Comparatif : 5 NAS Raid 5

Publié le 03/03/2008 par
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Thecus N5200BR Pro

C’est le plus performant de tous ! En vitesse d’écriture, le N5200BR Pro de Thecus domine, de la tête et des épaules, tous ses concurrents. Il doit ces excellents résultats à son processeur, un Celeron M ULV à 1,5 GHz secondé par 512 Mo de mémoire DDR, dont les performances n’ont évidemment rien de commun avec celles des circuits utilisés par les concurrents. On obtient ainsi des pointes à plus de 30 Mo/s en SMB sur un volume Raid 5, ce qui est plus de deux fois plus rapide que les scores du second (14,1 Mo/s) en débit soutenu ! Sur des petits fichiers, on observe un écart d’un facteur de 3,4 entre ce modèle (5,5 Mo/s) et le second (1,6 Mo/s). Son avantage se réduit en lecture, Qnap et Synology étant souvent sur ses talons, mais il reste leader au final.


C’est également le seul modèle permettant d’installer 5 disques durs, avec en plus des fonctions très pratiques de migration de Raid permettant de n’installer que deux disques au début (par exemple). Cela permet notamment de limiter les coûts de mise en service de la machine en étalant l’achat des disques durs dans le temps. Enfin, les plus pointus auront la possibilité de régler la taille de bande du volume Raid : pour ce test, nous avons laissé la valeur par défaut à 64 Ko.

Résolument haut de gamme, le N5200BR Pro intègre par ailleurs un vaste panel de fonctions exclusives :
– l’arrière est équipé d’un switch Gigabit 4 ports en plus du port Wan. Celui-ci pourra servir soit à étendre la capacité du réseau existant, soit à relier la machine à un second réseau, en lui donnant alors une seconde adresse IP ;
– l’écran en façade est complété des boutons de commandes, permettant d’une part de demander la décharge du volume USB branché en façade, d’autre part d’accéder aux réglages basiques du Nas (adresses IP, mot de passe administrateur, reset) ;
– équipé d’une clé USB Wifi (liste de compatibilité proposée par Thecus dans le manuel), le Nas pourra se relier à un réseau sans-fil ou, encore mieux, faire carrément office de point d’accès 802.11g ;
– Wake-on-Lan ;
– une prise Esata permet de relier des volumes de stockage externe avec de meilleures performances qu’en USB ;
– il est possible de réserver un espace du Raid pour créer des volumes accessibles en USB ou en iSCSI. Comme en atteste le graphique ci-dessous, les performances sont médiocres dans le premier cas, et excellentes dans le second cas.


Rappelons que la technologie iSCSI permet d’envoyer des instructions SCSI via TCP/IP. Ce qui, en pratique, revient à dire qu’un volume réseau iSCSI sera alors vu par le système comme un disque dur interne (il apparaît dans le gestionnaire de disques de Windows). Cela procure plusieurs avantages : côté applications, tout d’abord, cela permet à des logiciels ne gérant habituellement pas les disques réseau de quand même utiliser le Nas. On peut en outre monter le volume depuis un accès distant, même si la vitesse de connexion employée limite alors les débits. Et côté performances, justement, les résultats sont très bons en local, et même nettement supérieurs à ceux obtenus en SMB sur de petits fichiers. En terme de débit maximum, on reste toutefois en deçà des vitesses obtenues en FTP.
Installation et mise en route
L’installation des disques ne pose aucun problème : il suffit de les fixer dans les chariots à l’aide de quatre vis fournies, puis de glisser chaque chariot dans la baie. Le disque se locke et s’enfiche dans les connecteurs Sata sans forcer.


D’un design assez réussi, le boîtier du N5200BR Pro est plus imposant que la plupart de ses concurrents, Buffalo excepté. La carte mère est aussi plus grande, avec un radiateur sur le chipset et un ventilateur de 40 mm sur le processeur. Ce qui, avec celui de 92 mm refroidissant les disques, et l’autre de 40 mm dédié à l’alimentation (logée en bas du boîtier), porte le nombre total de ventilateurs à 3. Dans ces conditions, on ne s’étonnera pas de constater qu’il s’agit de la machine la plus bruyante du comparatif ! Clairement, elle n’aura pas sa place dans le salon.

C’est également la machine qui consomme le plus, ce qui n’est pas non plus étonnant considérant la présence du Celeron, quand bien même il s’agisse d’un modèle basse consommation. En revanche, la taille du boîtier facilite grandement la circulation de l’air, ce qui permet de maintenir les disques durs à une température raisonnable, bien que toujours supérieure à la moyenne constatée.
A l’usage
Le système d’exploitation est directement stocké sur une mémoire Flash de 128 Mo présente sur la carte mère. Le bénéfice immédiat, c’est que le Nas est directement opérationnel, même avec des disques durs non formatés, sans qu’il ne soit nécessaire d’installer un logiciel spécifique sur le PC pour transférer l’OS.

L’interface de configuration du N5200BR Pro est assez claire, bien que très largement perfectible. Partiellement francisée, elle contient encore quelques écrans en anglais, souffre d’erreurs de traductions (« dos » pour « back », par exemple), ou de petits problèmes de mise en page. On aurait en outre apprécié une aide en ligne pour expliciter certaines options (d’autant que le manuel reste assez obscur sur certains points), tandis que l’agencement des rubriques n’est pas toujours très intuitif. Bref, rien de bien méchant au final, mais cela laisse néanmoins un petit arrière goût de manque de finitions ; ce qui, pour un produit de cette gamme de prix, est toujours désagréable !

La création des volumes Raid exigera une bonne dizaine d’heures avec quatre disques de 500 Go, Raid 0 excepté (très rapide). Il faut, dès le départ, réserver l’espace à allouer aux volumes iSCSI et USB (USB Target). Si le premier présente un intérêt, le second est plus discutable… Il permet de créer un espace disque accessible directement en USB depuis le PC. Sachant que les performances sont médiocres et qu’il s’agit d’un espace totalement indépendant (non accessible depuis le réseau), l’intérêt nous parait pour le moins minime. La possibilité d’accéder à l’intégralité du volume Raid aurait été plus intéressante…

La gestion des dossiers partagés et utilisateurs s’avère classique et fonctionnelle, avec toutefois deux particularités intéressantes : la possibilité d’importer des listes d’utilisateurs sous forme de fichiers textes d’une part, et de fixer des quotas d’espace disque par dossier d’autre part. Un planificateur de mise en veille permet de spécifier, par jour de la semaine, les périodes d’activité du système. Cette fonction est très importante, car cela permet d’économiser les disques autant que l’énergie !

On apprécie la présence du gestionnaire de modules, qui permet d’installer des applications développées par la communauté d’utilisateurs. Disponibles sur le Wiki dédié aux machines Thecus, celles-ci sont assez nombreuses : accès ssh, serveurs multimédias (Twonkyvision, Slimserver, Firefly, Geekbox…), applications améliorées (FTP, monitoring onduleur…), outils Web (Wiki, serveur MySQL, Perl…), client P2P multi-protocoles (MLDonkey)… L’existence de ce dernier vient d’ailleurs palier l’absence de fonction de téléchargement intégrée par défaut. Ce qui est d’ailleurs assez inexplicable, celle-ci étant présente sur le N4100+…

Notez que la plupart des applications ont été développées pour les N5200B/BR, mais fonctionnent généralement sur les N5200B/BR Pro. Le gros avantage du présent modèle, c’est que le Celeron permet d’obtenir de très bonnes performances avec ces applications. Avec des Nas moins puissant, on est parfois plus rapidement limité par la puissance processeur…



Rapport performances/prix
Bref, par ses performances exceptionnelles et ses nombreuses fonctions exclusives, ce Nas se situe clairement parmi les meilleurs de sa catégorie. Bien sûr, c’est aussi le plus onéreux, puis qu’il coûte plus de 800 € ttc…

Notez que la gamme N5200B se décline en 4 modèles : N5200B, N5200BR, N5200B Pro et N5200BR Pro. Encore commercialisée, la première version (non Pro) diffère essentiellement par la puissance du système : le processeur Celeron M ULV n’est que de 600 MHz (contre 1,5 GHz), tandis que la mémoire vive se voit limitée à 256 Mo. En outre, certaines fonctions évoquées ci-dessus étaient évidemment absentes de cette mouture : Wake-on-Lan et planificateur de mise en veille, possibilité de créer plusieurs volumes Raid et gestion du protocole iSCSI.

Quand aux modèles estampillés « BR », ils intègrent un switch Gigabit 4 ports en plus du port Wan. Les autres se contentent d’une paire de ports Gigabits, comme sur le N4100+, mais avec plus de possibilités que ce dernier. Sous réserve de disposer d’un équipement réseau compatible avec la norme 802.3ad, en effet, vous pourrez bénéficier des fonctions de failover (une prise prend le relais quand l’autre tombe en panne) et de load balancing (répartition de la charge sur les deux ports).

On aime :
– les performances !
– les fonctions de migration de Raid ;
– le gestionnaire de modules ;
– la gestion du iSCSI ;
– le switch Gigabit 4 ports ;
– le port eSata.

On regrette :
– le moins bon en termes de bruit et de consommation ;
– la ventilation ;
– l’interface de configuration perfectible ;
– la connexion USB inutile.

Update dernière minute : Thecus vient de publier une mise à jour de firmware permettant aux N5200 de gérer les caméras IP. Le module prend en charge un maximum de trois caméras, et permet de capturer des suites d'images en Mpeg4 (un planificateur d'enregistrement, par plage horaire et par jour de semaine, est proposé). La mise à jour de firmware inclut également la fonction "Stacked Nas" : celle-ci permet de grouper jusqu'à six N5200 sur le même réseau, qui seront alors considérés comme un seul et unique volume.
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