Test : Apple Cinema Display 20''

Publié le 03/08/2005 par
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Apple Cinema Display 20"
Enfin, Apple a accepté de se prêter au jeu du test de son écran chez nous, un site passablement PCiste. On commence par ce 20 pouces, un produit parmi les plus célèbres du marché. Outre par son design, cet écran attire du fait de la réputation d’excellence de ce constructeur chez les graphistes, dont beaucoup lui sont restés fidèles. Cette réputation est-elle toujours justifiée ?

Ergonomie
L’écran ne s’ajuste pas en hauteur, il ne bascule pas en mode pivot, il ne propose pas d’entrée vidéo particulière. En revanche, il y a un hub USB et un hub Firewire 400 : 2 prises chacun.

De gauche à droite : prise DVI, USB, FireWire 400, prise secteur... vers le transformateur externe

Pourtant, on ne peut pas parler de produit d’entrée de gamme à son sujet. Certes, les fonctionnalités sont réduites. Mais la finition du produit est, il est vrai, superbe. C’est un très bel objet, qu’on n’a pas honte d’exposer dans son bureau ou dans le salon. Le design est à la fois sobre et classe, la coque allu est fine, élégante.


Toutefois, cet esprit minimaliste avec cette volonté manifeste que rien ne dépasse est peut-être allée un peu loin. L’écran ne propose pas de menu OSD. Sur PC, on peut ajuster la luminosité, le contraste, mais c’est tout. Il n’y a même pas d’outil logiciel livré pour régler ces paramètres depuis l’ordinateur, comme le fait Samsung sur sa série P. Sur Mac ces outils sont intégrés directement au système d´exploitation, qui permet d´ajuster tous les paramètres plus finement. Mais l´équivalent n´existe pas sur PC. Cela risque de poser problème par la suite.

Rendu des couleurs
Et la suite arrive vite. Car il manque notamment un ajustement manuel de la température de couleur. Cela signifie que les utilisateurs non équipés d’un outil de calibration devront se contenter des paramètres par défaut. Et dans le lot, on compte hélas énormément de graphistes qui sous estiment l’importance de calibrer (et non d’ajuster à l’oeil) un écran.

Deux modes sont couramment utilisés pour l’image. Les adeptes de toujours d’Apple sont souvent restés fidèles à une température de couleur très chaude (rouge) de 5000 K, avec un gamma à 1,8. Les adeptes du PC sont eux passés à 6500 K avec un gamma à 2,2, des paramètres plus proches de la lumière naturelle. Pour information, si vous ne faites que de la bureautique sur votre machine, opter pour 9300 K s’entend, c’est plus bleu, et considéré de ce fait comme plus reposant.

Alors, sachant que l’on ne peut pas fixer la température manuellement sur cet écran, qu’à choisi Apple pour nous ? Surprise : 7400 K, avec un gamma à 2,2 ! Autant dire n’importe quoi. C’est un réglage pour un usage mixte du moniteur : des jeux, de la vidéo, de la bureautique... Mais certainement pas pour de la retouche d’images. Cet écran ne se destine absolument pas aux graphistes.


Comment lire le graphique ?A gauche le gammut, c’est l’espace colorimétrique qu’est capable de reproduire l’écran, comparé avec l’espace sRGB (celui traditionnellement utilisé entre autre sur les appareils photo numériques). On ne parle pas là de fidélité mais de couleurs reproductibles.
Pour la fidélité il faut se référer au graphique de droite, le DeltaE est une mesure de la différence entre chaque couleur demandée et celle restituée, pondérée par la sensibilité de l’oeil humain.
Delta E > 3 : la couleur demandée diffère sensiblement de celle affichée. 1 < Delta E < 2 : le rendu des couleurs est fidèle. Delta E < 1 : c’est parfait.

Avant calibration

On est à 7400 K environ, avec un gamma à 2,2 et un noir relativement brillant, puisque de 0,7 cd/m². C’est assez courant sur le type de dalle retenu, un modèle IPS signé LG-Philips. Le noir n’est donc pas très profond.



Réglages à la main

Comme on l’a expliqué plus haut, les options manuelles sont limitées à moins que le minimum. On peut jouer sur la luminosité, le contraste et c’est tout. Pas de quoi corriger les couleurs donc. Cet écran ne peut donc pas être utilisé par un graphiste, ou par quelques professionnel de l’image que ce soit, sans un véritable colorimètre.



Calibration à 5000 K, 1.8

Le colorimètre réécrit complètement la table des couleurs. Toutefois, même si ça y ressemble au regard des nouvelles courbes, il ne peut y avoir de miracle. Cet écran est loin d’atteindre les 5000 K demandés. Avec nos outils il descend au mieux à 6300 K, avec un gamma à 2,2. La luminosité avoisine pour sa part les 120 cd/m².



Calibration à 6500 K, 2.2

Cette fois, enfin, c’est bon. On a bien ce qu’on demandait, tant en température qu’en gamma.



En revanche, le noir manque toujours de profondeur, ce dont témoigne effectivement le graphique.
Angles de vision
Les photos sont prises avec 50° d’angle

Les écrans IPS bénéficient, comme les VA, d’angles de vision très larges. C’est une fois de plus le cas ici. Les photos restent visibles et correctes même quand on les voit de côté avec un angle très large.

A propos d’angles, je me permets une parenthèse. Le fait que les angles soient larges ne devrait pas être si important pour un graphiste perfectionniste car, rappelons le, il devrait travailler avec une casquette sur son écran (une protection en plastique qui le recouvre). Quand bien même il n’aurait pas de casquette, il n’est pas censé non plus travailler de côté par rapport à son écran. Étant donné la distance de travail, un rendu de très bonne qualité sur 60° (30° à gauche + 30° à droite) devrait être amplement suffisant pour un travail en mono écran. En bi-écran on passe à 100° (50 + 50), en latéral.

Interpolation

Comme d’habitude, on est parfaitement net à la résolution native, et un peu flous ailleurs. Mais c’est quand même plutôt meilleur que la moyenne. Les Mac users devraient être encore moins gênés que les PCistes, Apple appliquant un effet sur ses caractères pour les rendre plus doux, qu’on auraient tendance à prendre pour un flou insupportable sur PC. C’est affaire de goût.
Jeux vidéo

Pour un 20 pouces, c’est correct et pour l’instant parmi ce qui se fait de mieux. On est loin de ce que produisent les écrans TN mais ça tombe bien pour ce moniteur, il n’y en a pas encore en format Wide comme ce Cinema Display.

Toutefois, cette satisfaction ne tiendra qu’un temps, que jusqu’à l’arrivée des nouvelles dalles VA rapides wide 20", prévues pour la fin d’année.
Films : DVD, HD

Apple Cinema Display... Admettez que ce n’est pas chercher la petite bête que d’exiger sur un moniteur portant ce nom une qualité supérieure à la moyenne dans un contexte de films. Ceux qui ne croient plus au Père Noël auront deviné qu’une dalle IPS, qui plus est avec un noir un peu délavé, ne produira rien d’exceptionnel ici. Cette appellation est purement marketing. Elle renvoit au format du moniteurs, pas à ses capacités réelles. Apple, qui ne construit pas de dalles mais les achète à un coréen, LG-Philips, et fait assembler ses écrans en Chine, n’a pas ajouté de filtre particulier, ni de composant dédié à un traitement particulier des images. La façade du moniteur change mais à l’intérieur, les composants sont strictement les mêmes qu’ailleurs, sans aucune valeur ajoutée.

Résultat, ça fourmille, les dégradés sont imparfaits et ça bouche un peu dans les noirs. Rien de gravissime, c’est juste comme d’habitude, comme sur les autres écrans IPS. De ce point de vue au moins, les dalles de type VA s’en sortent souvent mieux. Toutefois, en s’écartant on profite quand même de cette belle taille d’écran et de ce format wide, effectivement bien adapté pour les films.
Verdict
Notre tableau de notes habituel s’avère un peu injuste pour un moniteur de ce type. Il ne rapporte que les performances pures des moniteurs, et pas du tout la finition de l’écran, son design, sa capacité d’insertion dans un espace sans le dénaturer. Bien souvent, ce critère est effectivement encore secondaire. Pas là. C’est l’un des principaux, si ce n’est à nos yeux le premier argument d’Apple pour le vendre. C’est d’ailleurs sa seule légitimité, car le designer américain (c’est ainsi qu’Apple se définit dans les petits caractères sur l’écran) n’apporte aucune plus-value à son moniteur au niveau de l’électronique ou de la surface de la dalle. Ceux qui choisissent ce Cinema Display le font pour son look. Et il faut reconnaître qu’il est très réussi, à tel point qu’on peut faire des concessions sur le reste.



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