HardWare.fr


Intel Pentium 4 E « Prescott »
Processeurs
Publié le Lundi 2 Février 2004 par Marc Prieur

URL: /articles/489-1/intel-pentium-4-e-prescott.html


Page 1 - Introduction



Depuis son lancement en Novembre 2000, l’architecture NetBurst incluse au sein du Pentium 4 a connu une évolution majeure. En effet, du core Willamette de l’époque, on est passé ensuite en Janvier 2002 au core Northwood. On passait alors d’une gravure en 0.18µ à une gravure en 0.13µ, de 42 à 55 Millions de transistors, et de 256 à 512 Ko de cache de second niveau. En ce mois de Février 2004, Intel lance, après trois mois de retard, une nouveau core intégrant l’architecture NetBurst, c’est le Prescott.
La gravure du Prescott
Les nouveautés apportées par le Prescott sont diverses. Cette fois, on passe à pas moins de 125 Millions de transistors, gravés en 0.09µ sur un die d’une surface de 112mm², contre 131mm² pour le Northwood et 217mm² pour le Willamette. Grâce à cette finesse de gravure, Intel est donc parvenu à avoir un die plus petit, ce qui lui permet de graver plus de processeurs sur une même galette de silicium alors que ces derniers disposent de plus du double de transistors. Le coût de production est donc réduit.



On notera toutefois que contrairement à AMD, Intel n’utilise toujours pas de technologie de type SOI (Silicon On Insulator) qui permet d’éliminer certaines fuites de courant liées à l’abaissement de la gravure. De son côté, la technologie strained silicon (silicium tendu), permet d’accélérer le passage des électrons au sein du transistor en espaçant tout simplement les atomes de silicium. Il est à noter que le 0.09µ devrait nous accompagner pendant plus d´un an et demi, l´arrivée du 0.065µ chez Intel étant prévue pour fin 2005 / début 2006.
La face visible du Prescott
La micro-architecture NetBurst a également évoluée au sein du Prescott. Ainsi, de 20 étages, le pipeline pour le calcul d’entiers passe à 31 étages, contre 10 pour rappel sur ce bon vieux Pentium. La subdivision de certaines parties de l’exécution d’une instruction a un gros avantage : elle permet d’augmenter la fréquence maximale que peut atteindre une architecture donnée, mais au dépend d’une efficacité par cycle d’horloge réduite.

Cela est en fait dû aux dépendances inhérentes à un programme informatique, puisque afin d’exécuter une instruction il est dans de nombreux cas nécessaire d’attendre le résultat de la précédente. Afin d’alimenter continuellement le pipeline, il est nécessaire de prédire quel sera ce résultat, c’est ce qu’on appelle la prédiction de branchement. Le problème, c’est que lorsque vous faites une erreur dans cette prédiction de branchement, il faut remettre à 0 le pipeline, et plus le pipeline est long, plus cette opération est pénalisante.

Afin de compenser en partie la perte de performance inhérente à l’allongement du pipeline, Intel s’est attelé à améliorer cette prédiction de branchement. Selon les chiffres fournis par le géant de Santa Clara, sous SPECint_base2000 les erreurs de prédiction de branchement, très pénalisantes en terme de performances, sont réduites de 12.2% sur le Prescott par rapport au Northwood.

Au niveau des unités d’exécution, Intel a amélioré la latence des instructions shift et rotate. Ces instructions étant auparavant exécutées telles que des opérations complexes au sein de l’ALU (unité de calcul d’entiers) dédiée à ce type d’instruction. Intel a modifié une des ALU fonctionnant à 2 fois la vitesse du core afin qu’elle puisse exécuter ce type d’instruction. Intel a également modifié le fonctionnement des unités en ce qui concerne les multiplications d’entiers, qui ne passent plus par l’unité de calcul en virgule flottante, ce qui évite de perdre du temps dans le transfert à la FPU. D’autres améliorations mineures ont également été apportées, notamment au niveau des schedulers ou du prefetch.


Page 2 - La face visible et cachée du Prescott

La face visible du Prescott, suite
La mémoire cache a également évolué au sein du Prescott. En effet, on passe de 8 à 16 Ko de cache de premier niveau dédié aux données, alors que le cache de second niveau passe pour sa part de 512 à 1024 Ko. Le doublement du cache L1 est annoncé comme très utile pour l’HyperThreading, qui s’est également vu améliorer en quelques points notamment via l’ajout de nouveaux types d’instructions pouvant être exécutées en parallèle ou encore via l’amélioration de la co-gestion du cache L1 par les deux processeurs logiques.


Les instructions SSE3 sont la dernière évolution que nous traiterons dans cette partie. Ces dernières sont au nombre de 13. Il ne s’agit pas d’un nouveau jeu d’instructions à part entière mais plutôt d’un complément aux jeux d’instructions existants :

- 1 instruction x87 (FPU) pour la conversion de flottants en entiers (fisttp)
- 3 instructions SIMD 128 bits pour la duplication de données (movsldup, movshdup, movddup)
- 1 instruction SIMD 128 bits pour le chargement de données non alignées (lddqu)
- 2 instructions SIMD 128 bits pour l’addiction en calcul vertical (addsubps, addsubpd)
- 4 instructions SIMD 128 bits pour l’addition / soustraction en calcul horizontal (haddps, hsubps, haddpd, hsubpd)
- 2 instructions dédiées à la synchronisation des threads (monitor, mwait)

Bien entendu, contrairement aux autres améliorations de la microarchitecture du Prescott, l’exploitation des instructions SSE3 passe obligatoirement par de nouveaux programmes codés et compilés de manière à pouvoir en tirer partie. En l’absence d’applications, on ne sait pas quel sera le gain de performances, toutefois Intel annonce un gain pouvant atteindre 10% en compression MPEG-4 via l’utilisation de l’instruction lddqu ... Wait & See !
La face cachée du Prescott, suite
Où sont passés les 125 Millions de transistors ? En effet, si ces améliorations sont coûteuses en terme de transistors, il n’en reste pas moins qu’elles ne permettent pas d’atteindre un tel chiffre. En fait, le Prescott contient plusieurs fonctions qui ne sont pas activées dans la version commerciale actuelle, à savoir LaGrande d’une part, qui est un processeur de sécurité TCPA (Trusted Computing Platform Alliance) qui servira de base au fameux projet Palladium de Microsoft, et Yamhill d’autre part, qui est une extension 64 bits de l’actuel jeu d’instructions x86 compatible avec l’AMD64.


Selon les analyses du die du Prescott de Hans de Vries de Chip Architect  datant de Mars 2003, ce dernier laisse apparaître qu’il dispose en fait de deux blocs d’exécution d’entiers, chacune disposant de 16 Ko de cache L1. S’agit-il d’une amélioration de l’HyperThreading basée sur deux blocs d’exécutions d’entiers, chacun pouvant exécuter deux threads (pour un total de 4), ou de deux unités qui fonctionnent de paire pour les calculs en 64 bits ? Chip Architect penche pour cette dernière hypothèse. De plus, ils ont également pu définir où se trouvait la partie du Prescott destinée à la technologie LaGrande. Enfin, contrairement à ce qu’indique Intel, le trace cache a été augmenté sur le Prescott, puisque selon sa taille il passe en fait de 80 à 128 Ko.

Selon les dernières rumeurs, la technologie Yamhill pourrait être activée au sein d’un produit commercial dans les mois à venir, mais rien n’a encore filtré en ce qui concerne une éventuelle activation de la technologie LaGrande. Le Prescott cache-t-il d’autres secrets ?


Page 3 - Les P4E, Compatiblité

Les Pentium 4 E
Intel lance quatre processeurs Pentium 4 FSB800 basés sur le processeur Prescott, ces derniers se distinguant des autres de part la mention de la lettre distinctive « E ». Comme vous pouvez le voir, à fréquence égale leurs prix sont identiques à ceux des Northwood.

- Pentium 4 Extreme Edition 3.4 GHz, 999$
- Pentium 4 Extreme Edition 3.2 GHz, 925$
- Pentium 4 3.4E GHz, 417$
- Pentium 4 3.4C GHz, 417$
- Pentium 4 3.2E GHz, 278$
- Pentium 4 3.2C GHz, 278$
- Pentium 4 3.06 GHz, 218$
- Pentium 4 3.0E GHz, 218$
- Pentium 4 3.0C GHz, 218$
- Pentium 4 2.8E GHz, 178$
- Pentium 4 2.8C GHz, 178$

Il est à noter que Intel lance également le Pentium 4 2.8A GHz. Toujours basé sur le core Prescott, ce dernier à la particularité d’utiliser un FSB533 et d’être dépourvu d’HyperThreading. Son prix est de 163$, comme le Pentium 4 2.8B GHz (Northwood / FSB533).

Pour ce test, Intel France nous a fournis un exemplaire de test du Pentium 4 3.2E GHz. Ce processeur avait la particularité d’être débloqué au niveau du coefficient multiplicateur ce qui nous a permis de le tester aux fréquences de 2.8 et 3.0 GHz. Malheureusement, nous n’avons pas pu mettre à temps la main sur les versions 3.4 GHz des différents processeurs Intel, mais leurs performances sont fortement prévisibles en fonction des données répertoriées au cours de ce test.


Nous avons mesuré ses performances sur une carte mère ASUSTeK P4C800 Deluxe équipée de 2x512 Mo de DDR PC3200, d’une GeForce FX 5900 Ultra et d’un disque dur Raptor WD360GD de Western Digital.
Compatibilité
En terme de compatibilité, ce processeur Socket 478 utilisant un FSB800 a fonctionné parfaitement sur les cartes mères suivantes : ASUS P4C800, ASUS P4P800, MSI i875P Neo, MSI i865PE Neo2-P et Gigabyte GA-8IPE1000 Pro2, qui sont toutes basées sur des chipsets i875P ou i865PE.

MicroStarOn notera toutefois un problème mineur avec certains bios Award, lié au coefficient débloqué de notre processeur (pas de problème avec un processeur du commerce donc), qui fait que nous ne pouvions pas utiliser un autre coefficient que le x14 (2.8 GHz) sur les cartes mères suivantes : ABIT IC7, AI7, Gigabyte 8S655TX Ultra et 8VT880 Ultra. En dehors de ce problème le processeur fonctionne parfaitement sur ces cartes, même overclocké à 3.2 GHz via le FSB. Il est à noter que les deux dernières cartes sont respectivement basées sur les chipsets SiS 655TX et VIA PT880.

Logo ABITOfficiellement, ASUSTeK annonce que toutes ses cartes FSB800 sont compatibles, vous en trouverez la liste ici . Gigabyte publie pour sa part une liste de compatibilité ici , alors qu’il vous faut vous rendre là  pour celle de MSI. On remarquera sur cette dernière que certaines cartes MSI ne sont pas certifiées pour un fonctionnement avec un Prescott à plus de 3.2 GHz, ce qui signifie qu´au delà le bloc d´alimentation de la carte pourrait ne pas supporter la charge qu´un Prescott demande.

ABIT ne donne pas de détail sur la compatibilité de ses cartes avec le Prescott, se contentant d’indiquer que les IS7, IC7 et AI7 sont compatibles. D´autres constructeurs ont déjà ou devraient mettre en ligne des listes de compatibilité, nous vous conseillons de vous reporter à leurs sites ou supports techniques.


Page 4 - Température et Overclocking

Température et Overclocking
Les Prescott sont alimentés par un voltage pouvant varier entre 1.25 et 1.4V, les cartes mères le fixant généralement entre 1.35 et 1.40V. L’intensité électrique maximale des versions 2.8E et 3.0E GHz est annoncée à 78A, contre 91A pour les versions 3.2E et 3.4E GHz. En pratique, un Pentium 4 3.2E GHz chauffe plus qu’un Pentium 4 3.2C GHz.

En effet, en utilisant le ventirad intel de référence doté d’un insert cuivre assez important, le processeur atteint, avec une température ambiante de 20°C, pas moins de 52°C en charge sous Prime95, contre 44°C pour un P4C.

Toujours avec le même refroidissement, voici les fréquences que nous avons pu atteindre sur un P4C et un P4E :


Comme vous pouvez le voir, le Prescott va légèrement plus haut, mais cela n’a rien de phénoménal. Il faut dire qu’il est tout de même doté de 125 Millions de transistors, ce qui n’est pas rien. Afin de ne pas être limité par les performances du ventirad Intel, nous avons également utilisé un Exos de Koolance pour refroidir le Prescott. Ceci nous a permis de gagner 100 MHz pour atteindre 3950 MHz, toujours en 1.60V, mais cela n´est pas non plus faramineux.

Toutefois, il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit d’un premier jet de la part d’Intel ... et que les premiers Northwood atteignaient 2.6 GHz au départ alors que l’on atteint à l’heure actuelle plus de 3.5 GHz. D’ailleurs, l’architecture NetBurst telle qu’elle est implémentée au sein du Prescott est prévue pour atteindre des fréquences commerciales comprises entre 4 et 5 GHz.


Page 5 - L'archi en pratique – cache & instructions

L´architecture en pratique – cache & instructions
Avant de nous attaquer aux performances applicatives du Prescott, nous avons voulu voir quel était son comportement dans trois domaines bien précis, à savoir son cache, l’influence de ce dernier sur les performances et l’HyperThreading.


Comme vous pouvez le voir, les temps de latences, exprimés en cycle d’horloges, des caches L1 et L2 (mesurés avec cachemem) sont bien plus importants sur le Prescott que sur le Northwood. Il faut noter que mesurer la latence du cache L1 est complexe, et qu’il est tout à fait possible que cette latence plus élevée découle d’autres paramètres de l’architecture du Prescott.

En terme de bande passante, le Prescott s’avère aussi rapide en lecture, mais plus lent pour ce qui est de l’écriture des données. Les caches du Prescott sont certes doublés, mais ils sont donc également plus lents. Ceci est notamment lié à la volonté qu’à Intel de monter en fréquence, puisque avec le même temps de latence de 4.7ns, avec 16 cycles de latence comme sur le Northwood on peut atteindre 3.4 GHz, contre 4.9 GHz pour 23 cycles comme sur le Prescott.

Afin de voir quel pouvait être l’influence de la vitesse du cache, nous avons utilisé un petit logiciel de test fournis par nos confrères d’Onversity . Ce logiciel a l’avantage d’effectuer quelques tests parmi lesquels l’exécution d’une addition, d’une multiplication d’entier et d’une instruction de décalage, le tout avec 3 tables de 40 Ko d’une part et 3 tables de 4 Mo d’une part. Dans le premier cas, on reste donc au sein du cache L2.


Lorsqu’on reste au sein du cache L2, le Northwood est pas moins de 40% plus rapide que le Prescott sur une addition, ceci étant dû aux latences trop élevées du cache L2. Par contre, lorsque l’on passe sur des tables de taille plus importante, le Prescott est 44% plus rapide, ceci étant dû en partie à la taille du cache et aux améliorations apportées au prefetching matériel du Prescott.

Bizarrement, on remarque la même chose avec l’instruction de décalage (shift), cette dernière étant 56% plus rapide sur le Northwood dans le premier cas et 40% plus rapide dans le second cas. Etant donné que ce type d’instruction peut désormais être calculé via une ALU fonctionnant à vitesse double, le Prescott devrait mieux tirer son épingle du jeu.

Pour ce qui est de l’instruction imul (multiplication d’entiers), le fait de ne plus devoir passer par la FPU est très avantageux puisque même quand on reste au sein du cache L2 le Prescott est 22% plus rapide, cet avantage passant à 86% avec des tables de taille plus importante.

Bref, les fortes latences inhérentes à la mémoire cache du Prescott peuvent dans certains cas être très négatives pour les performances. Selon les applications, ce dernier pourrait être notablement en retrait par rapport au Northwood ...


Page 6 - L'archi en pratique – HyperThreading

L´architecture en pratique – HyperThreading
Pour ce qui est de l’HyperThreading, nous avons mesuré les gains dans des applications multi-threadées observés sur P4C et P4E.
DiVX sous FlaskMPEG : +13.4% sur le P4C, +12.3% sur le P4E
Rendu sous Maya 5 : +10.1% sur le P4C, +13.2% sur le P4E
Rendu sous 3ds5 : +8.7% sur le P4C, +15% sur le P4E
Comme vous pouvez le voir, sous Maya et sous 3ds5, l’HyperThreading du Prescott est notablement plus efficace que celui du Northwood. On notera toutefois que ce dernier est légèrement en retrait pour la compression vidéo.

Nous nous sommes intéressés au comportent en multi-tâches. Avec l’HyperThreading désactivé, le fait de lire un DiVX au premier plan ralenti un rendu sous Maya de 107% sur P4C, et de 122% sur P4E. Une compression audio sous Lame se trouve pour sa part ralentie de 81% sur P4C et de 94% sur P4E. L’HyperThreading permet de compenser cette baisse plus importante sur le Prescott liée à la pronfondeur du pipeline plus importante. En effet l’activation de l’HT permet alors d’abaisser le temps de rendu sous Maya de 38% sur P4C et 46% sur P4E, et la compression sous Lame de 35% sur P4C et 40% sur P4E. Voici pour information les temps en seconde observés pour Maya :


Du coup, en environnement multi-tâches, l’HyperThreading est très utile au Prescott – encore plus qu’au Northwood - puisqu’il lui permet de compenser les pertes liées à son architecture. Passons maintenant aux performances pratiques ...


Page 7 - 3d Studio Max et Maya

3d Studio Max

Sous 3d studio max, le P4E (Prescott) n’est pas à la fête. En effet, à 3.2 GHz il est 5% moins performant que son prédécesseur, et s’avère même être un peu plus lent qu’un P4C à 3.0 GHz. Il faut dire que 3ds max est relativement peu dépendant de la taille du cache, et ne tire donc pas à fond partie de cette amélioration de l’architecture, qui ne compense donc pas les pertes liées aux latences des caches ainsi qu’à la profondeur du pipeline.
Maya

Maya est beaucoup plus dépendant du cache que ne l’est 3ds, et les résultats sont logiquement plus à l’avantage du Prescott. Ce dernier ne casse toutefois pas des briques puisqu’il s’avère très légèrement en retrait par rapport au P4C.


Page 8 - WinRAR et Lame

WinRAR

La compression de données sous WinRAR est très friande de bande passante mémoire, que ce soit au niveau des caches que de la mémoire centrale. Le Prescott est à son avantage puisqu’à 3.0 GHz il parvient à devancer le Northwood à 3.2 GHz.
Lame

Lame est typiquement une application dont le profil qui ne convient pas à l’architecture Prescott. Cadencé à 3.2 GHz, ce dernier ne fait qu’atteindre les performances d’un Northwood à 2.8 GHz ! L’écart de performance entre les deux architectures sous cette application est de 12%, rien que ça. Il faut dire que Lame n’est pas du tout dépendant de la taille du cache L2 au-delà d’une taille standard, ni dépendant de la bande passante mémoire, ce qui n’arrange pas les affaires de cette nouvelle architecture.


Page 9 - FlaskMPEG et Windows Media Encoder

FlaskMPEG

Le P4E se montre très à son aise lors de la conversion d’une vidéo VOB au format MPEG-2 vers une vidéo au format DiVX via FlaskMPEG, qui a l’avantage d’être multi-threading et donc de tirer également parti de l’HyperThreading. Cette fois, c’est le P4E 2.8 GHz qui est aussi performant qu’un P4C 3.2 GHz, ce qui vient contrebalancer les performances catastrophiques obtenues sous Lame.
Windows Media Encoder

La conversion d’une vidéo MPEG au format WM9 avec le logiciel de Microsoft laisse cette fois apparaître des performances assez proches entre P4E et P4C, avec toutefois un très léger avantage pour le P4E.


Page 10 - Nascar Racing et Unreal Tournament

Nascar Racing 2003

Sous ce jeu de simulation automobile, c’est le P4E qui prend l’avantage sur le P4C, avec des performances 4.8% supérieures à 3.2 GHz. On n’atteint tout de même pas le niveau d’un P4 EE, et encore moins celui des Athlon 64.
Unreal Tournament 2003

Le Prescott est un peu en retrait par rapport au Northwood sous Unreal Tournament 2003, mais l’écart reste inférieur à 2%.


Page 11 - C&C Generals et IL-2 Sturmovik

C&C Generals

Sur C&C Generals, c’est le P4E qui est légèrement devant le P4C, avec un écart qui est dans le meilleur des cas de 1.4%, un gain qui n’emballera aucun hardcore player ...
IL-2 Sturmovik : Forgotten Battles

Pour finir, la simulation de vol IL-2 donne un léger avantage au Northwood, même si là encore les écarts restes assez faibles. On notera que les Athlon 64 sont une nouvelle fois à la fête dans le domaine ludique.


Page 12 - Récapitulatif des performances applicatives

Récapitulatif des performances applicatives
Voici un petit tableau récapitulant la différence de performance observée lorsque l’on passe d’un P4C (Northwood) à un P4E (Prescott) :


Comme vous pouvez le voir, dans certains cas les performances augmentent ... et dans d’autres les performances baissent ! Il s’agit d’une demi surprise car si il y a quelques mois on s’attendait plutôt à des performances comprises entre un P4C et un P4 Extreme Edition, les chiffres préliminaires fournis par Intel montraient que dans certains cas le Prescott pouvait être légèrement moins performant qu’un Northwood.

Toutefois, les écarts mesurés ici sont assez importants, puisqu’en terme de gain comme de perte on peut parfois atteindre les 12% sur certaines applications, ceci étant bien entendu lié aux changements positifs (taille des caches, prédiction de branchement, amélioration de la latence de certaines instructions notamment) et négatifs (vitesse des caches, longueur de pipeline entraînant une plus grande pénalité en cas d’erreur de prédiction ...) apportés à l’architecture NetBurst.

L’HyperThreading est important au sein du Prescott, puisque lorsque cette fonction est désactivée sur Northwood et Prescott la baisse de performances observée lors du passage d´un P4E 3.2 à un P4C 3.2 GHz n’est plus de 0.3% sous Maya mais de 3.1%, alors qu’elle atteint 10.2% sous 3ds max, contre 5.0% lorsqu’elle est activée. Le fait qu’une application soit multi-thread et puisse donc puisse tirer partie de l’HyperThreading aide donc également à compenser les pertes résultant de certains aspects du Prescott.

Enfin, il faut noter que le Prescott tire légèrement mieux partie de l’augmentation en fréquence que le Northwood. Ainsi, le passage de 2.8 à 3.2 GHz, soit +14.3%, entraîne un gain de performances moyen de 11.5% sur Northwood et 12.4% sur Prescott, ce qui est une bonne chose pour l’avenir puisque l’augmentation de fréquence est la clef de la stratégie Prescott d’Intel.


Page 13 - Conclusion

Conclusion
Beaucoup seront déçus à la lecture de ce test. En effet, on pouvait attendre du Pentium 4 E « Prescott » des performances revues à la hausse par rapport à l’actuel Pentium 4 C « Northwood ». Malheureusement, les choix d’Intel ont fait que le Prescott est, dans certains cas, plus performant, mais également dans d’autres moins performant, ce qui nous laisse sur notre faim. Intel est bien conscient de ce problème, et le tarif des P4E, qui est identique à fréquence égale à celui des P4C, n’est pas étranger à cette situation.

Bien entendu le Prescott ne nous pas encore dévoilé tous ses charmes. En sus des instructions SSE3, qui pourraient amener des améliorations de performances dans certains domaines lorsqu’elles seront utilisées, il ne faut pas oublier qu’il a été spécifiquement étudié pour atteindre des fréquences comprises entre 4 et 5 GHz en 2005, et qu’il servira de base au Tejas qui devrait aller encore plus loin. Il ne faut pas non plus perdre de vue que le Prescott dispose d’un second bloc d’exécution d’entiers. A quoi sert-il (HyperThreading 2, Yamhill ?), quand sera-t-il activé sur un produit commercial ? Voici des questions dont on attend impatiemment la réponse.

Reste qu’en l’état actuel des choses, le Pentium 4 E n’offre pas grand-chose de plus que le Pentium 4 C à ses acquéreurs, si ce n’est plus de transistors et un meilleur chauffage. Ce n’est donc pas un achat que nous recommandons. Etant donné que Intel propose également des P4C 3.4 GHz, et que le P4E ne devrait pas dépasser cette fréquence sur plate-forme Socket 478, il ne s’agit même pas d’une future possibilité d’upgrade très intéressante pour les possesseurs de cette plate-forme.

Ce n’est que lorsqu’il commencera à atteindre des fréquences nettement supérieures au Northwood que le Prescott parviendra à faire oublier ce dernier, une fréquence de 3.8 GHz lui permettant d’être, même dans les pires scénarios applicatifs, au dessus d’un P4C 3.4 GHz. Les dernières roadmaps d’Intel parlent d’un lancement au second trimestre d’un P4E 3.6 GHz Socket 775, d’un 3.8 GHz au troisième trimestre et d’un 4.0 GHz au dernier trimestre.

L’architecture NetBurst présente au sein du Prescott est-elle atteinte du syndrome Willamette ? Oui, mais dans une bien moindre mesure, si bien que l’on peut penser que - sauf problème lors de la montée en fréquence - le Prescott n’aura pas besoin d’attendre un an et son évolution, le P4 Tejas, pour être intéressant, contrairement à ce qui s’est passé avec le Willamette et le Northwood.

En attendant, à quel saint se vouer ? De notre côté, nous vous conseillons une nouvelle fois, si vous le pouvez, d’attendre l’arrivée début avril des solutions Socket 939 chez AMD et Socket 775 chez Intel avant d’investir dans une nouvelle configuration. Dans la négative, l’Athlon 64 3000+ tout comme le Pentium 4 2.8C GHz offrent tout de même de très bons rapports performances / prix ...

>Les processeurs chez Monsieur Prix 


Copyright © 1997-2026 HardWare.fr. Tous droits réservés.