HardWare.fr


Celeron N3150 et Pentium N3700 : Braswell en test
Processeurs
Publié le Vendredi 26 Juin 2015 par Guillaume Louel

URL: /articles/936-1/celeron-n3150-pentium-n3700-braswell-test.html


Page 1 - Braswell, le SoC 14nm d'Intel

Depuis quelques années, AMD et Intel tentent de proposer des offres x86 basse consommation, adaptées à la mobilité. Des envies poussées par la taille gigantesque des marchés des smartphones (1.2 Milliards en 2014) et des tablettes (215 millions)  , dominés outrageusement par des SoC ARM et sur lesquels le x86 est aux abonnés absents.

Des volontés qui sont couteuses pour les constructeurs, Intel ayant enregistré plus de 4.2 milliards de pertes pour sa division mobile en 2014, avant de décider de cacher ses résultats en 2015. Chez AMD, les cœurs basse consommation actuels (les Puma) ont été mis de côté pour tout miser sur l'architecture Zen qui remplacera, à terme, l'intégralité de la gamme actuelle du constructeur.

Si l'on a vu chez Intel des initiatives comme le Core M pour réduire artificiellement le TDP de l'architecture Core, le constructeur n'a pas abandonné le développement de son architecture basse consommation. Après les cœurs Silvermont de la génération précédente (22nm), Intel a lancé cette année les cœurs x86 Airmont. Fabriqués en 14nm, ils apportent quelques optimisations internes sur lesquelles Intel reste muet, communiquant simplement sur le gain de place : un double cœur Airmont utilise une surface 64% plus petite qu'un double cœur Silvermont.


Si Airmont se retrouve dans des puces pour tablettes, les Cherry Trail, Intel a « lancé » en avril dernier la déclinaison destinée aux plateformes desktop et mobiles, Braswell (qui vient prendre la succession des Bay Trail). A l'occasion de l'arrivée dans le commerce des premières cartes mères Mini ITX Braswell, nous avons voulu faire le point de nouveau sur les différentes offres basses consommation présentes actuellement sur le marché !

Braswell : 14nm et nouveau GPU

Au-delà du passage des cœurs Silvermont à Airmont en 14nm, Braswell apporte d'autres nouveautés sur sa partie SoC. La première notable concerne le GPU qui passe de la Gen7 à la Gen8 (Broadwell). Le nombre d'unités (EU) augmente fortement, passant de 4 à 16 ce qui promet peut être des performances accrues, nous y reviendrons. L'autre grande nouveauté est la prise en charge de l'accélération du décodage des vidéos H.265 (également connu sous l'acronyme HEVC), le nouveau standard qui sera utilisé entre autre pour les Blu-Ray 4K.

On notera deux autres changements importants avec d'un côté (enfin !) la gestion du Serial ATA 6 Gb/s et de l'autre la gestion de la mémoire DDR3-1600 (contre DDR3-1333). Celle-ci est toujours gérée sur deux canaux. On notera dans les petits détails que la fréquence de bus de Braswell est originale : 90 MHz !


Page 2 - Les plateformes


Pour ce test, nous avons regardé l'offre quadruple cœur basse consommation proposée par Intel et AMD. ASRock ayant été le premier à nous fournir des cartes mères Braswell, nous avons fait le tour de l'offre du constructeur dans ce domaine.

Kabini : versions AM1 et FT3

Chez AMD, l'offre basse consommation reste représentée par les Kabini lancés en 2013 en version mobile.

Particularité, on retrouve ces puces dans deux versions différentes. La plus ancienne est la version mobile, utilisant le format FT3 (soudé), tandis que l'année dernière, le constructeur avait lancé une version socket avec sa plateforme AM1. Il est intéressant de noter que si les Kabini FT3 sont fabriqués par TSMC, la version AM1 est fabriquée par Global Foundries !

Pour ce test nous avons testé les deux versions de ces puces avec tout d'abord la carte mère QC5000-ITX/PH d'Asrock. Elle intègre un SoC A4-5000 dont le TDP est de 15 watts. Il s'agit d'un quadruple cœur cadencé à 1.5 GHz auquel est accolé un GPU avec 128 unités cadencé à 500 MHz.


Asrock QC5000-ITX/PH

La carte mère propose un slot PCI Express 2.0 x16 physique (connecté en x4 en pratique) ainsi qu'un slot Mini PCIe court. Côté mémoire on retrouve deux slots DIMM pleine taille tandis que pour le SATA, en plus de deux ports connectés au chipset (6 Gb/s) on retrouve deux ports additionnels pilotés par un contrôleur Asmedia ASM1061. On retrouvera à l'arrière quatre ports USB 3.0, des sorties vidéos VGA, DVI, HDMI et DisplayPort 1.2 ainsi qu'une sortie S/PDIF optique.

La seconde option est représentée par la carte mère AM1B-ITX d'Asrock sur laquelle nous avons testé le plus rapide des processeurs AM1 actuellement disponible, l'Athlon 5350. L'Athlon 5350 est annoncé avec un TDP élevé pour ce type de SoC, 25 watts même si nous avions vu en pratique dans notre test précédent qu'il était surévalué. Il s'agit d'un quad core cadencé à 2.05 GHz tandis que son GPU, identique à celui de l'autre Kabini voit sa fréquence augmenter à 600 MHz.


Asrock AM1B-ITX

Pour le reste la carte ressemble fortement à la QC5000-ITX puisque l'on retrouve deux slots mémoires DIMM pleine taille, et la même configuration Serial ATA. Les sorties du panneau arrière sont différentes, exit le DisplayPort et le S/PDIF, tandis que l'on trouvera seulement 2 ports USB 3.0 et 3 jacks audio (contre 5).

Dans les deux cas, ces plateformes supportent la mémoire DDR3L (version basse consommation alimentée en 1.35V au lieu de 1.5V pour la DDR3 classique) à 1600 MHz, mais sur un seul canal.

Bay Trail : Celeron J1900 et Pentium J2900

Pour l'offre 22nm d'Intel, nous avons testé deux versions quad core, les Celeron J1900 et Pentium J2900. La distinction Celeron/Pentium est avant tout commerciale puisque les puces sont identiques. Il s'agit de modèles quadruples cœurs dont le TDP est annoncé à 10 watts. Les versions se distinguent par leurs fréquences, 2 GHz/2.42 GHz (base/turbo) pour le Celeron contre 2.41/2.66 GHz pour le Pentium. Le Pentium a également un petit avantage côté GPU avec une fréquence turbo légèrement plus élevée, passant de 854 à 896 MHz.


[ Asrock Q1900-ITX ]  [ Asrock Q2900-ITX ]  

En ce qui concerne les cartes mères, nous avons utilisé les Q1900-ITX et Q2900-ITX d'Asrock, deux cartes qui sont identiques à l'exception de leur SoC. On retrouve un slot PCI Express 2.0 x1 ainsi qu'un slot Mini-PCIe. Côté Serial ATA on retrouve deux ports reliés au SoC (SATA 3 Gb/s) et deux ports sur une puce ASM1061 (6 Gb/s). Côté mémoire on retrouvera deux slots SO-DIMM (format de mémoire court, utilisée pour les portables). On notera à l'arrière la présence de sorties VGA, DVI et HDMI ainsi que deux ports USB 3.0 et une sortie S/PDIF optique.

En ce qui concerne le support mémoire, si la mémoire DDR3L (1.35V) est toujours supportée, il faudra se contenter de 1333 MHz uniquement côté fréquence. Par contre, et contrairement à AMD, on dispose cette fois ci de deux canaux mémoires.

Braswell : Celeron N3150 et Pentium N3700

Pour réaliser notre test Asrock nous a fourni deux cartes, les N3150-ITX et N3700-ITX, deux cartes identiques à l'exception du SoC qu'ils intègrent, respectivement Celeron N3150 et Pentium N3700.

Comme pour Bay Trail, la distinction Celeron/Pentium sert juste à distinguer le modèle le plus haut de gamme. Les Braswell sont des SoC quadruple cœurs dont le TDP annoncé est particulièrement bas : seulement 6 watts. Côté fréquences on retrouvera respectivement 1.6/2.08 GHz pour le Celeron et 1.6/2.4 GHz pour le Pentium. Des fréquences qui sont, à l'image du TDP annoncé, en baisse par rapport à Bay Trail. Nous verrons en pratique si cela se ressent sur les performances. Côté GPU on note une distinction avec seulement 12 unités d'exécution pour le Celeron contre 16 pour le Pentium, la fréquence du GPU passant de 640 à 700 MHz. Des fréquences une fois de plus en baisse par rapport à Bay Trail !


[ Asrock N3150-ITX ]  [ Asrock N3700-ITX ]  

En ce qui concerne les cartes mères on ne notera pas de gros changements par rapport aux versions Bay Trail sur le fond. Les slots mémoires sont toujours de type SO-DIMM et l'on retrouvera toujours un port PCIe x1 ainsi qu'un port Mini-PCIe. Côté SATA deux ports pilotés par un ASM1061 sont toujours présents. A l'arrière de la carte exit par contre le VGA, on dispose de DVI, HDMI (jusque 4K @ 30 Hz) et DisplayPort (1.1a, 4k @ 30Hz). On retrouve également quatre ports USB 3.0 et un S/PDIF optique.

Notez que si l'une des nouveautés principales de Braswell est son support de la mémoire DDR3-1600, nous avons rencontré une limitation au niveau de la latence. Nous avions choisis de réaliser l'intégralité de nos tests avec de la mémoire DDR3L-1600 (1.35V) CL9, cependant sur les cartes Braswell, notre mémoire, pourtant spécifiée CL9 démarre systématiquement en CL11. Et comme souvent sur ce type de cartes mères il est impossible de régler manuellement ce genre de détails.

Nous avons contacté Asrock qui nous a indiqué qu'il s'agissait d'une limitation de Braswell, mais a tout de même tenté de nous fournir un BIOS forçant le CL9. Un BIOS qui force effectivement cette limite, mais uniquement si l'on n'utilise qu'une seule barrette mémoire ! Avec deux barrettes de DDR3-1600 CL9, la carte ne démarre pas du tout.

Nous avons donc regardé la documentation d'Intel, elle indique bel et bien que la mémoire DDR3-1600 est supportée, jusqu'en… CL8 !


Nous attendons toujours un retour d'Asrock sur le sujet ainsi que d'Intel afin de savoir si la limitation est liée à la carte mère ou aux SoC. En attendant, nous publions les résultats de performances sur les pages suivantes avec de la mémoire DDR3-1600 CL11.

Haswell : Celeron G1840

Pour compléter notre test, nous avons ajouté le moins onéreux des processeurs Core desktop disponible, le Celeron G1840. Nous avons utilisé une carte mère H81M-ITX d'Asrock afin d'obtenir une comparaison sur le même format.

Le Celeron G1840 est un processeur dual core (sans gestion de l'HyperThreading) de la génération Haswell (22nm). Il est cadencé à 2.8 GHz et supporte la mémoire DDR3 à 1333 Mhz uniquement sur deux canaux. Côté TDP, Intel voit large puisqu'il annonce 53 watts, nous verrons en pratique de quoi il en ressort !


Asrock H81M-ITX

Côté carte mère on retrouve un port PCI Express 3.0 x16, des slots mémoires DIMM pleine taille ainsi que deux ports SATA 6 Gb/s. Côté connectique on retrouve VGA, DVI et HDMI pour la vidéo, deux ports USB 3.0 ainsi qu'un S/PDIF optique.

Récapitulatif des configurations

Voici un récapitulatif des configurations que nous avons testées :


En gris, nous indiquons les plateformes ou le processeur est sur Socket
Les unités graphiques ne sont pas comparables d'une marque à l'autre, représentant des organisations internes différentes, les chiffres sont simplement donnés à titre de référence

Nous testons toutes ces configurations avec 2 x 4 Go de mémoire DDR3L-1600 CL9 (1.35V), en DIMM ou SO-DIMM selon les modèles. Sur les configurations Intel Bay Trail et Haswell, la mémoire démarre en DDR3L-1333 CL8 (1.35V) et comme indiqué, sur Braswell en DDR3L-1600 CL11.

Nous avons réalisés nos tests sous Windows 8.1 en version 64 bits. Voyons ce que cela donne en pratique !


Page 3 - Mémoire, Serial ATA, USB 3.0


Bande passante mémoire

Le support de la mémoire diffère grandement entre les modèles testés. Pour rappel, les SoC AMD sont les seuls à ne pas supporter la mémoire sur deux canaux. Côté vitesse, BayTrail et les Celeron Core sont limités à la DDR3-1333 tandis que les autres plateformes acceptent la DDR3-1600. Regardons ce que cela donne en pratique, nous utilisons RightMark Memory Tester pour effectuer la mesure sur plusieurs threads :



Pas de surprise pour la bande passante des Kabini que l'on avait déjà notée comme extrêmement faible en écriture, au-delà de la limitation du simple canal. En lecture les Kabini limitent la casse avec une bonne efficacité.

La surprise vient des Braswell. Si la bande passante en écriture progresse très légèrement sur le haut de gamme (+1.5%), elle régresse nettement en lecture, quasi -26% en bande passante mesurée. Bien entendu il s'agit ici de tests théoriques mais il ne faut pas oublier que l'on est passé de DDR3-1333 à de la DDR3-1600. On ne peut qu'être déçu du recul !

Serial ATA

A l'exception du Celeron Core, toutes les plateformes testées sont des SoC, c'est-à-dire qu'en sus du CPU, du GPU, du contrôleur mémoire et de l'interface PCI Express, ils intègrent également le southbridge, la partie du chipset qui s'occupe des I/O dites « lentes » comme les interfaces disques par exemple. Nous mesurons les performances de l'interface Serial ATA via le logiciel CrystalDiskMark sur un SSD Samsung 840 Pro.



Pas de surprise ici, seuls les BayTrail se démarquent du fait qu'ils ne gèrent pas le Serial ATA 6 Gb/s. Au moins, Braswell effectue la remise à niveau sur ce point !

USB 3.0

Nous avons regardé les performances des contrôleurs USB 3.0, nous utilisons une procédure semblable à celle de nos tests de cartes mères en mesurant les débits séquentiels via CrystalDiskMark sur un SSD Vertex 3 MAX IOPS d'OCZ connecté via un boitier adaptateur USB/SATA :



Notez avant toute chose que pour une raison inconnue, notre exemplaire de N3700 refusait de lire le contenu des disques USB 3.0 sous Windows 8.1, un problème que nous n'avons pas réussi à résoudre malgré plusieurs réinstallations du système d'exploitation. Le problème ne semble pas directement lié à l'USB 3.0 en lui-même puisque nous avons utilisé une clef USB 3.0 pour installer Windows sans souci. Cependant une fois l'OS installé (pour rappel sous Windows 8.1, la gestion de l'USB 3.0 se fait nativement par les pilotes Microsoft, Intel ne fournit pas de pilote USB pour ce système), il nous était impossible de lire le moindre fichier. Un problème que nous n'avons pas retrouvé sur la N3150.

Sur cette dernière on note tout de même des performances en écriture un cran en dessous de ce à quoi l'on est habitué chez Intel. Les autres plateformes se comportent comme attendu.


Page 4 - CPU - Perfs applicatives, TrueCrypt


Afin de voir le positionnement de nos différentes plateformes, nous mesurons leurs performances dans trois benchs applicatifs qui ont la particularité de permettre de choisir le nombre de cœurs que l'on souhaite tester. De quoi avoir un aperçu des performances mono et multithreads.

Cinebench



Nous utilisons Cinebench R15 qui utilise pour rappel le moteur de rendu de Cinema 4D. Les scores sont exprimés sous la forme d'un indice de performances :



L'Athlon 5350 se sort assez bien de ce test puisqu'il fait jeu égal avec le meilleur SoC d'Intel… le Pentium J2900. Car c'est bien là que se situe la surprise, les performances du meilleur des Braswell ne sont qu'au niveau de l'ancien Celeron J1900 ! Les fréquences revues à la baisse seront à accabler ici. Sur un cœur, le modeste Celeron Haswell reste fort loin !

Fritz Chess Benchmarking


Nous utilisons le logiciel Fritz Chess Benchmarking de l'éditeur Chess Base. Il s'agit d'une mesure d'une intelligence artificielle de jeu d'échecs. Les scores sont exprimés en kilonoeuds par secondes.



Une fois de plus, le Pentium J2900 reste ce qui se fait de mieux en performances, même si cette fois ci l'écart est plus mesuré avec le nouveau Pentium N3700 Braswell qui n'est « que » 4% moins efficace sur quatre cœurs. En pratique ce meilleur Braswell fait jeu égal en performances avec l'Athlon 5350. Notez enfin que sur ce test le Pentium J2900 n'est pas loin (2.4%) du Celeron Haswell !

7-Zip


Nous utilisons l'excellent 7-Zip pour compresser une archive au format LZMA2, le niveau de compression le plus efficace proposé actuellement. Le temps de compression est indiqué en secondes.



On le sait, 7-Zip a besoin, en plus de fréquences hautes, d'une bonne bande passante mémoire pour exprimer de bonnes performances. Ici, Braswell est loin de briller : le Pentium N3700 met 37% de temps en plus pour compresser notre archive que le Pentium J2900 qu'il est censé remplacer ! Il se consolera tout juste d'être devant le très modeste A4-5000. Notons que le Pentium J2900 fait tout de même jeu égal avec le Celeron Haswell…

TrueCrypt


Nous avons enfin regardé les performances proposées par TrueCrypt, via son benchmark intégré. Il permet de tester les différents algorithmes de cryptage intégrés dans l'application via des tests effectués en mémoire, nous notons ici la moyenne des performances obtenues en cryptage AES, noté en Go/s.



La segmentation des instructions est toujours mystérieuse chez Intel. Ainsi, si Bay Trail et les Celeron Haswell étaient dépourvues d'instructions AES-NI, les Braswell ont droit à ces instructions. Cela leur permet de remonter dans le classement où même le Celeron J1900 faisait mieux. Les scores sans les instructions AES, s'ils sont inférieurs à la plateforme précédente, restent tout de même devant le Celeron Haswell. Au final, le modeste Athlon domine ici.


Page 5 - GPU - Perfs jeux, OpenCL, H.264/265


Nous avons regardé les performances de nos plateformes dans deux titres très peu gourmands.

F1 2014


La dernière version en date du jeu de F1 de Codemasters continue d'utiliser le même moteur, quelque peu ancien. Notez que cela ne sera pas le cas de la version 2015 qui arrivera cet été. Nous utilisons le mode « Low », en 720p.



Avoir un GPU plus puissant ne fait pas toujours de miracles, preuve en est qu'ici notre Pentium N3700 arrive tout juste à égaler celui qu'il remplace. Et pour cause puisqu'on est limité ici par le CPU, les quatres cœurs étant à 100%. A la vue des performances de Kabini, on peut penser que les pilotes graphiques sont loin d'être innocents dans cette situation. Dans tous les cas, il sera difficile de qualifier même les plateformes les plus rapides de « jouables » dans ce titre.


League of Legends


Nous utilisons le mode medium dans ce titre en 1920 par 1080. Des modes plus légers existent mais sacrifient trop fortement la qualité visuelle.



Victoire ! Le Pentium N3700 arrive ici à dépasser nettement le Pentium J2900 dans un titre moins limité par les performances processeurs. Le nouveau GPU s'exprime, passant devant le Celeron Haswell. On reste un tout petit cran sous l'Athlon 5350 mais la performance reste honnête. La proximité des performances du Celeron N3150 et du Pentium N3700 nous ferait presque douter du fait qu'il y ait 4 unités d'exécution en plus dans le Pentium.

LuxMark


Nous avons utilisé la version 2.0 du benchmark LuxMark pour mesurer les performances OpenCL de nos GPU. Pour rappel, ce benchmark issu du moteur de rendu open source LuxRender permet d'utiliser au choix CPU, GPU, ou les deux en simultanée via OpenCL pour effectuer les rendus. Nous notons l'indice de performances obtenu dans ces modes. Notez que si une version 3.0 de Luxmark est disponible, les pilotes Intel y sont fortement allergiques refusant de fonctionner correctement. La question des pilotes graphiques et OpenCL reste encore, en 2015, un problème pour Intel.



Une fois de plus, les performances CPU pures de Braswell sont un ton dessous, -15.5% entre les deux générations de Pentium, mais les scores GPU sont en progression nette : 3.28x plus rapide ! Mieux, le score GPU est ici devant l'Athlon qui se voit concurrencé pour la première fois sur son terrain de prédilection. Braswell est ici aidé par le fonctionnement bizarre des Kabini que nous avions notés dans notre test précédent : lorsque la charge CPU est faible, les performances GPU sont bridées. Ce qui explique le score cumulé supérieur à la somme des scores individuel.

Sur les performances cumulées justement, Braswell reste en retrait sur l'Athlon. Une fois de plus la proximité des scores nous ferait douter de la différence entre les deux GPU intégrés dans le Celeron N3150 et le Pentium N3700 !


MediaEspresso 7


Nous avons regardé les temps de compression vidéo dans le logiciel MediaEspresso de Cyberlink, passé aujourd'hui en version 7. Ce logiciel permet de transcoder les vidéos en mode x86, ou via les diverses accélérations matérielles proposées par les constructeurs. Dans le cas d'Intel, il s'agit de QuickSync qui est disponible en différentes déclinaisons rapidité/qualité. En pratique le temps de compression de ces différents modes ne varie que peu, nous choisissons le mode le plus qualitatif (dit « better » dans le logiciel). Nous utilisons une scène 720p très haute qualité extraite d'un Blu-Ray que nous compressons avec un débit plus modeste (4 Mb/s).



On passera sur le fait que Braswell reste toujours plus lent en mode CPU pur pour noter les progrès faits via QuickSync, le temps de compression est réduit de 12% ce qui n'est pas négligeable. Les Kabini sont toujours largués, leur unité de compression vidéo étant significativement plus lente. On sait que Carrizo doit améliorer la donne sur ce point chez le constructeur même si ce n'est pas le plus gros problème de leur implémentation.

La vitesse de compression est une chose, mais la qualité en est une autre. Historiquement toutes les implémentations accélérées ont montré des résultats piètres. Braswell changera t'il la donne ?


Cliquez sur l'image pour ouvrir le comparateur !


Mais que se passe-t-il ? Vos yeux ne vous trompent pas, on voit bel et bien un bond en avant de la qualité d'encodage dans Braswell. Bon, bien sûr la qualité reste très passable mais c'est visiblement mieux, la conservation des détails étant largement plus présente que sur la version Bay Trail qui était fortement dans le flou. Les contours sur les objets au focus sont plus nets et l'on récupère un peu de détails sur les textures compliquées, le collier étant un bon exemple. Mieux, on passe même devant la version Haswell. On ne peut que se réjouir et espérer qu'Intel continuera à pousser dans cette direction à l'avenir !

Lecture Vidéo

En plus de l'encodage, toutes les plateformes que nous testons disposent d'unités dédiées au décodage vidéo. Afin de traiter les flux H.264, VC-1 ou MPEG-2/4. Braswell ajoute en prime le H.265, futur format taillé pour les fortes résolutions.

Nous avons pu vérifier que le décodage était fonctionnel sous MPC-HC, il faut au préalable activer le décodage matériel dans les filtres LAV dans les options. Nous avons pu décoder sans problème deux fichiers tests, y compris un fichier 4K avec un débit de 17 Mb/s (Elecard 4K video about Tomsk, part 3 ) en gardant une charge CPU sur la plateforme inférieure à 10%. Pas mal car sans l'activation du décodage accéléré, le même fichier est purement et simplement illisible, saturant le processeur à 100% et saccadant d'une seconde toutes les deux secondes !

Notons que le décodeur HEVC GPU d'Intel gère à la fois les profils Main et Main10 (10 bits) et est actuellement limité au niveau 5 (100 Mbit/s en 4K 30Hz pour le profil Main10). Cependant, comme nous l'avions noté lors de notre test de Skylake, les IGP Intel n'effectuent de manière matérielle sur cette génération que le décodage des profils Main (comme l'était notre vidéo de test plus haut), le décodage Main10 n'étant pas réellement accélérer.

L'accélération ne permet pas d'aller plus haut, la norme Blu-Ray 4K pouvant monter théoriquement jusqu'au 60 Hz pour certains contenus (pour rappel, les sorties vidéos 4K sont aussi de toute façon limités à 30 Hz sur les cartes Braswell et ne gèrent pas HDMI 2.0/HDCP 2.2).

Nous avons également vérifié que l'accélération H.264 était bien fonctionnelle en tentant de lire un Blu-Ray encodé en H.264 avec un débit élevé. Nous notons la consommation processeur de MPC-HC sous Windows 8.1 :



Les taux d'occupation restent très bas sur toutes les machines, la lecture étant fluide et ne posant aucun problème.


Page 6 - Consommation


Consommation

Nous avons mesuré la consommation de ces plateformes dans six scénarios :
- Au repos
- En lecture d'un Blu-Ray 1080p H.264 sous MPC-HC (toutes les accélérations matérielles sont activées)
- Sous F1 2014 en 1080p medium
- Sous LuxMark en mode CPU
- Sous LuxMark en mode GPU
- Sous LuxMark en mode CPU+GPU

LuxMark, de par sa capacité à charger assez fortement à la fois le processeur et le GPU va nous permettre de voir un peu plus précisément le comportement de ces puces.

Nous avons procédé à quelques changements par rapport à nos méthodes habituelles afin d'obtenir des mesures comparables. Nous effectuons les mesures de consommation tout d'abord avec la prise Ethernet débranchée, dans le but de limiter l'impact d'un modèle de contrôleur réseau plus gourmand qu'un autre. Sur un Realtek 8111G par exemple, il y a 1W à la prise de différence avec et sans le connecteur. Second point, les mesures au repos se font en veille écran.

Dernier changement, étant donné qu'il s'agit de plateformes basse consommation, nous avons opté pour une PicoPSU 80 watts.


Les PicoPSU sont des blocs DC-DC qui fonctionnent avec un courant 12V en entré et fournissent les différentes tensions nécessaires au fonctionnement d'un PC. Le courant 12V est fourni par un adaptateur secteur externe. Voici les mesures que nous avons obtenues en pratique :



Avec un TDP et des fréquences à la baisse, on aurait pu croire que les cartes mères Braswell consommeraient moins que les Bay Trail. Mais en pratique les relevés sont finalement assez proches, et on ne retrouve pas dans l'écart entre repos et charge maximale la baisse annoncée de 4 watts entre les deux plateformes, et dans l'absolu difficilement un TDP de 6 watts. Bien qu'il soit impossible de le prouver faute de mesure isolant la consommation du SoC seul, il semble que l'on soit en présence d'un TDP sous-évalué sur les Braswell. Ce qui n'est pas forcément une première pour Intel en 14nm quand l'on se rappelle du Core M.

On notera que la consommation de l'iGPU sous Luxmark est en hausse, mais les performances augmentent fortement, notablement, alors que la limitation des performances dont nous parlions précédemment sous F1 2014 est logiquement favorable à la consommation (pour rappel dans ce cas, nous sommes limités par le processeur et la plateforme est loin d'être stressée particulièrement côté GPU).

Sur nos mesures Intel ne fait donc que conserver son avantage existant face à Kabini en termes de consommation, même si l'A4-5000 fait bien entendu mieux que l'Athlon 5350 de ce côté… avec des performances en baisse. La consommation de la plate-forme LGA 1150 est logiquement supérieure, mais reste raisonnable en comparaison de ce qu'annonçait le TDP de 53 watts qui est comme souvent surévalué sur les gammes classiques afin de mettre en avant les processeurs "S" et "T".

Performances par watts

Nous avons croisé nos mesures de performances et de consommation sous LuxMark sur nos plateformes afin de calculer le rapport performances/watts des différentes solutions. Voici ce que nous avons obtenus :



Avec des consommations assez proches et des performances en baisse, en charge CPU les plateformes Braswell sont moins efficaces sous LuxMark que les Bay Trail. La situation se renverse facilement lorsque l'on prend en compte le GPU, beaucoup plus performant et largement plus efficace. Cela permet aux deux Braswell de profiter de la meilleure efficacité énergétique mêlant CPU et GPU dans une charge idéale.


Page 7 - Conclusion

L'arrivée de Braswell est l'occasion pour Intel de remettre au gout du jour sa plateforme basse consommation en apportant quelques nouveautés qui, selon l'usage que l'on en fera, seront plus ou moins intéressantes. Le Serial ATA 6 Gb/s, la DDR3-1600 ainsi que l'AES-NI – surprenante de la part d'Intel sur de l'entrée de gamme - sont toujours bons à prendre.

Mais c'est surtout du côté de la vidéo que l'on trouve les choses les plus intéressantes comme la prise en charge du décodage des vidéos H.265, permettant de mettre ce format vidéo lourd à la portée de ces petits SoC x86, une première, ou encore et c'est plus inattendu une hausse de la qualité du transcodage vidéo QuickSync On ne peut que saluer Intel qui tente de remonter un peu le niveau, bien bas, des solutions d'encodage vidéo accélérées.


Reste que Braswell déçoit sur les performances processeur. Les améliorations architecturales sont loin de compenser le déficit marqué de fréquence par rapport à Bay Trail, alors que le TDP annoncé en baisse ne se traduit pas en pratique. Pire, les performances en baisse font chuter l'efficacité énergétique de la plate-forme sur les tâches processeurs, un comble après un passage un 14nm !

Certes, Intel semble avoir tout misé sur le GPU pour Braswell, à raison tant ce dernier était le point faible de la génération précédente. Le constructeur a mis à jour son architecture et multiplié les unités, mais le résultat est inconstant, la faute aux pilotes qui empêchent le fonctionnement de LuxMark 3 en OpenCL ou qui brident les performances sous F1 2014, qui ne progressent pas par rapport à Bay Trail. Pourtant quand tout va bien les performances sont là puisque sous League of Legends, Braswell arrive enfin au niveau de Kabini, un APU lancé en 2013 ! Augmenter les performances du matériel met en exergue les pilotes 3D du constructeur, qui ne sont toujours pas son point fort

A défaut de révolutionner la donne sur les plateformes basse consommation, Braswell apporte des nouveautés intéressantes côté vidéo, qui, combinées à une consommation qui reste à l'avantage d'Intel (sans pour autant progresser) qui en font un choix intéressant pour une plateforme type HTPC passive (en notant l'absence de gestion du 4K 60 Hz et du HDCP 2.2 qui pourront poser problème dans quelques années). Le point fort de Bay Trail, à savoir sa partie x86, est par contre en baisse alors que faute de pilotes plus aboutis, AMD conserve une partie graphique plus intéressante en sus de tarifs globalement plus abordables (d'autant plus avec un Sempron 3850, légèrement moins performant que l'A4-5000, que nous avions testé auparavant) ce qui la rend selon les usages plus compétitive. Comme souvent, le choix entre ces différentes solutions dépendra surtout de vos priorités !


Copyright © 1997-2022 HardWare.fr. Tous droits réservés.