La calibration d'écran, de 0 à 100 €

Publié le 12/06/2006 par
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Kodak Professional Color Management Check-Up kit
Il y a marqué Kodak en gros, mais c’est en fait un outil développé et monté par Colour Confidence, une sorte de mercenaire de la couleur. Cet acteur en anglais, qui d’ailleurs débarque en France, n’est attaché à aucun constructeur. Leur métier premier est de vendre des solutions de calibration pour toute la chaîne graphique, aussi bien aux professionnels qu’aux particuliers. On trouve donc de tout dans leur catalogue, du ColorVision, du Gretagmacbeth, du X-Rite... Et cet outil à part, griffé Kodak.

Relativement économique, puis proposé à 72 €, le boîtier comprend 7 photos tirées sur papier et en version numérique. Vous êtes ensuite invités à corriger les couleurs de votre écran pour qu’elles soient les plus proches possibles de celles des tirages papier. Il n’y a pas de sonde, rien n’est automatique. C’est à vous de vous débrouiller avec les paramètres de luminosité, contraste, gamma, éventuellement backlight et avec les niveaux de couleurs pour coller au plus près.

Il y a de tout, des mires de gris, de tons chair, des couleurs primaires, de dégradés, des portraits... On a ainsi le sentiment d’avoir en main un outil très pro. Mais pas simple à gérer. Car contrairement aux sondes, on ne crée pas de profil, on n’écrit pas de nouvelle table de couleur ajustée finement. Là, quand on ajoute 10% de rouge, cela joue sur tous les tons du plus clair au plus foncé. Les sondes sont capables de renforcer les rouges dans les tons clairs, de ne pas y toucher au milieu et de les diminuer dans le sombre.

Voici déjà sur deux photos le résultat par défaut, comparé aux photos papier :


La photo est imparfaite, elle renforce les défauts réels mais elle fait bien ressortir les points les plus importants sur ces deux photos : l’image à l’écran est bien trop lumineuse, on manque de jaune (portraits, pelote) et de rouge (fond derrière les portraits, pelotes).

D’emblée, il semble donc nécessaire de revenir à des niveaux plus modérés de luminosité et contraste, et de renforcer les rouges et un peu les verts. Mais en fait, le passage successif de toutes les photos nous a fait considérablement modifier les réglages de l’écran.


Et là, il nous a clairement manqué un réglage du gamma, et même d’un gamma par couleur. Un ajustement des composants cyan, magenta, jaune n’aurait pas été de refus non plus. Mais ViewSonic ne va pas si loin. On ne touche pas au gamma chez eux, ni au CMJ.

Voilà, après 2 heures de chauffe du moniteur, 20 minutes de réglages on a un affichage correct. Pas complètement satisfaisant. Certaines photos amènent des besoins de correction contradictoires. Celle-ci manque un peu de rouge, celle là en a un peu trop. En l’absence d’ajustement d’un gamma par composante il faut se contenter d’un milieu le plus juste possible, d’un compromis acceptable. Définitivement, on ne saurait utiliser cet écran sur un poste de graphiste sans une véritable calibration. Les résultats seraient trop approximatifs.


Point particulier, les locaux sont complètement en lumière artificielle, sous des néons. Nous avons obstrué toutes le fenêtres pour que la lumière du jour en vienne pas perturber les écrans. Le réglage des couleurs est fortement influencé par ce détail. Les écrans sont couramment réglés sur 6500 K par défaut, il est évident que la température de couleur de notre pièce est bien plus basse, ce que semble d’ailleurs bien rapporter notre correction.

L’heure est au verdict : est-ce plus fidèle ainsi ?


Nous avons un température de couleur finale de 5030 Kelvin assez logique, une luminosité de seulement 120 cd/m², plus conforme à ce qui se pratique sur les postes d’image professionnels (on partait de 230 cd/m²).
Quand aux couleurs, elles sont dans l’ensemble meilleures. On a amélioré la DeltaE moyen d’un point environ, il n’y a plus de couleur délirante. Mais on ne peut pas parler d’écran calibré.
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