une moitié de l´étage d´alimentation qui est ici de type 8 phases (l´autre moitié dispose également d´un dissipateur) ce qui ravira les amateurs de fiabilité et d´overclocking.

Nous comptions intégrer cette carte-mère dans le comparatif CrossFire – SLI, mais nous avons abandonné rapidement cette idée puisque le gain est parfaitement nul, ce qui n´est pas illogique même si on aurait apprécié un petit gain. Nous l´avons cependant utilisée pour des tests plus spécifiques.


Performances PCIE
La carte-mère ATI que nous avons testée est destinée à la plateforme AMD et n´influe donc pas sur les performances processeur et mémoire. Nous avons cependant vérifié les performances de ses 2 ports PCI Express graphiques et les avons comparés à ceux du nForce 4 SLI et du nForce 4 SLI 32 :


Le chipset d´ATI s´avère ici nettement moins performant que les 2 chipsets Nvidia. Par contre le SLI 32 n´apporte pas grand-chose ce qui est étonnant puisque c´est dans ce genre de test spécifique qu´il devrait prendre un net avantage. Nvidia n´a peut-être pas encore optimisé ses drivers pour tirer profit de cette bande passante doublée. Nous avons testé les 81.26 et bien qu´ils apportent quelques pourcents de mieux, la bande passante doublée ne semble pas être utilisée non plus.


Les modes de rendu CrossFire
L´un des avantages de CrossFire est de disposer de plus de modes de rendus que le SLI ce qui selon ATI permet de profiter de la technologie multi-GPU dans tous les jeux sans qu´u profil ne soit nécessaire.


L´AFR qui consiste à faire calculer les images impaires à un GP et les images paires à l´autre, est le mode qui permet les plus gros gains de performances mais celui-ci n´est pas compatible avec tous les jeux étant donné que certains utilisent des éléments du rendu sur plusieurs images. Par exemple si un tel élément est utilisé pour deux images, il sera calculé avec la première, or la seconde est calculée par l´autre GPU qui n´a du coup pas accès à l´élément en question à moins de réduire fortement les performances soit l´avantage de l´AFR qui n´est donc activé que pour les jeux qui peuvent en profiter. Cela induit l´utilisation de profils tant chez Nvidia que chez ATI.

Le SFR consiste lui à diviser l´écran en deux, chaque GPU se chargeant d´une partie. Chez ATI la séparation n´est pas fixe mais peut être placée, par ATI et via un profil spécifique au jeu, au meilleur niveau (par exemple 1/3, 2/3). Chez Nvidia la limite varie dynamiquement ce qui permet une meilleure efficacité et donc de plus gros gains de performances. C´est pour cette raison qu´ATI ne l´utilise qu´en dernier recours, c´est-à-dire par défaut en OpenGL (séparation horizontale) et par défaut en D3D avec les cartes 12 pipelines (séparation verticale cette fois).

ATI avait donc besoin d´un mode plus performant que son SFR et fonctionnel dans tous les jeux ou presque. C´est ici qu´intervient le SuperTiling qui est utilisé par défaut en D3D et donc utilisable dans tous les jeux sauf si ceux-ci ont un profil qui force un autre mode, ce qui marque une différence avec Nvidia qui n´a pas de mode par défaut, autrement dit avec les GeForce, pas de profil, pas de multi-GPU, à moins bien entendu de le forcer via le panneau de contrôlé et de le configurer plus finement avec les coolbits. Le SuperTiling consiste à diviser l´image en un damier, la moitié des cases étant alors rendues par un GPU et l´autre moitié par l´autre. Ce mode souffre de la même limitation que le SFR, à savoir qu´il n´augmente pas la puissance de calcul géométrique (contrairement à l´AFR). Etant donné qu´ATI ne dispose pas de mode SFR dynamique, le SuperTiling lui permet de gagner en efficacité puisque statistiquement la charge est répartie automatiquement d´une manière égale entre les 2 cartes graphiques.

Le quatrième mode est le Super AA dont nous vous parlons en détail dans la page suivante.


Page 3 - Super AA

SuperAA
Lors de l´annonce de CrossFire cette technologie était une première et permettait à ATI de pouvoir faire profiter tous les jeux du CrossFire, même ceux qui, trop vieux, sont déjà jouables en très haute résolution, et ceux qui auraient pu poser problème avec les autres modes de rendu. Bref le SuperAA permet de toujours pouvoir utiliser le CrossFire. Enfin en théorie puisqu´il ne fonctionne pas en OpenGL.

Vexé de voir son concurrent arriver tardivement sur le créneau du multi-GPU grand public et d´en plus oser annoncer une technologie plus diversifiée, Nvidia a rapidement réagit en lançant le SLI AA et ce il y a plus de 2 mois ! Similaire, cette technologie a cependant un gros point faible tout du moins dans sa version actuelle : les données ne passent pas par le connecteur SLI comme c´est le cas habituellement mais bien par le PCI Express (en passant par le chipset et la mémoire centrale), ce qui saccage littéralement les performances et laissait présager un gros avantage chez ATI à ce niveau.

Mais il n´en est rien puisque le SuperAA souffre de la même limitation et passe par le PCIE lui aussi mais directement de carte à carte ce qui devrait lui laisser plus de marge en pratique bien que le chipset ATI n´offrent pas autant de bande passante PCI Express utilisable que les chipsets Nvidia comme l´a montré le test de la page précédente.


SuperAA contre SLI AA, Nvidia en sort vainqueur avec le 7800 GTX ce qui est logique par contre le 6800 Ultra est complètement largué. A cause de l´absence du support natif du PCI Express ?

Mais quoi qu´il en soit, dans tous les cas les performances sont faibles puisque les données doivent passer par le PCI Express ce qui ajoute de la latence mais ce n´est tout : lorsque SLI et CrossFire fonctionnent de cette manière, le GPU qui envoie une image ne peut pas travailler sur la suivante tant que la première n´a pas été envoyée, ce qui veut dire que le temps de calcul effectif devient temps de calcul réel + temps d´envoi, ce qui peut réduire fortement les performances et nous amène à nous poser des questions sur ces modes de FSAA : ils sont gourmands et donc à réserver aux jeux simples, mais alors avec ceux-ci le temps de calcul de l´image est inférieur au temps de transfert donc il aurait probablement été plus rapide de traiter les 2 images sur une seule carte graphique. Dès lors à quoi ça sert ?


Le SLI 32 n´est pas de grand secours ici et pourtant c´est là que nous avons remarqué les plus gros gains…

Qualité du FSAA
Etant donné que CrossFire ne fonctionne pas en mode fenêtre, nous n´avons pas pu faire nos screenshots habituels pour la comparaison des différents modes. Nous nous sommes donc tournés vers des screenshots sous Half Life 2.


De gauche à droite : ATI sans FSAA, 2x, 4x, 6x, SuperAA 8x, SuperAA 10x, SuperAA 12x, SuperAA 14x.



De gauche à droite : Nvidia sans FSAA, 2x, 4x, 4x + Transparency SSAA, 8xS, SLI AA 8x, SLI AA 16x, SLI AA 16x + Transparency SSAA.


Globalement ATI filtre mieux les câbles électriques ce qui est logique étant donné qu´ATI dispose d´un moteur de FSAA plus avancé et programmable qui lui permet de choisir la position idéale pour les différentes samples contrairement à Nvidia qui utilise un modèle fixe. Par contre le Transparency AA permet à Nvidia de mieux filtrer les branches d´arbre et les grillages. Au final le meilleur compromis nous semble être le FSAA 4x + Transparency chez Nvidia, alors que le SLI 16x + Transparency SSAA offre globalement la meilleure qualité étant donné qu´il en profite pour améliorer la netteté des textures.


Page 4 - CrossFire en pratique

CrossFire en pratique
Pour ce test, ATI nous a fournit une carte-mère Xpress 200 CrossFire Edition de référence ainsi qu´une Radeon X850 XT et sa variante CrossFire Edition. Pour rappel, la carte X850 CrossFire Edition est cadencée aux fréquences de la X850 XT et peut s´associer à n´importe quelle X850. Il en va de même pour la X800 CrossFire Edition 256 Mo qui est similaire à la Radeon X800 XL tout comme sa version 128 Mo mais son intérêt nous semble discutable étant donné que CrossFire et SLI ne permettent as d´économiser de la mémoire et que leur utilisation vise les hautes résolutions, 256 Mo sont conseillés.


Nous n´irons pas par quatre chemins : cette carte-mère est loin d´avoir un niveau de qualité et de fiabilité requis pour être commercialisée tant nous avons rencontré de petits problèmes dont un très gênant : elle n´acceptait de s´initialiser qu´avec certains modules mémoire. Gênant sur une machine de test ce serait inacceptable pour un produit disponible dans le commerce.

Nos problèmes ne se sont malheureusement pas arrêtés-là puisque lors de l´installation de la carte CrossFire Edition nous sommes tombés sur un problème étrange : la sortie CrossFire refusait de détecter nos CRTs et donc d´y afficher quoi que ce soit. Après en avoir parlé avec quelques confrères il semble apparaître que la sortie CrossFire ne reconnaît que certains écrans, nous ne disposions malheureusement pas d´un CRT qui a eu cette chance et nous nous sommes donc tournés vers un TFT qui cette fois a été détecté correctement. Encore une fois ce sera inacceptable sur un produit du commerce et nous ne savons pas avec précision d´où vient le problème : des samples de tests ? uniquement de quelques-uns de ces samples ? des drivers ?

Nos problèmes ne se sont pas arrêtés-là puisque par la suite lorsque nous avons voulu faire des tests spécifiques nous avons eu la mauvaise surprise de constater que CrossFire ne fonctionnait pas. Après en avoir parlé avec ATI, nous avons appris que c´était normal : CrossFire ne fonctionne pas en mode fenêtré, contrairement au SLI qui l´accepte sans broncher.

Ensuite nous n´avons pas pu activer CrossFire lorsqu´une X800 XT était couplée à la X850 XT CE. En fait le driver empêche, tout du moins dans sa version actuelle, l´association de cartes X800 et X850 alors que rien ne l´empêche. Notez que nous avons pu associer la X850 XT CE avec une X800 GTO. Comment est-ce possible ? Celle-ci utilise une puce R480 et est donc détectée comme une X850 Series par le driver qui autorise donc le fonctionnement de CrossFire. Situation qui peut virer au ridicule s on envisage que pour la même raison une X800 GT, carte de milieu de gamme, pourrait elle aussi être associée à la X850 XT CE alors que la X800 XT pourtant très proche ne le pourrait pas ? ATI devrait régler ça rapidement via de nouveaux drivers.

Et enfin, dernier problème gênant, le paramètre du FSAA du Catalyst Control Center perd parfois la tête et décide de le désactiver mais sans modifier le paramètre qui reste sur le mode indiqué. Une fois ce problème enclenché, les modifications ne sont effectives que les mouvements impairs. Par exemple si le FSAA est en mode 4x et décide de se désactiver, bien que le paramètre reste sur 4x, il faut passer en mode 6x (6x réel), puis 2x (désactivé à la place) et enfin en mode 4x pour que celui-ci fonctionne à nouveau… jusqu´à la prochaine coupure. Inutile de vous dire que ce genre de chose est pénible lorsque l´on doit effectuer de nombreux tests.


Enfin ! Ca marche !
Une fois la bonne mémoire utilisée, le bon écran raccordé, avoir fait une croix sur le mode fenêtré et appris à maîtriser le FSAA, nous pouvons commencer les tests. Activer CrossFire est très simple, il suffit de cocher la case dans le Catalyst Control Center, d´attendre les quelques secondes d´hésitation habituelle du logiciel et de le fermer. Aucun reboot n´est nécessaire, ce qui est bien plus pratique qu´avec le SLI de Nvidia qui devrait bientôt proposer la même chose avec la release 80 de ses drivers..


Par contre lorsqu´une carte 12 pixel pipelines (par exemple X800 GTO) est associée à une carte CrossFire Edition (qui ont toutes 16 pixel pipelines), cette dernière doit en aligner son nombre et donc en désactiver 4. Cette opération nécessite alors un reboot mais reste effective par la suite quand on désactive et réactive CrossFire. Notez qu´un énième problème apparaît lorsque l´on veut récupérer les 16 pipelines sur la carte CrossFire Edition, ce cas n´ayant pas encore été prévu. Le système peut donc désactiver des pixel pipelines mais pas en réactiver, il faut donc désinstaller complètement les drivers et les réinstaller.

L´ouverture de la page CrossFire dans les drivers agit comme détecteur du bon fonctionnement de la technologie. Si un problème est détecté il est désactivé (par exemple câble CrossFire débranché), CrossFire est désactivé et/ou son activation n´est plus possible. Ce système vous empêche donc de faire une erreur, par exemple au niveau de vos connexions.

Nous avons donc testé CrossFire avec une X850 XT CrossFire Edition couplée à une X850 XT et à une X800 GTO. Et là enfin, CrossFire fonctionne, et quand il fonctionne, il fonctionne bien, voire même très bien !


Configuration de test
- Asus A8N-SLI Premium
- AMD Athlon 64 4000+
- 2x 512 Mo DDR PC3200 Kingston
- Windows XP SP2
- ForceWare 78.03
- Catalyst 5.9


Page 5 - Half-Life 2, Doom 3

Half Life 2

Sous Half Life 2, ATI domine globalement en parvenant à se positionner devant les 2 7800 GTX de Nvidia ce qui est pas mal bien qu´il faille tenir compte du fait que le jeu es fortement limité par le CPU.

Doom 3

Sous Doom 3, c´est le contraire et Nvidia est largement devant. Il faut à ATI 2 X850 XT PE pour dépasser une 7800 GTX et 2 X800 GTO pour dépasser une 6800 Ultra. Vous remarquerez que la solution à base de CrossFire et de X800 GTO s´en sort assez bien malgré les pipelines désactivés.


Page 6 - Far Cry, SCCT

Far Cry

La 7800 GTX, plus récente est logiquement devant avec FSAA mais les X850 et X800 ne s´en sortent pas trop mal et n´ont aucune difficulté à dépasser leurs adversaires directs, les 2 X800 GTO égalent les 2 6800 Ultra et dépassent la 7800 GTX seule. Etant donné que les Radeon X8xx ne supportent pas le filtrage et blending en FP16, Nvidia est le seul à pouvoir profiter du HDR dans Far Cry.

Splinter Cell Chaos Theory

Ici la situation es globalement équilibrée, X850 XT et 6800 Ultra sont très proches et la 7800 GTX est devant. Les cartes ATI peuvent cette fois faire tourner le mode HDR mais celui-ci n´est pas du même niveau de qualité que celui de Nvidia. Par contre, les autres effets activés en même temps sont rendus de la même manière sur toutes les cartes.


Page 7 - CM05, NFSU2

Colin McRae 05

ATI, comme d´habitude, semble particulièrement apprécier les jeux de voiture et se permet de dépasser les 7800 GTX sans qu´une limitation CPU puisse contester le résultat. Une seule X850 XT est aussi performante que 2 6800 Ultra dans ce jeux et la GTO est devant la 6800 Ultra seule.


Need for Speed Underground 2

Situation similaire dans NFSU2, même si les 7800 GTX s´en sortent très bien sans FSAA. Une fois les filtres activés, les GeForce sont larguées. Un bug affecte la 6800 Ultra quand elle est utilisée seule : l´affichage, y compris dans les menus passe à une framerate qui se compte en secondes par images, ce qui empêche de lancer le jeu.


Page 8 - Pacific Fighters, Act of War

Act of War

Sous Act of War c´est Nvidia qui largue complètement ATI. CrossFire ne peut rien y faire et en fait n´y fait rien puisqu´il n´influe pas sur le score. Probablement un bug dans les drivers…

Pacific Fighters

Situation identique ici, Nvidia domine. Par contre CrossFire apporte ici un gain bien qu´il soit contenu puisque c´est la première fois que les 2 X800 GTO ne parviennent pas à dépasser la X850 XT. Notez qu´une fois CrossFire activé, les FPS augmentent mais des saccades gênantes apparaissent. Nvidia avait rencontré un problème similaire il y a quelques mois et l´avait corrigé via de nouveaux drivers. AT devrait en faire de même.


Page 9 - Conclusion

Conclusion
CrossFire à base de X800-X850 arrive tard, très tard ou plutôt trop tard. Quel marché lui reste-t-il ? Les personnes qui veulent monter une machine très haut de gamme préfèreront se tourner vers du 7800 GTX, qui supporte les dernières technologies ou attendre quelques jours l´arrivée de la nouvelle génération de GPUs ATI et si elles avaient envisagé CrossFire, nous leur conseillons vivement d´attendre.

Le marché de l´upgrade est très réduit puisque pour faire une mise à jour vers CrossFire il faut déjà posséder une X800 ou une X850 en PCI Express qui sera forcément déjà en train de tourner sur une carte-mère qui n´est pas compatible CrossFire étant donné que seul le tout nouveau chipset d´ATI l´est. Remplacer une carte-mère nForce 4 sur laquelle tournent en général les cartes PCI Express par une Radeon Xpress200 serait ridicule puisque le seul gain serait la possibilité d´utiliser CrossFire. Couplé au prix de la seconde carte graphique, autant revendre sa Radeon X800/X850 et opter pour une carte plus récente, d´autant plus que le Radeon Xpress200 CrossFire Edition n´est pas très fourni niveau équipement moderne et n´est pas un foudre de guerre au niveau des performances, ce qui n´est pas négligeable bien que ses lacunes ne soient pas un gros problème à l´usage.


Dans l´état actuel des choses, pour que CrossFire soit intéressant il faut avoir le besoin de changer de carte-mère, une Radeon X800/X850 PCIE, de la mémoire acceptée par la carte-mère, un écran accepté par CrossFire et ne pas avoir l´envie de dépasser le 1600x1200 en 60 Hz ! Qui correspond à ce profil ? Quand bien même les bugs de la mémoire et de l´écran seraient corrigés ?

A qui s´adresse donc la technologie CrossFire à base de X800/X850 ? A très peu de personnes en fin de compte et ATI le sait depuis longtemps. Le fabricant canadien devait lancer une solution comparable au SLI de Nvidia et le CrossFire testé aujourd´hui est probablement destiné à gagner du temps. En l´état actuel des choses, nous n´avons donc pas vraiment de raison de vous poussez vers l´achat d´un système CrossFire, mais par contre nous vous conseillons vivement d´attendre quelques jours que la situation s´éclaircisse si vous envisagez l´achat d´un système très haut de gamme ou d´une plateforme évolutive. Si vous ne pouvez pas attendre, le nForce 4 SLI reste la solution la plus sûre au jour d´aujourd´hui.

Ceci étant dit, quand il fonctionne, CrossFire à démontré des choses intéressantes et la technologie est loin d´être mauvaise puisqu´elle amène une redoutable efficacité qui lui permet d´afficher des performances de haut vol. Si ATI peut conserver celles-ci, faire sauter la limitation de la résolution, peaufiner ses drivers et finaliser l´ouverture de sa technologie (notamment avec les chipsets Intel), une fois couplé à sa prochaine génération de GPUs, CrossFire pourrait bien donner du fil à retordre à Nvidia.


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