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AMD lance la Radeon Pro Duo à 1650€

Publié le 26/04/2016 à 15:16 par Damien Triolet

Annoncée le mois dernier à l'occasion de la GDC, c'est aujourd'hui que la Radeon Pro Duo est officiellement lancée. Fabriquée en petites quantités, cette carte bi-GPU est positionnée sur le segment de la réalité virtuelle et introduite à pas moins de 1650€.

 
 

Comme nous l'expliquions lors de l'annonce de la Radeon Pro Duo, l'intérêt des cartes bi-GPU est discutable, tout comme le multi-GPU en lui-même, d'autant plus en cette période où son support dans les jeux est plus qu'aléatoire. Les titres qui ne proposent que des gains réduits, demandent de désactiver certains effets graphiques ou ne supportent pas du tout le multi-GPU sont actuellement trop nombreux pour que ce type de solution puisse être conseillée aux joueurs sans de très lourdes réserves.

Face à cette situation, AMD et Nvidia ont longtemps hésité à proposer une solution bi-GPU ultra haut de gamme. Ce dernier a d'ailleurs fini par abandonner l'idée d'une carte basée sur 2 GPU GM200, l'expérience de la GTX Titan Z à 3000€ ayant de toute évidence été une bonne leçon. AMD par contre était bien décidé à lancer une telle carte graphique mais pas dans n'importe quelles conditions.

Si le but reste évidemment toujours l'argument de la première place en termes de performances brutes, ce n'est pas sous cet angle aux résultats potentiellement très mauvais, suivant les jeux testés, qu'AMD veut présenter son nouveau bébé. D'autant plus qu'il souffre d'une limitation plutôt gênante pour les très hautes résolutions : sa solution ne peut embarquer que 4 Go de mémoire par GPU.

Face à des jeux qui peinent à supporter le multi-GPU et face à une limite de 4 Go qui ne correspond pas aux résolutions extrêmes, AMD a décidé de réorienter sa carte bi-Fiji vers la réalité virtuelle (VR). Ce type de rendu est capable de profiter plus facilement du bi-GPU et a plus besoin de performances que de mémoire vidéo. Reste que si le support efficace est plus simple, il demande un développement spécifique qui n'est pas encore intégré dans la plupart des applications grand public.

Au final ce n'est pas simplement la VR que vise AMD mais bien la niche des systèmes de développement et de démonstration dédiés à la VR. AMD en profite d'ailleurs pour introduire une nouvelle certification : VR Ready Creator. Une solution qui du coup rentre dans la catégorie semi-pro, à la manière des GeForce Titan. Pour cela AMD a décidé de nommer sa carte Radeon Pro Duo. Et bonne nouvelle, contrairement à Nvidia avec les GeForce Titan, AMD va jusqu'au bout de ce positionnement hybride et proposera au choix les pilotes Radeon classiques ou les pilotes FirePro.

Bien entendu, les joueurs qui recherchent la carte graphique la plus rapide du moment restent une cible, mais une cible non-avouée par crainte de voir des tests orientés dans ce sens. Contrairement à son approche habituelle, AMD a fortement limité le nombre d'échantillons de test disponibles pour les médias tels que Hardware.fr.

 
 

Pour la Radeon Pro Duo, AMD reprend un design similaire à celui de la R9 Fury X. Un système de watercooling spécifique a été développé et se charge de refroidir les 2 modules Fiji + HBM ainsi que leurs étages d'alimentation. Le radiateur reste de type 120x120mm mais gagne en épaisseur. Un PCB musclé a été mis au point avec pas moins de 3 connecteurs 8 broches, de quoi autoriser jusqu'à 525W. En pratique cependant, AMD se contente d'une limite inférieure.

Au niveau des spécifications, la Radeon Pro Duo ressemble comme deux gouttes d'eau à une double Radeon R9 Nano. AMD parle d'une spécification typique de 350W, qui correspond à priori à une consommation maximale de +/- 380W et à 150W par module Fiji + HBM, comme sur la Radeon R9 Nano.

C'est relativement peu par rapport à la limite du même module sur les R9 Fury X, fixée à 300W, ce qui implique que les GPU Fiji de la Radeon Pro Duo évolueront souvent sous leur fréquence maximale de 1 GHz, ce qui nous avons voulu souligner en présentant les débits de ces cartes à 850 MHz, fréquence que nous observons régulièrement sur la R9 Nano. Ce type de comportement est normal pour les GPU modernes, c'est ce qui permet de booster leur rendement énergétique.

La Radeon Pro Duo sera disponible dans les jours qui viennent au tarif de 1650€. C'est beaucoup par rapport à une paire de Radeon R9 Nano et comme vous pouvez vous en douter, les volumes seront faibles. Selon nos informations la production mondiale serait inférieur à 3000 pièces dont seulement quelques dizaines seraient prévues pour la France.

GDC: AMD annonce la Radeon Pro Duo

Publié le 15/03/2016 à 01:30 par Damien Triolet

Depuis la présentation de la Radeon R9 Fury X, AMD a fait part de son intention d'en proposer une version bi-GPU. Initialement prévue pour fin 2015, cette solution graphique ultra haut de gamme a été repoussée de quelques mois et est aujourd'hui officiellement lancée en tant que Radeon Pro Duo.

 
 

Après quelques mois de retard, AMD lance enfin la Fiji Gemini sous la référence Radeon Pro Duo. Comme son nom l'indique, il s'agit d'une Radeon mais qui vise avant tout un usage professionnel, particulièrement dans le cadre de la réalité virtuelle. Si les cartes graphiques bi-GPU ont traditionnellement permis à AMD et Nvidia de se battre pour la première place du podium, commercialement elles ne représentent qu'un minuscule marché auprès des joueurs. Leur intérêt n'est justifié que dans quelques situations bien précises et quand les jeux récents prennent correctement en charge le multi-GPU, ce qui n'a pas toujours été le cas au cours des 6 derniers mois.

AMD semble avoir bien compris ce problème de positionnement sur le marché et a décidé de réorienter presqu'exclusivement sa solution bi-GPU vers la réalité virtuelle. Un domaine qui a besoin de plus de performances et qui par nature permet de profiter correctement du bi-GPU puisqu'une image doit être rendue pour chaque oeil. La Radeon Pro Duo, qui supporte bien entendu Liquid VR, est ainsi présentée comme étant la solution ultime pour créer et visionner du contenu de type VR. De ce fait il s'agit de la première solution à recevoir la certification AMD VR Ready Creator.

C'est également la solution exclusive retenue par Crytek pour équiper les labos VR First qui seront progressivement installés dans différents établissement éducatifs à commencer par l'université de Bahçesehir d'Istanbul. Ces labos sont en quelque sorte de mini incubateurs destinés à faire émerger talents et vocations face au potentiel de la réalité virtuelle. Ils profiteront bien entendu d'un accès complet au CryENGINE et à LiquidVR.

Avec la Radeon Pro Duo, AMD semble n'avoir fait aucun compromis sur les performances avec 16 Tflops au compteur et à priori une limite de consommation très élevée. Le premier PCB bi-Fiji qui avait été présenté était alimenté par 2 connecteurs 8 broches et il était alors logique de supposer que sa configuration serait de type bi Radeon R9 Nano, soit avec une limite de consommation très stricte de +/- 375W.

 
 

Pour cette Radeon Pro Duo, AMD exploite cependant un PCB différent avec pas moins de 3 connecteurs 8 broches, de quoi autoriser jusqu'à 525W. Nous ne savons cependant pas quelle est la limite de consommation réelle de la carte. Pour refroidir la bête, AMD reste sur une solution de watercooling personnalisée avec un design proche de celui de la R9 Fury X mais étendu au bi-GPU. Le radiateur reste au même format mais est nettement plus épais.

La Radeon Pro Duo est annoncée pour le début du printemps à un tarif de 1500$ soit environ 1650€ en Europe.

AMD XConnect : support du Thunderbolt 3 eGFX [MAJ]

Publié le 10/03/2016 à 15:30 par Damien Triolet

Mise à jour du 11/03 : précisions concernant Nvidia.

AMD annonce aujourd'hui l'arrivée de XConnect, un support logiciel complet pour Thunderbolt 3 eGFX, et s'engouffre ainsi dans la voie au support standardisé des GPU externes pour portables.

L'idée des cartes graphiques externes pour portables ne date pas d'hier comme le rappelle AMD qui a une longue histoire dans le domaine et avait notamment tenté une percée en 2008 avec le XPG, sans grand succès. A l'époque il était question d'un lien PCIE 2.0 8x via une connectique propriétaire pour laquelle AMD avait négocié une année d'exclusivité. XPG a cependant été abandonné et sa version 2.0 n'a jamais vu le jour.

Quelques années plus tard, le Thunderbolt 3 a remis au goût du jour l'idée du GPU externe. Mais il aura cependant fallu du temps avant que cette possibilité ne se concrétise réellement. Tellement longtemps que de nouvelles solutions propriétaires ont vu le jour, comme le Graphics Amplifier d'Alienware. A travers un simple connecteur USB Type-C, Thunderbolt 3 offre jusqu'à 40 Gbps de bande passante, de quoi pouvoir y faire transiter l'équivalent d'un lien PCI Express 3.0 4x pour y connecter une carte graphique externe.

Alors que les sorties de boîtiers externes compatibles vont s'accélérer, à commencer par le Razer Core, AMD annonce l'arrivée d'un support logiciel complet à partir des pilotes Radeon Software 16.2.2. Ce support logiciel, dénommé XConnect, autorise l'affichage sur l'écran du portable ou sur un écran externe mais aussi le hot plug qui manque à bon nombre de solutions actuellement disponibles.

Il est ainsi possible de connecter et déconnecter le GPU externe en toute transparence. Enfin presque. Si une application autre que le bureau de Windows exploite le GPU externe, elle sera fermée lors de sa déconnection. A la manière de la déconnexion des périphériques USB, les pilotes AMD XConnect informe l'utilisateur des applications qui exploitent le GPU externe et quand celui-ci peut-être débranché sans risque. Une évolution qui a demandé pas mal de travail par rapport aux solutions actuelles qui ont besoin d'en redémarrage complet du système. Sur ce point, AMD met en avant une collaboration poussée avec Intel et Razer.

Pour que XConnect soit fonctionnel, plusieurs points sont obligatoires :

  • Radeon Software 16.2.2 (ou plus récent)
  • Un port Thunderbolt 3
  • Un câble Thunderbolt™ 3 40Gbps
  • Windows 10 build 10586 (ou plus récent)
  • Un BIOS système avec les extensions ACPI pour Thunderbolt eGFX
  • Firmware Thunderbolt (NVM) v.16 (ou plus récent)
  • Passer la certification Thunderbolt

AMD précisé avoir de son côté validé toute une série de cartes graphiques :

  • AMD Radeon R9 Fury
  • AMD Radeon R9 Nano
  • AMD Radeon R9 300 Series
  • AMD Radeon R9 290X
  • AMD Radeon R9 290
  • AMD Radeon R9 280
  • Les dérivés mobiles de ces GPU

AMD s'attend à ce que de nombreuses variantes du GPU externe soient proposées dans les mois à venir, qu'il s'agisse de larges boîtiers à configurer par l'utilisateur ou de plus petits éléments tout intégrés autour d'un GPU mobile. Dans l'immédiat c'est cependant le Razer Core associé au Razer Blade Stealth (12.5" 1440p ou 4K, Core i7-6500U) qui sera utilisé pour mettre en avant XConnect.

A noter que du côté de Nvidia un support beta est proposé pour Thunderbolt 3 eGFX depuis fin janvier. Nous ne savons pas quand ce support sera finalisé mais Nvidia précise que le hot plug est bien supporté et que ses pilotes proposent également une interface pour simplifier la déconnexion. Le support offert par AMD et Nvidia semble donc être similaire.

Vous pourrez retrouver la présentation complète d'AMD ci-dessous :

 
 

Hitman et The Division offerts par AMD/Nvidia

Tags : AMD; GeForce; Nvidia; Radeon;
Publié le 17/02/2016 à 15:04 par Damien Triolet

AMD vient d'annoncer la mise en place d'une nouvelle offre jeu. Dès ce jour, les acquéreurs d'une Radeon R9 390/390X ou d'un processeur FX 6/8 cœurs pourront recevoir un code pour le futur Hitman. Alors que le jeu n'est attendu que pour le 11 mars, ce code donnera également accès à la beta qui sera disponible le 19 février.


Hitman aura la particularité d'être l'un des premiers jeux à supporter DirectX 12 et est annoncé comme capable d'exploiter pleinement les possibilités offertes par le Multi Engine de l'API, à savoir l'exécution concomitante de tâches aux profils différents. Dénommée Async Shaders/Compute par le marketing d'AMD, cette technique permet de mieux exploiter l'ensemble des unités du GPU, à condition que celui-ci en soit capable. Nous vous en avions déjà parlé ici, et tout laisse penser que les Radeon sont mieux armées que les GeForce sur ce point.


Nvidia n'a pas tardé à réagir en proposant également un nouveau bundle. Tom Clancy's The Division, annoncé pour le 3 mars, sera ainsi offert avec les GeForce GTX 970, 980, 980 Ti, 970M et 980M. Nvidia précise que le jeu intégrera quelques-uns de ses modules Gameworks pour améliorer les ombres avec le HBAO+ et le PCSS.

Comme d'habitude ces offres ne sont valables que chez les revendeurs partenaires affichant l'offre. Ils vous fourniront généralement après le délai de rétractation un premier code qui permettra via une page spéciale d'AMD  ou de Nvidia  un second code pour télécharger le jeu sur la plateforme à travers laquelle il est distribué.

AMD annonce Polaris, sa future architecture GPU

Publié le 04/01/2016 à 15:00 par Damien Triolet

Enfin, après 4 années de GCN en 28nm, les Radeon vont accueillir une nouvelle architecture gravée en 14nm : Polaris. Et pour AMD le focus se portera sur l'efficacité énergétique avec un bond en avant annoncé sans précédent !


Le Radeon Technology Group d'AMD profite de ce début d'année pour lever un (très petit) coin du voile qui entoure sa prochaine génération de GPU, notamment en donnant un nom de code à son architecture : Polaris (l'étoile polaire). Et pour positionner sans équivoque ses objectifs avec cette architecture, AMD explique avoir opté pour ce nom de code en faisant le parallèle entre l'efficacité des étoiles à générer des photons et l'efficacité demandée aux GPU pour générer des pixels.

Comme vous le savez, l'architecture actuelle des Radeon est globalement en retrait par rapport à l'architecture Maxwell de Nvidia au niveau de l'efficacité énergétique. Fort de larges parts de marché et ayant bien anticipé le très long passage par le procédé de fabrication 28nm (exploité pour les GPU depuis 4 ans déjà !), Nvidia a développé deux architectures pour celui-ci : Kepler et Maxwell. En face, AMD est resté sur une architecture GCN moins efficace en se contentant d'évolutions mineures de son cœur. Pourquoi ? Probablement parce que, contrairement à Nvidia, AMD avait parié sur l'exploitation d'un procédé en 20nm qui ne s'est jamais concrétisée pour les GPU.

Tout cela va enfin changer en 2016 avec l'arrivée de GPU fabriqués en 16nm FinFET+ chez TSMC et en 14nm LPP chez GlobalFoundries et Samsung. Ces nouveaux procédés de fabrication ont pour point commun de donner enfin aux GPU l'accès à la technologie FinFET, de quoi donner un coup de pied dans une fourmilière bien trop tranquille à notre goût !

Introduit par Intel en 2012 sous les noms de "transistors tri-gates" ou de "transistors 3D", le FinFET se détache de la construction planaire classique des transistors en donnant une troisième dimension à la porte ce qui permet d'en augmenter la surface de contact et de mieux l'isoler. Les courants de fuite, qui peuvent représenter une grosse partie de la consommation d'un transistors classique, sont alors nettement réduits.


Autant, voire plus, que la finesse de gravure, c'est ainsi le passage au FinFET qui autorise une avancée significative dans les performances des transistors, ce qui peut se traduire par un gain de fréquence, une nette réduction de la consommation ou un mélange de ces deux points selon le positionnement de la puce. Autre avantage selon AMD, le FinFET permet d'obtenir un comportement plus homogène de l'ensemble des transistors, ce qui réduirait la variabilité dans les échantillons produits.

Comme c'est traditionnellement le cas pour les Radeon, c'est lors de ce changement de process qu'AMD va introduire une évolution significative de son architecture GPU, sur laquelle le Radeon Technology Group va bien entendu vouloir communiquer. Et pour cela il faut pouvoir lui mettre un nom.

La nomenclature des architectures GPU d'AMD, ou plutôt son absence, a été source de confusion ces dernières années. En l'absence de communication d'AMD, nous avons ainsi fait référence à GCN 1.1 et GCN 1.2 pour parler des petites évolutions apportées depuis la Radeon HD 7970 de décembre 2011. AMD préfère cependant concentrer le terme GCN sur les unités de calcul du GPU (ses "cœurs"), d'autres éléments du GPU pouvant évoluer indépendamment. Polaris représente ainsi le nom global de la nouvelle architecture et GCN 4 la nouvelle version de ses unités d'exécution (après GCN 1 / 1.0, GCN 2 / 1.1 et GCN 3 / 1.2).

Raja Koduri, qui dirige Le Radeon Technology Group, nous a indiqué vouloir faire en sorte que les cartes graphiques qui embarqueront un GPU de type Polaris soient clairement identifiables. Pragmatique et réaliste, il est bien conscient qu'avec une éventuelle future gamme de cartes graphiques, il pourra être difficile pour ses équipes de résister à la tentation d'y intégrer d'anciens GPU. Il sera ainsi important de permettre aux GPU Polaris d'être mis en avant de manière explicite.


Avec Polaris, à peu près tous les blocs du GPU vont être mis à jour. Nous vous avons déjà parlé de l'aspect affichage et vidéo le mois passé. Pour rappel, les GPU Polaris supporteront le HDMI 2.0a, le DisplayPort 1.3 et le décodage des vidéo 4K en H.265.

Les processeurs de commandes (grahiques et compute), les processeurs géométriques, le cache L2 et le contrôleur mémoire seront également revus pour accompagner le passage aux Compute Units (CU) de type GCN de 4ème génération. Sur ce dernier point AMD précise que Polaris pourra supporter soit un bus GDDR5 soit un bus HBM, suivant les GPU.

Malheureusement, AMD en dit très peu sur les évolutions et ne donne que ces quelques maigres détails :


AMD indique tout d'abord que le cœur de l'architecture a été amélioré pour une meilleure efficacité énergétique. Comme Nvidia a commencé à le faire à partir de la génération Kepler, nous pouvons supposer qu'AMD va essayer de ne plus avoir besoin d'une logique d'ordonnancement complexe et gourmande à l'intérieur des CU, là où le comportement d'une suite de certaines instruction est totalement déterministe et peut donc se contenter d'un ordonnancement statique préparé lors de la compilation.

AMD parle également d'amélioration des ordonnanceurs matériels, mais cette fois nous supposons qu'ils ne font pas référence aux CU mais au front-end et aux tâches globales initiées par les processeurs de commandes. Il s'agit ainsi probablement d'améliorations destinées au support du multi-engine de Direct3D 12. Il est également question de nouveaux modes de compression. Il pourrait s'agir de la compression ASTC, coûteuse à implémenter (mais le 14nm règle ce problème) et qu'AMD et Nvidia avaient évité jusqu'ici, contrairement aux concepteurs de GPU pour SoC pour lesquels quelques transistors de plus ne sont jamais trop chers payés pour économiser de la bande passante mémoire et de l'énergie.

Enfin, AMD mentionne un Primitive Discard Accelerator, soit un système d'éjection des triangles masqués du pipeline de rendu. Pour rappel, statistiquement, à peu près la moitié des triangles d'un objet tournent le dos à la caméra et peuvent être éjectés du rendu dès que cet état est confirmé. Pouvoir le faire rapidement permet de booster les performances géométriques en situation réelle.

Actuellement, les moteurs géométriques des Radeon ne sont pas capables d'effectuer cette tâche plus rapidement que le rendu d'un triangle, contrairement aux GeForce qui en profitent pour se démarquer dans certaines scènes, notamment quand la tesselation génère de nombreux triangles masqués. Avec Polaris, AMD devrait enfin combler ce déficit, probablement en doublant le nombre de moteurs d'éjection des primitives par moteur de rastérisation (Nvidia a opté pour une autre approche en décentralisant une partie du traitement géométrique mais nous ne nous attendons pas à ce qu'AMD suive cette voie).


Pour introduire Polaris, contrairement à ce qui se passe habituellement (à l'exception de Maxwell 1 et des GTX 750), AMD met en avant non pas son futur haut de gamme mais un petit GPU prévu pour les PC compacts et pour les portables. Il est équipé de mémoire GDDR5. Nous n'avons pas encore de nom pour ce GPU et n'avons pu l'apercevoir que brièvement sans pouvoir en prendre une photo. Tout juste de quoi apercevoir qu'il s'agit effectivement d'une petite puce et d'un packaging compact.

Sans confirmer que ce serait le premier GPU Polaris disponible, AMD a indiqué que ce petit GPU était important pour sa division graphique, qu'il serait lancé mi-2016 et qu'il serait fabriqué en 14nm chez GlobalFoundries. En précisant ne pas exclure que d'autres GPU soient fabriqués ailleurs, chez Samsung (probablement) ou chez TSMC (de moins en moins probable).

Au niveau de ses spécifications, nous ne saurons rien. Il faudra encore patienter quelque peu, le but d'AMD aujourd'hui étant de nous mettre l'eau à la bouche pour nous faire patienter quelques mois de plus.


Nous avons par contre pu voir ce GPU en action dans une version alpha lors d'un événement presse organisé il y a quelques semaines. AMD a voulu illustrer les gains d'efficacité énergétique apportés par Polaris par rapport à un GPU Maxwell, déjà très efficace. Des chiffres à prendre avec des pincettes, puisqu'ils restent dans le fond assez vagues et avec des conditions de mesure discutables, mais qui font état d'une progression fulgurante du rendement de l'architecture GCN.

Un système équipé d'un petit GPU Polaris est ainsi capable de maintenir 60 fps dans Star Wars Battlefront avec une consommation totale mesurée à la prise de 86W là où un même système équipé d'une GTX 950 demande 140W. Difficile d'en déduire exactement la consommation GPU et ce gain peut en partie être lié à la combinaison d'une puissance GPU supérieure avec un V-Sync à 60 Hz qui permet de rester à une plus faible fréquence, d'ailleurs le GPU utilisé est configuré à 850 MHz pour 0,8375v seulement. Mais de toute évidence Polaris en 14nm va enfin permettre à AMD de faire mieux que Maxwell en 28nm.

AMD tient d'ailleurs à préciser que cette démonstration a été effectuée avec un support partiel de Polaris par les pilotes. Les gains d'efficacité proviennent ainsi uniquement du 14nm et des CU GCN 4, le support des nouveaux mécanismes dédiés à économiser de l'énergie n'ayant pas encore été implémenté.

Bien entendu, les GPU Polaris n'auront pas simplement affaire aux GPU Maxwell actuels mais bien aux GPU Pascal et peut-être à de petits GPU Maxwell 2 fabriqués en 16/14nm. Et il est beaucoup trop tôt pour savoir comment s'opposeront ces futurs concurrents. Pour la première fois depuis très longtemps, il est d'ailleurs intéressant de noter qu'un élément tiers pourra venir semer le trouble dans le combat AMD vs Nvidia : les fondeurs. En effet, il semble de plus en plus probable qu'AMD exploite principalement les process 14nm de GlobalFoundries et Samsung alors que Nvidia exploiterait plutôt le 16nm de TSMC. Si l'un de ces process s'avère meilleur que l'autre, le fabricant de GPU qui aura misé sur le bon cheval s'en trouvera mécaniquement avantagé même si le process ne fait pas tout.

Vous retrouverez la présentation complète ci-dessous :
 
 

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